En ville

À la maternelle Opaline
/ Il était une fois les droits des enfants

Une classe multi-âge de l’école maternelle Opaline a confectionné un livre sur le thème de l’exploitation des enfants. Le projet réalisé dans le cadre de la Journée internationale des droits de l’enfant, le 20 novembre, retrace une partie de l’histoire du passé industriel de la Plaine.
La classe multi-âge de l'école maternelle Opaline, lundi 14 décembre. © Yslande Bossé
La classe multi-âge de l'école maternelle Opaline, lundi 14 décembre. © Yslande Bossé

Sur la première de couverture, deux bonhommes colorés se distinguent : Jeanne et Victor. Ces deux enfants sont les personnages principaux d’Histoire d’Opaline, un livre (retrouvez le PDF en bas de l'article) réalisé par la classe multi-âge de Louise, enseignante à l’école maternelle du même nom, située à la Plaine. « C’est nous qui avons dessiné Jeanne et Victor » s’exclame un élève, « Jeanne est en rouge et Victor en jaune », précise encore une fillette. Lundi 14 décembre, l’institutrice et sa classe, composée d’une quinzaine d’élèves de petite, moyenne et grande sections revient pour le JSD sur la genèse de ce projet participatif débuté lors de la Journée internationale des droits de l’enfant le 20 novembre.

« On a découvert quels étaient les différents droits de l’enfant et ce que cela voulait dire, notamment le droit d’être protégé de l’exploitation et du travail, explique Louise. Malheureusement dans le monde, il y en a encore qui travaillent dans des usines, le droit n’est pas respecté partout et c’était le cas, ici à la Plaine, il y a plus d’un siècle. » Autour de la maîtresse, des petits doigts se lèvent. « Les droits de l’enfant c’est le droit de tous les enfants », avance timidement Ezekia.

« On a appris que des enfants travaillaient dans l’usine », articule Kylian qui souhaite que ces enfants « arrêtent de travailler ». L’enseignante interroge : « Et qu’est-ce qu’on fabrique dans cette usine ? » Mohamed Ali intervient : « Des opalines ! » Pour Pauline, en grande section, « l’opaline, c’est du verre joli ». « Très bonne définition ! », renchérit Louise. 

Victoire ouvrière

À travers l’histoire de Jeanne et Victor, c’est tout un pan du passé industriel de la Plaine qui est abordé ainsi que la bataille menée par des ouvriers au début du XIXe siècle pour mettre fin au travail des enfants dans les manufactures. À cette époque, une importante usine de verrerie et cristallerie du quartier – tenue par la famille Legras – employait des enfants âgés de moins de 13 ans. « Ils partent au travail le matin. Les ouvriers sont devant l’usine. Victor et Jeanne demandent aux messieurs ce qu’ils font. Les ouvriers disent : “Non au travail des enfants’” », décrit le texte du livre imaginé par la classe. « Le scandale éclate en 1910. M. Legras a été obligé de céder », conclue l’enseignante. Le nom du groupe scolaire dont fait partie la maternelle – Opaline/Suzanne-Lacore – vient rappeler le riche passé industriel du quartier mais aussi cette victoire ouvrière concernant la réglementation du travail des enfants, et plus tard des travailleurs.

« Vous vous rappelez, les enfants, que la Plaine était pleine d’usines ? questionne Louise en montrant des photos d’archives. Il y avait beaucoup de bruits, les fours marchaient, on tapait sur le métal. L’histoire de Jeanne et Victor nous permet aussi de ne pas l’oublier », insiste-t-elle. À la fin de la fiction, les deux héros dionysiens sont « partis à l’école pour lire ». Ils pourraient bien apparaître dans les pages de la revue J Magazine, qui édite des productions enfantines. « Nous allons leur proposer cette histoire », sourit Louise. En attendant, le petit ouvrage fera office de cadeau de Noël pour les parents. Mais attention, « c’est une surprise » !

Yslande Bossé

 

POUR ALLER PLUS LOIN : 

> Lire aussi : François Theodore-Legras, sa vie, sa verrerie

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