À la une En ville

Front-Populaire
/ Jacques Grossard : « Tout ce secteur était le plus déshérité de la Plaine »

Rue des Fillettes, derniers témoins du passé industriel. © Yann Mambert
Rue des Fillettes, derniers témoins du passé industriel. © Yann Mambert

Un abattoir à chevaux de la Ville de Paris s’y était implanté dans les années 1840, suivi par des tanneries et autres fabriques utilisant des produits organiques. Boyauderies, huileries, d’autres s’installèrent à leur tour en exploitant les déchets acheminés par le canal depuis les abattoirs de La Villette. C’était côté Aubervilliers. Côté Saint-Denis, les dernières implantations liées au passé industriel et au travail des métaux devraient bientôt disparaître absorbées pour les besoins de la ZAC Montjoie.

Cette histoire, Jacques Grossard la connaît bien. Ancien ingénieur, co-fondateur de l’association La Plaine Mémoire vivante, il a dirigé de 1984 à 1989 le syndicat mixte intercommunal Plaine Renaissance.

LIRE AUSSI : Campus Condorcet place du Front-populaire : « faire corps avec la ville »
 

Le JSD : À quoi ressemblait ce quartier quand vous avez commencé à travailler sur le devenir de la Plaine ?

Jacques Grossard :Tout ce secteur était le plus déshérité de la Plaine déjà à l’époque industrielle. Quand on a commencé à réfléchir au projet urbain sur l’ensemble du quartier, c’était dans le cadre d’une vision intercommunale. Et l’idée est née que ce territoire à la limite des deux communes pouvait devenir un des territoires centraux de la Plaine. C’est ce qui a été traduit dans le projet urbain par la « Plaine de la Plaine ». 
 

« Plaine de la Plaine » 

Le JSD : La vision des quatre architectes et urbanistes réunis dans le GIE Hippodamos 93 pour imaginer le futur du quartier Plaine a donc été déterminante…

JG : Quand ils ont fait cette proposition dans les années 1990, faire une belle place à cet endroit pour y faire on ne savait pas quoi, ils ont été convaincants et ont eu raison. Le Campus Condorcet n’existait même pas dans les têtes. Mais il épouse parfaitement cette « Plaine de la Plaine » qu’ils avaient dessinée. La place du Front-Populaire qui nous paraissait très grande a été réalisée et l’arrivée du métro a boosté tout ça. Le projet urbain s’est révélé capable d’accueillir de gros équipements qui n’étaient pas prévus à l’époque. À commencer par le Stade de France.

Le JSD : Peut-on parler d’un travail de conviction sans pareil dans la petite couronne de la part des élus pour être entendus des pouvoirs publics ?

JG : Le seul équivalent, ce serait La Défense, dont les projets se sont faits de façon un peu chaotique. Mais il y avait une telle implication de l’État que ça a été rendu possible. À la Plaine, depuis 1992, c’est toujours le même projet, mais il n’y avait pas de grosses capacités financières ni de gros investisseurs. Quand la Ville d’Aubervilliers a réalisé la rue Waldeck-Rochet (flanc ouest du campus), il n’y avait rien. Et ça a été longtemps une voie déserte occupée par des squats. C’était courageux d’investir dans cet endroit déshérité. De l’autre côté, quand la Ville de Saint-Denis a tracé la rue George-Sand, autre frontière de la « Plaine de la Plaine », c’était pareil.

Le JSD : Et il leur a fallu aussi batailler pour prolonger la ligne 12…

JG :On avait dit tôt ou tard que la ligne 12 du métro serait prolongée. Le pari avait été fait. C’est ce qui a permis de faire la place et d’accueillir le campus. La première décision du campus c’était en 2007. La décision formelle, c’était 2011. Sans le métro, ça ne se serait pas fait.

Recueillis par ML

Réactions

Réagissez à l'article

(ex. : votre.nom@fournisseur-internet.com) Cette adresse ne sera pas publiée sur le site.
Merci de prendre connaissance de la charte des commentaires ci-dessous.

Principes de modération

Les commentaires postés sur lejsd.com sont modérés avant publication par l’équipe éditoriale.
Les commentaires sont ouverts les quatre semaines suivant la mise en ligne des contenus.
Les messages sont publiés dans leur intégralité ou supprimés s’ils sont jugés non conformes à la charte.
L’internaute est responsable des commentaires qu’il poste. L’équipe du JSD se réserve le droit de retirer tout commentaire si elle l’estime nécessaire pour la bonne tenue des échanges.
La modération dans l’immédiat a lieu du lundi au vendredi, en horaires de jour.
Lorsqu’un internaute poste plusieurs fois le même commentaire, l’équipe du JSD n’en publie qu’une version.

Pseudonymes

Il n'est pas autorisé de choisir comme pseudonyme le nom d'une autre personne physique ou morale (entreprise, institution, etc.) ou d'utiliser un nom similaire à celui d'un autre internaute dans le but de créer une confusion.
Les noms contenant des allusions racistes, sexistes ou xénophobes sont proscrits.
Si un internaute utilise plusieurs pseudonymes pour commenter, le JSD se réserve le droit de supprimer ces comptes, sans préavis.

Contenus illicites et prohibés

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Le JSD supprimera tout commentaire contrevenant à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, répété plusieurs fois ou grossier.
Sont notamment illicites les propos racistes, antisémites, sexistes, homophobes, discriminatoires, diffamatoires ou injurieux, incitant à la violence (y compris les appels à la restauration de la peine de mort) ou à la haine raciale, niant les crimes contre l’humanité et les génocides reconnus, faisant l’apologie des crimes de guerre et du terrorisme ; justifiant des actes violents et des attentats.
Sont également proscrits : les propos de nature pornographiques, pédophile ou délibérément choquants ; les atteintes à la présomption d’innocence, l’usurpation d’identité, l’incitation à la commission de crimes ou de délits, l’appel au meurtre et l’incitation au suicide et la promotion d’une organisation reconnue comme sectaire…
Il est également interdit de divulguer des informations sur la vie privée d'une personne, de reproduire des échanges privés et d’utiliser des œuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).
Actuellement la publicité est interdite sur lejsd.com Les liens promotionnels sont proscrits mais la publication d’un lien vers un site commercial en lien direct avec le sujet dont il est question dans le programme ou le fil de commentaires peut être tolérée, si elle apporte un complément d’information utile à l’internaute.
Le JSD se réserve le droit de supprimer tout commentaire contenant des propos agressifs visant des personnes, notamment les autres commentateurs.
La suppression d’un commentaire entraîne celle des réponses qui lui ont été faites.
Pour contester une modération, merci d’écrire à info@lejsd.com.

CAPTCHA
Ce champ nous permet de vérifier que vous n'êtes pas un robot spammeur