En ville

Ils font leur Service civique dans la cité

Dans les quartiers Cosmonautes et Joliot-Curie de Saint-Denis, de jeunes volontaires effectuent pour quelques mois une mission de sensibilisation aux gestes verts auprès des locataires.
Opération plantations avec les enfants de l'Eco Parlement des écoliers sur le jardin partagé de l'association Territoires aux Cosmonautes.
Opération plantations avec les enfants de l'Eco Parlement des écoliers sur le jardin partagé de l'association Territoires aux Cosmonautes.


Depuis 2010, les jeunes de 16 à 25 ans peuvent se consacrer pendant six à douze mois à une mission « d’intérêt général », auprès de collectivités locales, de bailleurs sociaux ou d’associations. Réglementé par une agence officielle, sous tutelle du ministère des Sports, de la Jeunesse, de l’Éducation populaire et de la Vie associative, ce Service civique ne requiert aucun diplôme, ni qualification. Mais une motivation certaine.


L’indemnité mensuelle, pour un engagement à temps plein, est de 560 euros, dont 456 subventionnés par l’État. « Il y en a ici qui se lèvent tous les jours à 5h ou 6h du matin », ajoute Julien, l’un des huit volontaires de Médiaterre à la cité des Cosmonautes. Lui-même habite Paris, d’autres viennent de plus loin encore, Marne-La-Vallée, Rosny-sous-Bois, Villeparisis…


Proposée par l’association Unis-Cité à l’intention des quartiers populaires, cette mission de Service civique a été sollicitée par Plaine commune habitat – en partenariat avec la Villede Saint-Denis, – pour accompagner la réhabilitation des immeubles selon les normes d’isolation thermique BBC (Bâtiment basse consommation).


Après un test de quelques mois, la mission Médiaterre n’a vraiment démarré qu’en novembre à la fois à Cosmonautes et à Joliot-Curie, cité récemment rénovée, où le bailleur accueille une deuxième équipe de cinq volontaires. Les objectifs y sont les mêmes : inciter les locataires à moins consommer d’eau et d’électricité, les encourager à réduire et à trier leurs déchets.


Arrivés sur le terrain après une formation d’un mois, les volontaires en espèrent pour beaucoup « une première expérience » dans la foulée de leur diplôme universitaire. « Je veux devenir éducatrice environnementale », indique Tiffany, licenciée en médiation culturelle. « Je voulais faire une pause avant de me lancer dans un BTS en communication », ajoute quant à elle Titiana, bachelière depuis juillet. « J’étais au chômage, j’étais dans le flou », avoue Julien. Farid, lui, a parié sur une première approche « du milieu social et associatif. J’ai été directeur d’un Franprix pendant deux ans. Ça ne me plaisait plus », raconte ce Stanois.


Autre profil, Louise, 17 ans, a lâché les études avant le bac. « Je voulais travailler dans l’humain», dit-elle. Mais ils le concèdent tous. Même avec l’appui de Maxime Hurault, coordinateur d’équipes et de projets à Unis-Cité, la tâche n’est pas facile. Encore moins avec une météo hivernale peu propice aux rencontres.


Heureusement, des relais auprès des habitants ont été fournis, à Joliot-Curie par les associations ASAFI et Cochenko, à Cosmonautes par l’entreprise Apij’Bat et la ludothèque. Et dans chacune, par les gardiens d’immeuble, ainsi que les directeurs de quartiers.


Public favori des volontaires, les enfants ont toujours participé avec entrain à leurs initiatives dans la cité, notamment pour ramasser les déchets. Quant à rentrer dans les foyers pour y expliquer l’intérêt des « éco-gestes », c’est un quasi échec. Seules deux familles leur ont ouvert leur porte. Une présence en continu n’y aurait sans doute rien changé.


Les volontaires se partagent en effet entre Saint-Denis, où ils passent trois jours par semaine, et Paris, où ils se joignent à des associations d’aide aux sans-abri. Au terme de leur mission, en juin, « nous établirons un bilan individuel, déclare Maxime Hurault. Et nous verrons avec eux comment valoriser ces neuf mois sur leur CV ».

Marylène Lenfant