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Lycée d'application de l'Enna
/ Ils veulent redistribuer la nourriture des cantines

Une classe de lycéens de l’Enna se lance dans un projet de mini-entreprise pour lutter à la fois contre la pauvreté et le gaspillage alimentaire des cantines scolaires, en redistribuant la nourriture, qui était auparavant jetée, à des personnes précaires.
Des lycéens de l'Enna qui participent au projet « Bon coeur fait du bien ». Photo (c) Delphine Dauvergne
Des lycéens de l'Enna qui participent au projet « Bon coeur fait du bien ». Photo (c) Delphine Dauvergne

Arrivés en France depuis deux ou trois ans, les lycéens de la classe de la MLDS (Mission de lutte contre le décrochage scolaire) du lycée d'application de l'Enna, sont pour la plupart passés par des situations difficiles. Alors l’une des choses qui leur tient le plus à cœur c’est de « diminuer la pauvreté », comme le dit Amadou, 17 ans.

« On vient de pays où des gens ont besoin de nourriture. C’est du gâchis de voir ce qui est jeté à la cantine du lycée », souligne Cheick Abdoul, 17 ans lui aussi, originaire de Côte d’Ivoire. Le nom du projet « Bon Cœur fait du Bien » était tout trouvé.

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Pour mettre en lien cantines, élèves et associations, une application mobile sera développée gratuitement par la société Avanade. « Cela permettra de se coordonner plus rapidement pour que nous allions récupérer la nourriture et la donnions aux associations selon les besoins qu’elles indiquent. Ce sont elles qui redistribueront aux personnes précaires », souligne Amadou.

Au départ, la mini-entreprise se concentrera sur des produits qui ne nécessitent pas de conservation au frais : fruits, biscuits, pain… Une participation financière symbolique au projet sera demandée à chaque cantine qui souscrira au service. Des élèves d’autres classes et d’autres établissements pourront donner un coup de main pour assurer le transport des denrées alimentaires.

Un concours départemental en vue

Le projet en est encore à ses débuts. Les rôles se répartissent pour par exemple contacter les associations comme Excellents excédents, ou encore se mettre en lien avec la mairie de Saint-Denis, qui a déjà montré son intérêt pour établir un partenariat avec sa cuisine centrale, qui fournit notamment les écoles maternelles et élémentaires ainsi que des résidences de personnes âgées. Abou, 16 ans, fait partie de l’équipe communication. « Ce projet nous permet de faire des rencontres, d’être plus à l’aise pour prendre la parole, de mieux gérer notre stress », estime-t-il. Coachés par leurs professeurs de philosophie et de théâtre, les élèves ont prévu de travailler leur maîtrise du français pour réussir la présentation de leur projet à un concours qui aura lieu au salon départemental de l’association Entreprendre pour apprendre, le 24 mars à Saint-Denis.  

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Delphine Dauvergne

Réactions

cooooooooooollll
Très très cool