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/ Fabien-Mariano Ortiz, court toujours

Fabien-Mariano Ortiz a enseigné cet été, les facettes du métier à de jeunes apprentis de l’école de cinéma Kourtrajmé © DR
Fabien-Mariano Ortiz a enseigné cet été, les facettes du métier à de jeunes apprentis de l’école de cinéma Kourtrajmé © DR

« C’est l’histoire d’un croque-mort chinois qui tombe amoureux d’une prostituée qui vient enterrer son pimp (maquereau). Ça se passe dans le Queens à New York. Ça va s’appeler Thunder in Paradise ! »

Euphorique, Fabien-Mariano Ortiz pitch son prochain court-métrage actuellement en post-production à l’ENS Louis-Lumière. Avec ce nouveau court, il revient à ses premières amours : la Grosse Pomme, ses quartiers emblématiques et son ambiance. « J’ai ressorti ma caméra comme il y a dix ans et j’ai tourné de façon spontanée. Ça répondait à une nécessité pour moi de me sentir vivant ! » Cette envie de vivre par le cinéma, Fabien-Mariano la partage à l’écran mais aussi… à l’école. Car depuis le mois de juin, le réalisateur dionysien porte une autre casquette, celle de formateur.

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Cet été, Ortiz a enseigné les facettes du métier à de jeunes apprentis de l’école de cinéma Kourtrajmé, du nom du collectif fondé en 1994 par les réalisateurs Kim Chapiron, Romain Gavras et Toumani Sangaré. Cédric Ido, le co-réalisateur de La vie de Château (2017) et natif de Saint-Denis, lui a ouvert les portes de cette école fondée en 2018 par Ladj Ly à Montfermeil. Originaire de la cité des Bosquets, l’auteur des Misérables ambitionne de former des réalisateurs, scénaristes et techniciens et, en quelque sorte, leur mettre le pied à l’étrier.

Une aventure à laquelle participe Fabien-Mariano Ortiz et ce jusqu’à la saison prochaine. « J’étais parti pour vivre à New York. Je suis revenu en France pour régler des papiers mais il y a eu la Covid. J’attendais que ça se calme et Kourtrajmé est arrivé. Cela a changé la donne et, finalement, j’ai eu envie de rester. » Pour l’école, Ortiz a encadré et supervisé la réalisation d’une websérie qui sortira en décembre (notre photo).

Réalisateur, formateur et acteur

Parallèlement à cette création, il a aidé au montage et a endossé le rôle d’acteur dans un court-métrage réalisé par un étudiant de Kourtrajmé et présenté au Palais de Tokyo où se tenait l’exposition Jusqu’ici tout va bien qui célébrait les 25 ans de La Haine. Ce film mythique signé Mathieu Kassovitz a impacté une génération de réalisateurs. « Kourtrajmé ne m’a pas vraiment influencé. Je suis passé à côté en réalité. C’est plutôt La Haine qui m’a mis une claque : sa bande originale, le jeu d’acteurs, la mise en scène… C’est une grande œuvre tout simplement et c’est pour cette raison qu’il y a pas mal de jeunes qui sont venus voir l’exposition même s’ils n’ont pas connu cette époque, les années 1990. »

L’entrée à l’école Kourtrajmé est gratuite, sans condition de diplômes, ni limite d’âge. Un concept aux antipodes des écoles de cinéma dites « classiques ». Et Kourtrajmé étend sa toile. Elle a ouvert une antenne orientée vers la formation des techniciens du cinéma cet été à Marseille. D’autres centres de formation seront lancés dans trois villes françaises dont Lille, mais aussi en Afrique : au Sénégal, au Burkina-Faso, au Maroc et au Mali. Pour Fabien-Mariano Ortiz, ouvrir ces écoles permet de redistribuer les cartes.

« L’école Kourtrajmé à Montfermeil comble un vrai manque. Ouvrir dans ce territoire et réserver deux classes pour les habitants de Montfermeil et de Clichy-sous-Bois c’est aussi une façon de dire à ces personnes qu’elles ont le droit de faire du cinéma et que c’est possible, martèle-il. À Saint-Denis, il y a deux écoles de cinéma (l’ENS Louis-Lumière et l’École de la Cité), mais aucun mec de Saint-Denis n’a la sensation d’y avoir accès. Comme le BTS à Suger, je le trouve assez élitiste. Les Dionysiens ne profitent pas assez de ces formations. »

Maxime Longuet

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