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Municipales 2020 / Le JSD prend la température : épisode 5
/ Floréal, si loin de la ville

Chaque semaine, le JSD prend la température dans un quartier en vue du prochain scrutin municipal. Cinquième épisode à Floréal, dans la résidence pour personnes âgées Arpavie.
Résidence Arpavie,  Sylviane, habitante du quartier Floréal, son compagnon Michel et Louis, tous deux résidents. © Véronique Le Coustumer
Résidence Arpavie, Sylviane, habitante du quartier Floréal, son compagnon Michel et Louis, tous deux résidents. © Véronique Le Coustumer

Ici on dit « aller à Saint-Denis » quand on compte se rendre en centre-ville. Ici c’est à la résidence Arpavie (1), en face de la Maison de quartier, promenade de la Basilique à Floréal, qui accueille des retraités pour qui la vie n’a pas toujours été un long fleuve tranquille. Tous les matins, Rachède, fidèle au poste, ouvre le bar associatif, lieu de rencontre de la résidence de 8 h à 9 h 30, sauf le dimanche, et un moment dans l’après-midi (2). Lui, il n’est pas inscrit sur les listes électorales et n’a jamais voté.

Ça ne l’empêche pas d’avoir un avis sur sa ville, son quartier. « La supérette nous rend service, mais il manque un tabac. C’est moi qui vais, trois fois par semaine, faire le ravitaillement pour les copains. »

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La liaison avec le centre de Saint-Denis est un réel problème pour ces seniors de l’est de la ville. Sylviane, 74 ans et habitante du quartier depuis 1974, vient chaque jour rejoindre Michel, son compagnon. « J’ai travaillé au Louvre. Avant, je n’avais pas peur de prendre le bus ou de rentrer à pied de la Porte de Paris. Aujourd’hui ce n’est plus pareil. » Quant à Sandrine, qui vient également en voisine, « c’est plus difficile d’aller au centre depuis la piétonisation. On a du mal à se garer ». Elle ajoute : « À SFC [Saussaie/Floréal/Courtille], on ne sait plus si on est de Saint-Denis ou de Stains », la ville voisine qu’elle trouve plus agréable. Quant à Magid, les déplacements difficiles, il connaît. Régulièrement, les chauffeurs de bus lui refusent le déploiement de la rampe à fauteuil roulant. Ses compagnons l’ont accompagné une fois histoire de faire valoir son droit au transport.

« Faut voir le quartier après 22h ! »

Ici, l’avenir, on ne l’imagine pas très rose. Est-ce lié à la nostalgie qui accompagne l’avancée en âge ? Tous regrettent le passé. « Avant, la population était mélangée, il y avait des cadres, des profs, des ouvriers », se souvient Sylviane. Le 15 et le 22 mars, elle ira voter « même si ça ne sert pas à grand-chose » bougonne-t-elle. Et même si ces retraités saluent les réalisations (la mairie annexe, les aménagements extérieurs…), tous s’accordent pour dire « faut voir le quartier après 22 h ! ».

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ls ont en tête la découverte d’une cache d’armes dans une des caves de la rue de la Garenne début janvier. « Ça vient des trafics. La légalisation du cannabis, c’est peut-être la solution », rétorque Louis, 75 ans et Dionysien depuis deux ans, qui lui aussi s’acquittera de son devoir électoral. À l’approche du scrutin municipal, ils font un constat sévère. « Les politiques, on les voit à l’approche des élections », constate Rachède.

« À SFC on connaît bien Bally [Bagayoko], reprend Sandrine. Il a été en charge du quartier. » « De toute façon, Saint-Denis, le 93, c’est communiste », pointe Louis.

Véronique Le Coustumer

(1) Arpavie, fusion des trois associations Arefo, Arepa et Arpad, s’occupe de l’hébergement et de l’accompagnement des personnes âgées autonomes et en perte d’autonomie. 

(2) Ouvert aux résidents et à leurs proches.

Réactions

Prise de température numéro 5. Toujours le même constat alarmant.... Mais vivons Saint Denis en grand. Toujours dans le déni de la réalité de la vie des habitants ces élus cantonné dans le centre ville. Une remarque sur la piétonnisation du centre ville. J'ai toujours affirmé qu'elle était excluante pour les quartiers périphériques. La débilité des élus qui ont construit ça est sans égale. Ils ont tué Saint Denis, son commerce et son attractivité sous prétexte d'idéologie à deux balles. "Avant, la population était mélangée, il y avait des cadres, des profs, des ouvriers », se souvient Sylviane. " C'est cette mixité sociale qu'on a plus à Saint Denis. D'une extrême misère naîtra un nouvel ordre social disait P. Braouezec soutenu par S. Peu et L. Russier. On voit le résultat catastrophique...
Tous les quartiers de Saint-Denis sont éloignés de la mairie, de sa place et de son bar témoin de toutes les petites combines cocolusiennes depuis 100 ans. N'oublions pas que Monsieur Russier a été adoubé maire de Saint-Denis autours de boissons rafraichissantes.

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