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/ Isabelle Lafon prend Racine

Isabelle Lafon met en scène Bérénice, la tragédie de Jean Racine. Jean Bellorini signe la scénographie et les lumières.

Titus aime Bérénice ; et Bérénice aime Titus. Jusque-là, tout va bien. Mais tout se gâte lorsque, à la mort de son père, le dit Titus devient empereur de Rome et, selon la loi romaine, doit pour régner répudier Bérénice qu’il avait promis d’épouser. Voilà le point de départ de la tragédie de Jean Racine, Bérénice, adaptée et mise en scène par Isabelle Lafon au TGP du 17 janvier au 3 février.

C’est le quatrième spectacle que celle-ci présente à Saint-Denis, racontant ainsi une belle fidélité réciproque. On avait ainsi vu avec un plaisir constant et renouvelé Deux ampoules sur cinq, tiré du journal des rencontres de Lydia Tchoukovskaïa avec la poète russe Anna Akhmatova en 2014, Une Mouette, d’après Tchekhov, en 2017 et Let me try, tiré du Journal de Virginia Woolf, en 2018. Isabelle Lafon a ce grand talent de fouiller les grands textes, d’aller au plus profond de leur essence avec admiration, tendresse et respect jusqu’à en faire surgir la musique intime, parfois enfouie sous le temps, et nous les faire ainsi mieux entendre et aimer.

« Il y a longtemps que je tourne autour de cette pièce, que j’ai beaucoup travaillée en atelier. C’est un texte qui met en feu la langue, confie-t-elle. Titus empereur doit renoncer à épouser une reine étrangère qu’il aime, mais il ne peut le lui dire. Et il demande à son ami Antiochus de le faire à sa place alors que ce dernier, également épris de Bérénice, lui, a fait sa déclaration… Cette pièce parle de ce qu’on peut dire, de ce qu’on ne peut pas dire et comment le faire dire. »

Une jolie synthèse de ce qu’est le théâtre, en somme. Et tout cela en alexandrins, parmi les plus beaux écrits par l’un des plus grands auteurs dramatiques de l’histoire. Loin d’être un carcan, cette obligation devient, pour Isabelle Lafon, quelque chose qui transporte le comédien. « C’est comme une partition musicale, il y a là une rigueur qui libère le jeu. On peut ainsi aller au bout d’une pensée, d’une émotion, d’un sentiment…»


Autour d’une table de répétition

Sur le vaste plateau de la salle Roger-Blin, ils seront quatre comédiennes et un comédien pour jouer les quatre rôles d’hommes et les deux de femmes. « Mon désir initial était que tous jouent les personnages à tour de rôle mais cela devenait incompréhensible », raconte Isabelle Lafon. Chacun a donc été distribué après avoir essayé tous les rôles et elle y a inclus un personnage un peu bizarre, une femme dont on ne sait rien, qui regarde et écoute, joué par elle-même. L’action se situe dans un endroit étrange, un bout de théâtre désaffecté où subsiste une table de répétition… « Nous partons de cette table, qui devient centrale, on s’en éloigne, on y revient, on s’y rassemble… », révèle-t-elle. C’est Jean Bellorini qui signe la scénographie et les lumières du spectacle.

« Je n’aurais pas monté ce spectacle sans lui, affirme avec force Isabelle Lafon. C’est une vraie collaboration : il apporte énormément, il élargit, il bouscule, il pousse, il me fait explorer autre chose… Tout en gardant cette intimité de la pièce, ce point de départ : qui sont ces gens qui vont essayer de reconstituer cette Bérénice devant une femme muette ? »

Benoît Lagarrigue

Bérénice, du 17 janvier au 3 février au TGP (59, boulevard Jules-Guesde, salle Roger-Blin), du lundi au samedi à 20h, sauf samedi 2 février à 18h, dimanche à 15h30, relâche le mardi. Durée estimée : 1h30. Tarifs : 6€ à 23€. Réservations : 0148137000 ; www.theatregerardphilipe.com; reservation@theatregerardphilipe.com

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