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Conservatoire
/ Extension du domaine de la musique

Au Conservatoire de Saint-Denis, la pratique d'ensemble est fortement encouragée. © Yann Mambert
Au Conservatoire de Saint-Denis, la pratique d'ensemble est fortement encouragée. © Yann Mambert

Un dispositif d’inscriptions plus juste, un agrément du ministère de la Culture, une ouverture sur la ville et une Maison des pratiques artistiques et amateurs à l’horizon 2022… Voici la liste non-exhaustive des signes du dynamisme du conservatoire. Le Conservatoire de Saint-Denis clôturait ses inscriptions la semaine dernière. Malgré quelques places vacantes dans des ateliers et cursus musicaux, Damien Charron, son directeur, est satisfait du système d’inscriptions par tirage au sort qu’il a mis en place depuis deux ans. Pour établir l’ordre de passage des entretiens, l’école de musique a proposé que les candidatures soient tirées aléatoirement.

« Venir de Floréal ou de la Plaine, c’est compliqué. Nous ne voulions plus pénaliser les Dionysiens qui ne vivent pas en centre-ville et leur éviter les queues à 5 h du matin qui sont démotivantes », explique Damien Charron qui estime que le Conservatoire est sous-dimensionné.

Il y a trois ans, la structure accueillait 700 élèves pour 115000 habitants, soit 0,6% de la population contre 1 à 2% pour la moyenne nationale. Damien Charron en est convaincu, le tirage au sort est l’un des outils les plus efficaces pour pallier ce sous-dimensionnement. « La première année du tirage, nous avions 270 candidats en plus et 330 cette année. Pour le mois d’octobre 2019, nous avons 870 inscrits à moyens constants », se félicite le directeur. 

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Donner sa place à tous les instruments

Une autre bonne nouvelle a marqué la rentrée du Conservatoire. Celui-ci s’est vu obtenir l’agrément pour sept ans du ministère de la Culture. Signe d’une reconnaissance du travail mené dans les quartiers, dans le développement des musiques populaires – le Conservatoire propose de la musique klezmer, celtique, cubaine, bretonne – mais aussi dans sa façon inédite d’encourager les pratiques collectives.

« Nous travaillons beaucoup sur l’orientation des instruments. Tout le monde veut faire du piano, de la guitare ou du violon. Mais nous n’avons pas le nombre d’heures pour satisfaire la demande. En plus de cela, il n’y a pas de sens pédagogique car ce que nous voulons c’est encourager les pratiques collectives. Pour cela, il faut connaître les instruments plus rares pouvant s’intégrer dans des ensembles comme le saxo, la contrebasse, le trombone, détaille Damien Charron avant d’ajouter : aussi, depuis 2016, notre classe d’élèves de 1er cycle de piano associe la pratique musicale, la formation musicale et la pratique d’ensemble. Ce cursus mené par l’un de nos professeurs de piano Fabien Cailleteau, est une classe pilote en France. »

Conforté dans son orientation pédagogique, le Conservatoire développe son ouverture sur la ville. Ce qui concorde avec le schéma d’orientation culturelle de la municipalité. À présent, les regards sont tournés vers la future Maison des pratiques artistiques et amateurs dont les plans ont été dévoilés la semaine dernière.

L’architecte Jean-Pierre Lott a été retenu pour mener à bien le projet qui ne devrait pas sortir de terre avant 2022. Cette structure, qui sera bâtie à l’emplacement du commissariat place du 8-Mai-1945, comportera trois salles de danse, un auditorium modulable de 400 m2 pour 175 places assises et 400 debout, 42 salles de cours (toutes pratiques confondues, soit 6 de plus pour le Conservatoire), 4 studios de répétition, une grande salle pour les associations, 1 studio d’enregistrement… Bref, un bâtiment qui fera basculer le Conservatoire de Saint-Denis dans une nouvelle dimension.

Maxime Longuet