À la une En ville

Squat du 10 rue de la Poterie
/ Ils redoutent l’expulsion

Ouvert en décembre 2018, le centre social autogéré de l’Attiéké-Poterie accueille une trentaine de personnes, dont 8 enfants. Leur maintien ou non sur le site est conditionné par la décision de la juge d’exécution du tribunal de Bobigny qui sera rendue le 24 septembre.
La trentaine d'occupants du Centre social craignent une expulsion imminente. © Aziz Oguz
La trentaine d'occupants du Centre social craignent une expulsion imminente. © Aziz Oguz

Ils vivent avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Depuis le 24 juillet, les occupants du squat du 10 rue de la Poterie sont sous la menace d’une expulsion imminente. Cet été, ils s’attendaient chaque matin à l'aube à voir arriver les policiers pour les déloger de ces locaux commerciaux, d’une surface de 900 m2, sur la zone d’activité des Poteries dans le nord de la ville. Le 25 août, la juge d’exécution du tribunal de Bobigny leur a donné un répit en mettant en délibéré sa décision, qui sera rendue le 24 septembre.

« On saura à ce moment si on a un nouveau délai. Mais ce n’est pas l’impression que l’on a eu lors de l’audience du 25 août », explique Laura, du Collectif d’aide et de soutien aux personnes étrangères et réfugiées (Casper), qui vient en aide aux habitants du squat. Même si leur espoir est mince, les occupants et leurs soutiens espèrent tenir jusqu’au 31 octobre, début de la trêve hivernale, qui les mettrait à l’abri de l’expulsion jusqu’en mars 2020.

LIRE AUSSI : 5 rue de la Poterie : « un squat c'est une nécessité »
 

« De toute façon, le but, ce n’est pas de rester à vie dans ces locaux. On demande des relogements et un vrai diagnostic social auprès des personnes vivant ici. On veut éviter une expulsion sans solution aux portes de l’hiver », poursuit Laura. Ouvert en décembre 2018, le centre social autogéré de l’Attiéké-Poterie accueille aujourd’hui une trentaine de personnes, dont 8 enfants âgés de 1 à 13 ans. Plusieurs sont scolarisés à Saint-Denis. 
 

« J’ai peur de passer l’hiver sans logement »

« Le jour où il n’y a plus le squat, on n’a nulle part où aller. J’ai peur de passer l’hiver sans logement », raconte Mariam, Ivoirienne de 35 ans, arrivée en France début 2019. Mère d’un petit garçon, elle est au squat depuis février après avoir passé ses nuits à l’hôpital Delafontaine pendant un mois. La plupart des occupants sont ivoiriens, maliens ou nigérians. « On est comme une famille », rajoute Massiami. Âgée de 29 ans, cette Ivoirienne habite avec son compagnon et ses trois petits. Enceinte, elle attend un quatrième enfant. « On se bouge pour des solutions. Les gens appellent aussi tous les jours le 115 [qui gère l’hébergement d’urgence], précise Laura. Une dizaine d’anciens occupants ont trouvé des solutions d’hébergement via le 115, l’Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) ou des petites annonces. »

Du côté de la municipalité, le maire Laurent Russier a intercédé en faveur des occupants en demandant à la préfecture de ne pas expulser avant la décision de la juge d’exécution, prévue le 24 septembre. Le propriétaire des lieux, Jsoons Poterie, estime à 10 000 euros par mois – soit le prix de la location – le manque à gagner engendré par le squat. Il a demandé 2 000 euros par mois aux occupants, soit 20 000 euros depuis septembre, pour le préjudice.

Aziz Oguz

Réactions

Réagissez à l'article

(ex. : votre.nom@fournisseur-internet.com) Cette adresse ne sera pas publiée sur le site.
Merci de prendre connaissance de la charte des commentaires ci-dessous.

Principes de modération

Les commentaires postés sur lejsd.com sont modérés avant publication par l’équipe éditoriale.
Les commentaires sont ouverts les quatre semaines suivant la mise en ligne des contenus.
Les messages sont publiés dans leur intégralité ou supprimés s’ils sont jugés non conformes à la charte.
L’internaute est responsable des commentaires qu’il poste. L’équipe du JSD se réserve le droit de retirer tout commentaire si elle l’estime nécessaire pour la bonne tenue des échanges.
La modération dans l’immédiat a lieu du lundi au vendredi, en horaires de jour.
Lorsqu’un internaute poste plusieurs fois le même commentaire, l’équipe du JSD n’en publie qu’une version.

Pseudonymes

Il n'est pas autorisé de choisir comme pseudonyme le nom d'une autre personne physique ou morale (entreprise, institution, etc.) ou d'utiliser un nom similaire à celui d'un autre internaute dans le but de créer une confusion.
Les noms contenant des allusions racistes, sexistes ou xénophobes sont proscrits.
Si un internaute utilise plusieurs pseudonymes pour commenter, le JSD se réserve le droit de supprimer ces comptes, sans préavis.

Contenus illicites et prohibés

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Le JSD supprimera tout commentaire contrevenant à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, répété plusieurs fois ou grossier.
Sont notamment illicites les propos racistes, antisémites, sexistes, homophobes, discriminatoires, diffamatoires ou injurieux, incitant à la violence (y compris les appels à la restauration de la peine de mort) ou à la haine raciale, niant les crimes contre l’humanité et les génocides reconnus, faisant l’apologie des crimes de guerre et du terrorisme ; justifiant des actes violents et des attentats.
Sont également proscrits : les propos de nature pornographiques, pédophile ou délibérément choquants ; les atteintes à la présomption d’innocence, l’usurpation d’identité, l’incitation à la commission de crimes ou de délits, l’appel au meurtre et l’incitation au suicide et la promotion d’une organisation reconnue comme sectaire…
Il est également interdit de divulguer des informations sur la vie privée d'une personne, de reproduire des échanges privés et d’utiliser des œuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).
Actuellement la publicité est interdite sur lejsd.com Les liens promotionnels sont proscrits mais la publication d’un lien vers un site commercial en lien direct avec le sujet dont il est question dans le programme ou le fil de commentaires peut être tolérée, si elle apporte un complément d’information utile à l’internaute.
Le JSD se réserve le droit de supprimer tout commentaire contenant des propos agressifs visant des personnes, notamment les autres commentateurs.
La suppression d’un commentaire entraîne celle des réponses qui lui ont été faites.
Pour contester une modération, merci d’écrire à info@lejsd.com.

CAPTCHA
Ce champ nous permet de vérifier que vous n'êtes pas un robot spammeur