Cultures

Jolie Môme : procès spectacle

Pour avoir occupé, avec d’autres intermittents du spectacle en colère, le siège de la CFDT en 2005, Michel Roger, fondateur de Jolie Môme, est mis en examen pour « violation de domicile ». Une source d’inspiration pour la compagnie…

Le prochain spectacle de la compagnie Jolie Môme (du 6 novembre au 7 décembre à la Belle étoile) s’intitule Procès-spectacle. Comme à l’accoutumée, c’est peu dire qu’elle puise son inspiration dans les soubresauts du monde. A fortiori lorsque les dits soubresauts la concernent au plus près. Rappel des faits : le 19 avril 2005, des chômeurs, intermittents du spectacle, travailleurs précaires, entrent au siège de la CFDT, à Paris, afin de demander aux dirigeants de la centrale syndicale les raisons pour lesquelles ils ont signé les récents accords Unedic, dont le protocole des intermittents. Parmi eux, Michel Roger, fondateur et metteur en scène de la compagnie Jolie Môme. Évacués par les forces de l’ordre, les manifestants s’en retournent bredouille. L’affaire aurait pu en rester là. Mais la direction nationale de la CFDT a porté plainte et une instruction judiciaire a été ouverte. Michel Roger et un autre militant, Ludovic Prieur, créateur et animateur du site HNS-info.net, se retrouvent aujourd’hui mis en examen pour « violation de domicile », et leur procès doit avoir lieu le 11 décembre, devant la 14e chambre correctionnelle de Paris.

« La situation est tellement comique et ridicule »

Et le théâtre, dans tout ça ? « C’est une manière de positiver. La situation est tellement comique et ridicule en soi qu’elle nous inspire », répond Michel Roger, qui encourt malgré tout un an de prison et 15 000 euros d’amende ! « Tout ça pour avoir occupé un local syndical », soupire-t-il. « Mais ce procès est surtout celui d’une pratique politique historique, celle de l’occupation. Une pratique non seulement répandue, mais efficace. Et qu’un syndicat porte plainte contre des travailleurs, alors que le Medef, des chaînes de télévision, l’Opéra ou encore l’Unedic, qui ont également été confrontés à ce moyen de lutte, ne l’ont jamais fait, est une aberration », reprend-il.
Toujours fidèles à leur esprit frondeur et résolument engagés, les Jolie Môme ont conçu ce Procès-spectacle comme une farce. « Nous avons voulu faire une parodie de procès du militantisme. C’est une réponse artistique au procès politique qui nous est intenté. » Sur la scène de la Belle étoile, un juge, un procureur, un avocat. À la barre vont se succéder les témoins : Prométhée, qui fut enchaîné ; Lilith, la première femme d’Adam, qui fut précipitée dans la Géhenne ; Spartacus, dont les membres furent éparpillés, et des dizaines d’hommes et de femmes qui ont, à travers l’histoire, lutté pour changer le monde et pour cela furent condamnés. « De plus, chaque soir, nous aurons une personnalité invitée qui interviendra sur un thème qu’il aura choisi, et qui sera intégré dans le spectacle », précise Michel Roger. Et, car c’est la marque de fabrique des Jolie Môme, une bonne dose d’humour, de musique, de chansons et de poil à gratter là où ça chatouille.
Benoît Lagarrigue

Procès-spectacle du 6 novembre au 7 décembre, jeudi, vendredi, samedi à 20 h 30, dimanche à 16 h. Tarifs : 18 et 10 €. Réservation recommandée au 01 49 98 39 20. En soutien à Michel Roger et Ludovic Prieur, la pétition Si j’avais su, j’y serais allé… !, disponible sur le site de la compagnie (http://www.cie-joliemome.org), a déjà recueilli plus de 10 000 signatures.

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