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Documentaire
/ Jeunes en résistance

Ils sont quatre – dont le Dionysien Bakary Soukouna – et représentent cette jeunesse issue des quartiers populaires de banlieue parisienne, souvent associée à la délinquance en tout genre. Le réalisateur Camille Clavel a voulu, lui, mettre en avant Des jeunesses engagées du territoire.
Bakary Soukouna, est mis à l’honneur dans le documentaire Des jeunesses engagées.
Bakary Soukouna, est mis à l’honneur dans le documentaire Des jeunesses engagées.

Figure du tissu associatif local, Bakary Soukouna va crever l’écran. Le Dionysien, âgé de 32 ans, est mis à l’honneur dans le documentaire Des jeunesses engagées, diffusé lundi 10 décembre sur France 3 Île-de-France après le Soir 3. Il est l’un des quatre jeunes de la région parisienne que le réalisateur Camille Clavel a suivi dans leur combat. Outre Bakary, le documentariste a filmé Khalissa Houicha, habitante de Viry-Châtillon (91), qui distribue des repas aux plus démunis à Paris ainsi qu’Abdellah Boudor d’Argenteuil (95), organisateur de la Dictée pour tous, et Aboubakar Sakanoko, à la création du média Blackout Radio à Grigny (91).

Quatre jeunes, quatre parcours qui montrent un autre visage de la jeunesse des quartiers populaires de la banlieue parisienne. « Quand on parle de cette jeunesse, il est souvent question de violence, de délinquance, de drogue… Elle est souvent réduite à l’image de la caillera. Cela va cinq minutes. Mais il faudrait aussi montrer autre chose. J’ai donc voulu faire quelque chose de différent de ce qu’on a l’habitude de voir », explique Camille Clavel, présent à l’avant-première du film au cinéma l’Écran, jeudi 29 novembre, dans le cadre de la Semaine contre les violences.

Lui-même a dû s’employer pour convaincre Bakary Soukouna de prendre part au documentaire. « Il y a eu une première rencontre. Puis une deuxième. Et on s’est mis d’accord au bout de la troisième rencontre », raconte le Dionysien, cofondateur en 2015 de l’association Notre union associative grandir ensemble (Nuage), dont le local se trouve cité Pablo-Neruda dans le nord de la ville, où Bakary a grandi. Il œuvre auprès des adolescents de son quartier mais aussi de Saint-Denis et des villes environnantes. « Même au niveau des jeunes, on a vu de la réticence au départ. À Saint-Denis, il y a une certaine crainte des médias à cause ce qui est véhiculé sur la ville. Mais au fur et à mesure qu’ils m’ont vu avec Camille, ils ont eu confiance », poursuit-il. 
 

« Le documentaire reflète ce qu’on est »

Le tournage du documentaire a eu lieu fin 2017. Le réalisateur est venu suivre Bakary sur plusieurs jours. Le Dionysien s’est reconnu dans le rendu final : « Le documentaire reflète ce qu’on est. Camile n’a pas trahi notre confiance, ni ce qu’on véhicule dans la vie de tous les jours. Ce qu’on a apprécié, c’est qu’on avait la parole libre. Il dit pourquoi on s’est engagé et pourquoi c’est important de s’engager. » Camille Clavel avait notamment réalisé Jacques Prévert, paroles d’un insoumis (2008) et Vers où Israël (2012). Si les sujets sont différents, ces documentaires ont en commun l’engagement. « J’ai rencontré des jeunes investis, lumineux. Il y a une formule qui dit “exister, c’est résister”. C’est exactement ça avec eux », souligne le documentariste. « Le fait de s’engager, c’est résister, de ne pas se laisser faire », reprend Bakary Soukouna dans le film. Chacun des jeunes suivis combat les injustices et les inégalités auxquelles ils font face. « On dit souvent qu’il y a des quartiers perdus. Moi, je dis ce sont des quartiers oubliés », défend le Dionysien.

Lors de l’avant-première, jeudi 29 novembre, la majorité des spectateurs étaient des jeunes de quartiers de Saint-Denis et d’ailleurs. Parmi eux, il y avait Mamadou Cissé et Samba Sacko de l’association dionysienne Igo ou encore Larha Magassa, réalisateur prometteur de la cité Joliot-Curie. Aly Diouara, de l’association Asad à La Courneuve, avait également fait le déplacement, tout comme Assa Traoré, du collectif La vérité pour Adama, qui dénonce les violences policières depuis la mort de son frère en 2016 à la gendarmerie de Persan (95). Qui a dit que les jeunes des villes populaires ne se bougeaient pas ?

Aziz Oguz

 

Des jeunesses engagées documentaire écrit et réalisé par Camille Clavel (2018, 52 minutes). Diffusé lundi 10 décembre sur France 3 Île-de-France après le Soir 3. 

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