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Au coin de la Une
/ L’édito auquel vous avez échappé

Suite à l’assassinat de Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie par un terroriste islamiste le 16 octobre vous auriez dû lire dans ce même « Coin de la Une » le 28 octobre, un éditorial intitulé « De l’esprit munichois » (1). 

Les éditos du JSD, s’ils sont écrits par le rédacteur en chef, font toujours l’objet d’une validation collective des autres membres de la rédaction. Le texte en question n’a pas été validé par certains journalistes. Entendons-nous bien, il ne s’agissait pas de remarques sémantiques marginales. Les propositions d’édito font presque toujours l’objet d’ajustements et celui-ci ne faisait pas exception. On parle ici d’un désaccord de fond sur un sujet fondamental. Attaché au principe de validation de groupe et parce que, plus que jamais, la réponse au défi posé par l’islamisme doit être collective, j’ai fait le choix de ne pas faire paraître l’éditorial initialement préparé.

La différence profonde de perception de la société française qui s’est manifestée à cette occasion, s’était déjà fait jour à plusieurs reprises au sein de la rédaction du JSD. Nous avons essayé d’en tirer les conséquences collectivement mais aucune réponse satisfaisante n’est apparue. Je quitterai donc mes fonctions de directeur de la rédaction dans les prochaines semaines. 

C’est une décision lourde de sens à titre personnel comme pour le titre dont j’ai la responsabilité éditoriale. Mais arrive un moment où il faut poser des actes. Reprendre sa liberté n’est pas fuir. Je n’entends simplement plus cautionner certaines idées ou certains comportements et refuse de mettre la poussière sous le tapis.

Considérant qu’un journal d’information locale ne doit pas être le reflet des seules inclinations de son directeur, mais l’expression des différentes sensibilités des membres de sa rédaction, j’ai souhaité pendant les trois années passées à la direction de la rédaction du JSD avoir l’approche la plus pluraliste possible. Bien des articles parus dans ces pages, je ne les aurais pas écrits, ou pas comme ça. Le paradoxe de l’époque fait qu’au JSD, sur certains sujets, la censure ne vient pas de l’extérieur mais de l’intérieur. Elle est le fait de cettegauche qui passe son temps à dire ce qu'il ne faut pas faire, ou ce qu'il ne faut pas dire plutôt qu’agir. Cette gauche et sa collection de "cheveux à couper en quatre", minée par son individualisme forcené. Cette gauche qui vole de chapelle identitaire en chapelle victimaire, sans pouvoir ne plus rien assumer d'autre discours collectif que le "nous sommes tous différents". Cette gauche enfin qui essentialise chacun et chacune.

Le JSD est le journal de tous les Dyonisiens. Certains semblent avoir du mal à le comprendre.

Pour ma part, ce fut un immense plaisir et un grand honneur de tenter de vous informer de la façon la plus honnête possible, dans les limites du genre. Nous n’y sommes pas toujours parvenus, mais au moins avons-nous essayé. J’en profite pour remercier tous ceux qui ces derniers jours m’ont témoigné chaleureusement leur soutien. Un dernier petit mot pour mes contempteurs préférés : c’est le moment de vous commander un nouveau punching-ball pour noël ! 

Yann Lalande, directeur de la rédaction

(1)   Je le tiens à disposition pour ceux qui le souhaite

Réactions

A l'attention de Mehdi (16 novembre 2020). Effectivement, cher Monsieur, nous vous observons et vous défions ! Vous qui avancez en rampants grâce à la lâcheté de certains, mais prenez garde la résistance est là ! Nous ne laisserons pas les petits caporaux, qui ne sont rien sans ce type de régime, prendre le pouvoir. Quant à vous, si votre espoir est de devenir un de ces sous-officiers serviles, méfiez vous, l’intégrisme se sert de ce type d'insignifiants, puis, parvenu à ses fins, rejette violemment ces inadaptés. Mes salutations républicaines.
merci pour votre courage et votre position monsieur Lalande. Il faudrait plus de personnes responsables comme vous! Je vous remercie de me faire passer votre édito. J'aurai grand plaisir à le lire. Je vous souhaite le meilleur pour la suite.
Bonjour Je souhaite recevoir l'édito. Merci d'avance et bon courage
Bonjour Yann Lalande. Merci de proposer copie de votre article "De l'esprit munichois", que je souhaite vivement lire. Merci de bien vouloir me l'envoyer. Claude Mastre.
Ou peut on trouver et lire cet édito ? Ca me parait essentiel. Merci.
Résidant loin de St-Denis, je découvre le misérable procès qui vous est fait grâce à "Charlie- Hebdo". Ce qui vous est fait est stupéfiant et ne peut être que le produit de la bêtise et de la lâcheté. En réagissant comme vous le faîtes, vous faites honneur à la profession de journaliste. Quand vos adversaires comprendront-ils qu' ils font le lit de l' extrême-droite? La comparaison avec la période "munichoise" est tout à fait d' actualité. L' attitude de contrition victimaire n' a aucun sens et ne peut conduire qu' à de graves revers. On se doit de se positionner fermement contre tous les fascismes, d' où qu' ils viennent. Si l' on veut que les principes républicains ( et par la -même les droits de l' Homme ) ne soient pas bafoués, il faut se battre pour avoir le droit de proclamer à la fois: - que la foi musulmane est respectable mais que les islamistes-assassins sont dangereux - que l' Etat d' Israêl a le droit d' exister mais que Netanyahu est un extrémiste corrompu sans pour autant être taxé d' antisémitisme. Si les "moralisateurs" qui vous poussent à la démission font encore longtemps ce type de confusion, notre démocratie est en danger. Je vous souhaite vivement de retrouver un poste qui vous permettra de mettre en valeur votre détermination et votre honnêteté intellectuelle. Bien cordialement
bonjour, merci de me faire parvenir l'édito. bien a vous.
Bonjour, je souhaite également recevoir cet édito ; merci d'avance
BRAVO! De tout coeur avec vous et bonne chance pour la suite. J'ai découvert votre "aventure" dans CHARLIE, auquel je suis abonné depuis... janvier 2015... Malheureusement la "culture du renoncement" est aujourd'hui quasi systématiquement de mise (politique, syndicalisme, associatif, social...). Je peux en témoigner au quotidien après 40 ans de bons et loyaux services... Encore bravo.
Bonjour M.Lalande, j’aimerais lire votre édito. Merci et bravo pour votre courage
Bonjour, Pourriez-vous m'envoyer votre édito "De l'esprit munichois" s'il-vous plaît? Cordialement, Lise
Bonjour! Je souhaite lire votre édito. Pourriez-vous me l’envoyer par email ? Merci d’avance !
J'ai vécu jusqu'à mes 25 ans à St Denis, aujourd'hui je vis dans le 95, j'en ai 38 et je viens régulièrement dans ma ville de naissance, ayant encore qq amis qui y sont "coincés". L'ambiance y a changé nettement depuis qu'on y croise tous les 5 mètres des dealers et guetteurs, criant à chaque suspission de passage de police. Un couple d'amis vit rue Gabriel Péri vers le Barrage. Ils n'en peuvent plus de devoir supporter ce traffic aux vues de tous. Ce depuis plusieurs années...rien est fait. Saint Denis est réellement devenu le supermarché de la drogue, et ça n'est pas une expression, on peut tout se procurer et n'importe où, cela sans se cacher de personne. Le trafic arrive jusque dans les écoles... ou aurait été trouvé des sachets entreposés. En parle t'on de celà ? Que font les forces de l'ordre à part laisser faire? J'ai faillit acheter un appartement dans cette ville, la vente ne s'était pas faite, le vendeur s'étant rétracté au dernier moment. Quelle chance j'ai eu! Car aujourd'hui ceux qui veulent vendre à St Denis vendent à perte. Personne - en voyant cet environnement - ne veut s'installer ici. Étant plus jeune j'étais contente de grandir dans cette ville, mais à ce jour... non merci, ceux qui le peuvent s'en vont... En parle t'on de tout ça ? Nous ne pouvons pas accepter que la réalité soit cachée, tout comme les problèmes liés à l'islamisme. A qui bénéficie cette sensure? Les rédacteurs du JSD habitent-ils vraiment dans cette ville? Je vous soutient Mr Lalande, à partir du moment où vous défendez la liberté d'expression. Votre démission montre à quelle point vous défendez et vous vous battez pour défendre cette valeur. Vous optez pour la vérité et c'est tout à votre honneur. J'aimerais pouvoir lire l'édito qui n'a pas plû à vos collègues, j'aimerais moi aussi pouvoir lire ce qu'il se passe vraiment dans cette ville que j'ai longtemps portée dans mon coeur- voir la réalité en face, ce que certains jugent comme dérangeant peut être ? Merci Mr Lalande et bonne suite pour votre parcours de rédacteur. Vous trouverez, j'en suis sûre, un poste ou vous pourrez crier la vérité sans avoir des baillons qui vous entravent. Un poste à votre hauteur. Julie ex-dyonisienne.

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