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Avenue du Colonel Fabien
/ Enfin traverser en paix

Le Conseil départemental a présenté les futurs aménagements pour pacifier l’avenue du Colonel-Fabien. Fini « l’autoroute urbaine », place au boulevard urbain. Plateaux ralentisseurs dans les carrefours et voies réservés aux bus et vélos sont annoncées.
Avec 60% de véhicules ne respectant pas les limitations de vitesse, l'avenue du Colonel Fabien est une véritable autoroute urbaine
Avec 60% de véhicules ne respectant pas les limitations de vitesse, l'avenue du Colonel Fabien est une véritable autoroute urbaine

Avenue Sébastien Loeb ou Boulevard Alain Prost seraient sans doute des noms plus appropriés tant les véhicules motorisés y déboulent à vive allure. Au nord de la ville l’avenue du Colonel Fabien, est de ces autoroutes urbaines (26 000 véhicules/jour) qui balafrent les quartiers et font courir un risque certain à leurs habitants (500 écoliers et collégiens la traversent chaque jour). Un danger qui s’est matérialisé récemment. Vendredi 30 novembre, un frère et une sœur de 8 et 12 ans ont été violemment percutés par une automobiliste alors qu’ils traversaient la chaussée, à hauteur du magasin Leader Price. L’accident a marqué les esprits des riverains qui réclament de longue date, avec la mairie (1), la pacification de l’avenue. 
 

Une portion à 30 km/h

En charge de l’axe routier, le département avait diligenté il y a plusieurs mois déjà des études dont il a présenté le résultat, jeudi 24 janvier à l’occasion d’une réunion publique à l’Auberge municipale de Saint-Denis. Sur le modèle des récents aménagements des boulevards Ornano et de la Libération, les services du département proposent de passer, dès l’été 2019, l’actuelle quatre voies en deux fois une voie, avec un couloir réservé aux bus et vélos.

Au niveau des croisements avec les rues du 19 mars 1962 et des Martyrs de Châteaubriant, deux plateaux ralentisseurs seront créés et les traversées piétonnes seront modifiées et simplifiées. « Les feux de signalisations sont trop nombreux et la situation est de fait peu lisible pour les automobilistes, ce qui peut être source d’infraction, » selon Vincent Malard chef du bureau aménagement durable au conseil départemental. Entre ces deux traversées surélevées, la vitesse sera réduite à 30 km/h. Coût de l’opération 500 000 €. Dans une deuxième phase en 2020, les services du département s’attacheraient à rapprocher les arrêts de bus des traversées piétonnes, à élargir les trottoirs place Lucien-Sampaix, à créer un véritable carrefour au croisement avec la rue Max-Jacob et à réaménager les trottoirs côté stade Auguste-Delaune.
 

Un radar, mais lequel ?

Si la cinquantaine d’habitants présents a réservé un accueil plutôt favorable à cette série d’annonces, les questions et propositions n’ont pas manqué. « De 16h à 20h, tout le monde roule déjà au pas, s’élève un des riverains. En réduisant les voies ça va être terrible en terme de pollution, sans parler de ceux qui vont klaxonner. Pourquoi ne pas essayer plutôt les passages piétons en 3D, moins compliqués à mettre en œuvre ? » La solution est jugée peu adaptée par les techniciens du département. « Compte tenu de la fréquentation de la route, l’illusion d’optique s’effacerait rapidement et serait rendue inopérante, » selon Vincent Malard. « Le problème c’est que les gamins traversent sans attendre que le feu passe rouge, souligne un autre habitant. Il faudrait faire plus de sensibilisation dans les écoles. » Une autre intervention tend elle, à prévenir du risque de rapprocher les arrêts de bus des traversées piétonnes : « Les automobilistes qui voient un bus à l’arrêt ont tendance à accélérer encore davantage pour le doubler. »

Sur une route où 60% des véhicules roulent en excès de vitesse, la question du radar s’est invitée inévitablement dans les échanges. « Je ne suis pas pour le tout répressif. Si on en installe un, je préfère ceux pédagogiques qui indiquent la vitesse, » tempère un habitant. D’autres en revanche se montrent favorables à un radar fixe avec amende, ou à la mise en place de la vidéo verbalisation. Mais pour les services de l’État, également présents dans la salle, l’avenue du Colonel Fabien n’est pas considérée comme prioritaire : « On y a constaté 5 accidents entre le 1er janvier 2017 et le 31 mars 2018, quand on en a enregistré 26, boulevard Anatole-France et 20, avenue Wilson sur la même période. »

En conclusion de la réunion pour le conseiller départemental Mathieu Hanotin (PS), « l’objectif est d’agir vite afin de produire des résultats rapidement pour les habitants des deux quartiers concernés et faire de cette route un exemple. » Le problème étant qu’en matière de sécurité routière on ne résoudra pas tous les problèmes par les seuls aménagements de voirie. « L’ennemi est d’abord le chauffard ou la chauffard », comme l’a souligné Mathieu Hanotin dans son introduction.

Yann Lalande

 

  1. « La première demande en ce sens de la ville de Saint-Denis remonte à 2004, alors que cette voirie était encore du ressort de l’État, » rappelle Florence Haye (FDG) élue du quartier en charge d’animer la réunion publique. La municipalité a ensuite plusieurs fois sollicité le département, gestionnaire de l’avenue. La dernière fois en 2016.

Réactions

Les constructeurs automobiles européens dépensent des milliards d'euros en publicité. Leurs spots publicitaires, diffusés sur internet et sur les chaînes de télévision, sont basés sur la vitesse et la puissance des véhicules vendus. Le groupe PUBLICIS conçoit des vidéos et des messages flattant les instincts les plus bas de l'homme, afin de provoquer l'acte d'achat. D'autre part, le long des routes départementales de Seine-Saint-Denis, les cheminements piétonniers restent dans un état lamentable et aucun investissement n'a été réalisé dans les pistes cyclables. Pour le Conseil Général de Seine-Saint-Denis, les piétons et les cyclistes ne comptent pas. Dés lors comment s'étonner du nombre de piétons accidentés et tués sur les routes départementales de Seine-Saint-Denis ?

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