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La question de la semaine
/ Faut-il légaliser ou non le cannabis ?

© Rex Medlen de Pixabay
© Rex Medlen de Pixabay

Encore taboue il y a quelques années, la question se pose à Saint-Denis, même si elle reste encore inflammable. Il faut dire que depuis 2013, les fours – ces terrains de drogue à ciel ouvert – se sont développés, en particulier dans le nord de la Ville, de Gaston-Dourdin à Allende-Neruda en passant par Gabriel-Péri sans oublier les points de deal plus anciens dans le centre-ville, à la gare ou à Franc-Moisin.

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La question, elle, divise les principaux candidats aux élections municipales de mars prochain. « Il y a encore quelque temps, si on parlait de légalisation, on se faisait tirer dessus. On nous taxait d’irresponsable. L’opinion publique bouge sur le sujet », assure l’insoumis Bally Bagayoko (LFI) qui se dit favorable à la légalisation. « Si on se pose aujourd’hui la question de la légalisation du cannabis, c’est parce qu’on constate la défaillance totale des pouvoirs publics. » Mais pour la tête de liste de Faire Saint-Denis en commun, cela ne réglera pas tout.

« Légaliser, ce n’est pas le plus compliqué. La question, c’est comment on fait après », s’interroge-t-il. Originaire de la cité Gaston-Dourdin, l’actuel maire adjoint aux sports se dit « effaré » de voir des guetteurs de plus en plus jeunes. « Il faut lutter contre l’exclusion des gamins à l’école. Il est aussi là le problème. » Le maire Laurent Russier (PCF) constate lui aussi « l’échec » de la lutte contre les trafics de stupéfiants. Il demande qu’un « débat national » soit ouvert sur le sujet. Prudent, le maire communiste sait que le sujet est « crispant », comme il l’avait répété en juillet dernier. Si le cannabis est « dangereux », l’édile, interrogé sur sa position personnelle, estimait que la légalisation « mériterait d’être essayée ». Pour Laurent Russier, cette régulation devrait être prise en charge par l’État, en tenant compte des questions de santé publique, étant donné que le cannabis peut être un produit « dangereux ».

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Création d'une brigade canine

En juin dernier, le socialiste Mathieu Hanotin (PS) signait dans L’Obs un appel pour légaliser le cannabis. Pourtant, dans le volet sécurité de son programme présenté en novembre, la tête de liste Notre Saint-Denis a surtout axé sa communication sur la création d’une brigade canine afin de lutter « contre le tourisme de la drogue ». Pour lui, il n’y a pas de contradiction dans ses positions. « Aujourd’hui, il y a clairement une dérive depuis quelques années, avec un certain nombre de cités qui sont devenues des hotspots du trafic de drogues du nord parisien », justifie-t-il. « Si tu veux moins de trafic à Saint-Denis, il faut moins de consommateurs. On peut faire diminuer la demande », est-il convaincu.

Cette brigade canine, avec 3 ou 4 chiens, serait placée à des points d’accès stratégiques de la ville, précise-t-il. Suffisant pour endiguer le trafic ? « Mes propositions ne vont pas empêcher de consommer de la drogue. Je n’ai pas cette prétention », concède-t-il. Mais il veut « envoyer un message ». « Si tu viens acheter de la drogue à Saint-Denis, tu n’es pas le bienvenu », prévient Mathieu Hanotin.

« C’est totalement contradictoire. On ne peut pas à la fois sortir les crocs et en même temps proposer la légalisation », l’attaque Alexandre Aïdara (LREM). Pour le candidat macroniste, « la police nationale a déjà une brigade canine. Il faut se coordonner avec elle ». Lui est opposé à la légalisation du cannabis, sauf à usage thérapeutique. « Sur le court terme à Saint-Denis, je suis totalement contre parce qu’on investit sur la sécurité et l’éducation », souligne-t-il. Néanmoins, la tête de liste Changeons Saint-Denis se dit favorable « sur le long terme » à une « expérimentation au niveau national » par le biais des pharmacies. « Il faudrait faire des États généraux où l’on réunirait un collège d’experts sur le sujet », précise Alexandre Aïdara. Pour lui, il ne faut pas banaliser le produit. « Il faut même pousser les gens à éviter de fumer », pense-t-il.

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Le candidat centriste Houari Guermat (UDI) est le seul candidat totalement opposé à la légalisation. « Je suis contre. Pourquoi ? Dans drogue douce, il y a le mot drogue », dit-il. Selon lui, le trafic de drogues, « c’est un problème de la police nationale, pas de la municipale ». Néanmoins, il préconise lui aussi la création d’une brigade canine, dotée de deux chiens. « Elle appartiendrait à la police municipale. Et elle serait en soutien de la police nationale », assure-t-il, précisant qu’il a fait cette proposition dès septembre… avant Mathieu Hanotin.  

Aziz Oguz 

Combien génère le trafic de drogues ?

En 2016, dans un article publié dans Les Échos, la Division des affaires criminelles et de la lutte contre la délinquance organisée (Dacrido) du tribunal de Bobigny estimait le chiffre d’affaires annuel du trafic de drogue en Seine-Saint-Denis à environ 1 milliard d’euros. Un chiffre très largement généré par la résine et l’herbe de cannabis, et dans une moindre mesure par la cocaïne, l’héroïne et le crack, selon la Dacrido.
AO

Réactions

Laurent Russier comme Bally Bagayoko ont vu étriqué et trop centré sur Saint Denis. Ils ne prennent jamais d'hauteur ni même mesurent les conséquences d'une légalisation. Déjà, il faut voir qui sont les consommateurs. Un, ils n'habitent pas la ville. Et vous penser qu'en légalisant les consommateurs vont venir pour le charme de Saint Denis. Non, ils iront dans les coffee shop à Paris. Ce qu'il restera à Saint Denis, c'est tout ce qui sera illégal (cocaine crack et cannabis fortement dosé). Le problème de la ville est social mais Laurent Russier comme Bally Bagayoko ont des œillères. Je vous rappelle aussi que nos deux champions ont été sur le bon vivre à Saint Denis, le fameux slogan de Didier Paillard. On nous aurait menti...
Bonne idée de demander aux candidats à l'élection municipale leur avis sur la légalisation du cannabis car le trafic est un véritable fléau qui pourrit la vie dans nos quartiers, nos cités et des ados s'y engouffrent de plus en plus comme le dit un candidat. C'est de l'argent gagné facilement mais n'offre aucun avenir à ces jeunes, si ce n'est la mort peut-être mais ils ne s'en rendent pas compte. L'éducation nationale déscolarise de plus en plus par faute de moyens humains dans les établissements et jettent ces jeunes dans les bras des dealers. Cette légalisation ne pourra se faire qu'avec un encadrement de l'Etat avec un budget prévention conséquent avec des interventions dans les écoles dès la primaire, mais aussi l'accompagnement pour ceux qui sont en souffrance et le souhaitent et ne pas laisser tomber "les petites mains de la drogue".Si vous étiez candidats à la présidentielle, je vous dirais : soyez courageux, audacieux. Faites comme ce président de la République qui a aboli la peine de mort alors que la majorité des français n'y était pas favorable. Donc, je dis au futur maire de St Denis de prendre ce problème à bras le corps en demandant au gouvernement de lancer un grand débat national sur le sujet (mais pas dans 10 ans) et de donner les moyens humains à l'éducation nle pour faire correctement leur travail. Appuyez-vous sur les Dionysien-ne-s dans vos démarches. Ne faites pas comme M. Macron qui s'est assis sur les corps intermédiaires dès son arrivée au pouvoir. J'espère qu'il s'en mord les doigts en ce moment !
Azzedine Delacroix militant PS soutien indéfectible d'Ane Hautain, quand pourrez vous faire preuve d'un minimum d'intelligence pour la rédaction de vos contributions. Nous sommes tous fatigués par votre argumentation nulle et ridicule. Mais je pense que prendre un peu de hauteur vous est impossible. Mais peut-être que vous n'y pouvez rien ?
Pourquoi ne pas légaliser? j'ai vécu onze ans à Amsterdam et ce n'est en aucune mesure le même bazar qu'à st-Denis. Quand on légalise, on contrôle...et de toute façon, il y a une réalité : il y a des gens qui fument à chaque coin de rue...autant que la vente soit contrôlée et rapporte de l'argent à l'état plutôt qu'à des mafieux
@solidarité (Pseudonyme non vérifié) J'ai plaisir à lire les interventions d'Azzedine et peu importe qui il soutient. Un regard critique sur l'incurie municipale n'est jamais de trop. Par contre les vôtres... Et bien il n'y en pas, sauf pour critiquer un commentateur qui ne vous plait pas. J'imagine que vous êtes solidaire de "Saint-Denis en grand" avant tout autre chose. Ce qui vous donne une bonne conscience pour pas cher. Sachez que nous ne voulons plus de votre Saint-Denis en gros. Tenez le vous pour dit et chaque jour en ce sens j'allume un cierge à la Basilique pour que votre imbu ne passe pas le premier tour.
@solidarité Savez vous lire en entier les commentaires. J'ai dit que j'étais contre le choix de M. Hanotin (L. Russier et B. Bagayoko d'ailleurs). Pour reprendre Benoit. L'état prendra sa part en cas de légalisation... Mais ce n'est pas pour autant que les endroits ou il sera légal de consommer du cannabis seront Saint Denis. J'aurais voulu de votre part des arguments (qui ceux de laurent russier d'ailleurs) ne tiennent pas la route. Ceux qui consomment du cannabis sont insérés socialement.... Ceux qui en vendent sont en dehors de tous les radars sociaux. Et c'est cela la différence fondamentale pour lesquelles la légalisation ne marche pas. Allez aux pays bas justement... il y a d'autres drogues qui font des ravages. Mais on veux parler que du cannabis socialement accepter. La légalisation n'a pas eu que du bon.

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