@ vous

Déconfinement
/ J'ai ouvert le JSD ce matin, et j'ai pleuré...

Nom ou initiales: 
MD

Yann Mambert, photographe du Journal de Saint-Denis m'a proposé mi-avril de partager dans le JSD mon expérience de confinement. Tomber malade le soir de l'annonce du confinement, vivre à 31 ans un long mois épuisant et douloureux avec le covid-19, mettre en confinement la garde alternée d'un enfant de 5 ans avec un papa soignant, cela lui semblait intéressant. Mais je n'ai pas pu. Cela me semblait indécent de donner l'impression de me plaindre, alors que j'en suis sortie vivante, que j'ai un toit au dessus de ma tête et que personne n'a eu faim dans ma famille malgré une activité professionnelle indépendante à zéro.

J'ai ouvert le JSD ce matin, et j'ai pleuré de lire ce que je redoutais depuis des semaines : la liste de ceux que le virus a arraché à la vie. Mais j'ai aussi pleuré de joie de lire ce que je savais aussi : le système D, la fameuse solidarité dyonisienne que cette période lunaire a décuplé et qui a permis à beaucoup de survivre. Et je crois que c'est ce qui m'a donné envie d'écrire ce matin, à l'heure où j'entends passer le tram et quelques voitures mais où les oiseaux continuent à se chamailler bruyamment dans les arbres comme "au temps du confinement". Dire aux habitants de cette ville que j'aime tant : rien ne nous oblige à retourner à la vie d'avant. Capitalisons sur ce qui a été notre force : restons solidaires, restons frères et sœurs, améliorons de cette manière notre vivre-ensemble. Préservons le silence auquel nous avons gouté, maintenons dans notre quotidien quelques moments où il n'y a rien à faire à laisser notre imagination divaguer, imaginer un monde meilleur, y prendre part. Maintenons ces parties de jeux de société en famille, ces films regardés tous ensemble sur le canapé, ces chansons chantées à nos balcons avec nos voisins, ces sourires des yeux derrière nos masques, ces petites attentions aux inconnus. Continuons à remercier nos livreurs, nos caissières, et descendons dans la rue avec ceux qui nous ont soignés quand viendra le temps indubitable où ils devront défendre notre hôpital public, où nous devrons défendre tous ensemble notre bien le plus cher car commun à tous : notre système de protection sociale et le service public. Si demain ne sera pas comme hier, soyons acteurs d'un meilleur demain. 

Déconfinement

Réactions

Quand je lis d'aussi beaux témoignages ... je me dis qu'il faut toujours privilégier l'essentiel de la futilité pourtout trop souvent omniprésente.

J’admire ce beau récit, mais pour ma part je ne ressens ni sororité ni fraternité à l’égard de ceux qui ont rendu mon confinement encore plus pénible en continuant à venir beugler en bas de mes fenêtres pour dealer...

Vous auriez pu signer "vivons Saint-Denis en grand" tellement c'est beau.
Vivez-vous vraiment à Saint-Denis?

Tout à fait d'accord avec Rosa et Sleuth. En bas de chez moi c'etait la même faune sans gêne qui braille jour et nuit, qui se gare n'importe comment et empêche les camions poubelles et autres gros véhicules de prendre cette rue à sens unique, rodéo de moto à 2H du mat', parties de foot, deals et j'en passe.
BREF un jour/nuit normal à ST denis

Réagissez à l'article

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
CAPTCHA
Ce champ nous permet de vérifier que vous n'êtes pas un robot spammeur