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Coopérative Pointcarré
/ L’économie sociale et solidaire a pignon sur rue

Le 20 bis, rue Gabriel-Péri, abrite sur trois niveaux un atelier de machines numériques, un espace de co-working, et au rez-de-chaussée une boutique d’artisanat et un café. Ouverture en juillet.
Constituée en Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC), Pointcarré compte pour l’heure une vingtaine d’associés
Constituée en Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC), Pointcarré compte pour l’heure une vingtaine d’associés

C’est une belle bâtisse en briques, comme en a légué l’architecture industrielle du XIXe. Accolée au musée d’art et d’histoire, au 20 bis, rue Gabriel-Péri, elle abritait voilà quelques années un garage spécialisé dans le pneumatique à l’enseigne Michelin. « À l’origine, c’est une imprimerie, construite en 1870 », précise Élie Prévéral, l’un des trois gérants de la Coopérative Pointcarré qui ouvrira là en juillet, après un chantier de rénovation de cinq mois. Sur les 450 m2 répartis en 3 niveaux, se superposeront atelier de machines numériques, espace de co-working, ainsi qu’en rez-de-chaussée une boutique d’artisanat et un café. Constituée en Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC), Pointcarré compte pour l’heure une vingtaine d’associés, personnes physiques et structures, dont les neuf membres fondateurs (1). De presque vieilles connaissances. Leur rencontre remonte aux débuts de la Foire des savoir-faire, cette alternative au marché de Noël introduite en 2007 par Plaine Commune pour valoriser l’artisanat. Et en accompagner le développement local sur le mode coopératif de l’économie sociale et solidaire. Auprès de l’association Minga, les artisans créateurs participant à la Foire s’y sont familiarisés avec des nécessités économiques qu’ils dédaignaient souvent. Coût de revient, marges, débouchés…

« Objets du quotidien, textile, bijoux, accessoires, etc. Tout se qui se produit sur le territoire.  »

Dans le même temps, les implantations d’artisans d’art se sont multipliées sur ce territoire, où se sont constitués ateliers collectifs, 6b, Briche et Villa Mais d’Ici d’Aubervilliers, le réseau Artefact 93, la coopérative ouvrière Coopaname… Comme le constate Élie Prévéral, « toute une filière s’est structurée ». Mais sans autre espace fédérateur et de visibilité que l’éphémère Foire des savoir-faire, dont la version pérenne promise par la Ville et Plaine Commune se faisait attendre. En 2013, Franciade, Minga et Artefact, associations parmi les plus impliquées dans cet événement annuel, interpellaient le maire, qui leur signala le bâtiment acquis deux ans plus tôt par la Ville pour un montant de 700 000 euros. Elle n’y investira pas davantage. L’ancien garage est mis à disposition de la SCIC du Pointcarré qui en finance elle-même le chantier de rénovation. La facture s’élève à 450 000 euros, dont 172 000 euros de subventions fournies pour l’essentiel par la Région. « Pour le reste, expliquent les gérants, nous avons emprunté auprès d’acteurs de la finance solidaire, Crédit coopératif, et Club Cigale. » Et 20 000 euros ont été fournis par les associés coopérateurs.

Parmi les principaux piliers de sa viabilité économique, l’espace de co-working, premier à Saint-Denis, est dimensionné pour une vingtaine d’utilisateurs (de 20 euros la journée à 360 euros le mois). Partage d’outils et de compétences, c’est aussi la fonction de l’atelier, un investissement de 50 000 euros, pensé par Pierre-Alexandre Savignac, gérant de la coop et responsable de l’association ACCES. Imprimantes 3D, fraiseuses, brodeuse, plotters, etc., une vingtaine de machines numériques, pour travailler bois, métal, tissu, plastique ou papier, y serviront à des formations d’une journée (100 euros) et seront mises à la disposition des utilisateurs (à partir de 5 euros l’heure). La boutique, enfin, proposera sur 80 m2 « objets du quotidien, textile, bijoux, accessoires, etc. Tout se qui se produit sur le territoire. Ce ne sera pas un dépôt-vente. On s’engagera auprès des artisans sur l’achat d’un stock. » Le torréfacteur dionysien Esperanza approvisionnera quant à lui le café, qui s’annonce aussi tout à la fois comme un espace de petite restauration, d’informations, de rencontres…

(1)  ACCES, Andines, Apij’Bat, Artefact 93, Cigales, Coopaname, Déchets d’art, Minga, Franciade et l’architecte Fiona Meadows.

http://www.pointcarre.coop/

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