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/ Encore des marches à gravir

Accessibilité. La Journée mondiale des mobilités et de l’accessibilité, le 30 avril, est l’occasion de faire le point sur les actions en faveur de l’accessibilité des lieux publics pour les personnes en situation de handicap à Saint-Denis. Une démarche longue à mettre en œuvre.
Quand on parle d’accessibilité, on pense d’abord aux personnes en fauteuil roulant. Mais d’autres handicaps, comme la surdité ou la cécité, nécessitent aussi un dispositif adapté.
Quand on parle d’accessibilité, on pense d’abord aux personnes en fauteuil roulant. Mais d’autres handicaps, comme la surdité ou la cécité, nécessitent aussi un dispositif adapté.

Récompensée en 2017 par un Sésame d’or de l’AMIF (Association des maires d’Île-de-France), Saint-Denis a plus d’un tiers de ses 157 ERP (établissements recevant du public) accessibles. « Une loi de 2005 obligeait tous les propriétaires d’ERP à les mettre en accessibilité dans les dix ans à venir. Cet objectif étant trop difficile, une ordonnance de 2014 impose de mettre en œuvre à la place un agenda d’accessibilité programmée (Ad’AP) qui consiste à fixer un calendrier et le financement des travaux », rappelle Émilie Elaïdi, chargée de mission Handicap à la Ville. En 2015, 95 ERP ont été inscrits dans l’Ad’AP de Saint-Denis, avec un coût de travaux total estimé à 14 millions d’euros. Pour 2019, 1161200 euros ont été budgétisés. 
 

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Un groupe scolaire accessible par quartiers

« La Ville a dû prendre des décisions stratégiques, en priorisant par exemple la mise en accessibilité d’au moins un groupe scolaire par quartier », explique Raphaële Serreau, conseillère municipale déléguée au handicap. Ces grands chantiers (classes, restauration, centre de loisirs…) s’étalent souvent sur plusieurs années et représentent un coût variant entre 100 000 et 400 000 euros. En 2019, la mise en accessibilité concernera les groupes scolaires Paul-Langevin et Jules-Vallès, ainsi que les écoles Jean-Vilar et Puy-Pensot. Les sanitaires de la salle de la Légion d’honneur seront également concernés.

Autre volonté politique : « Nous essayons de rendre tous les ERP progressivement accessibles pour au moins garantir l’accès au bâtiment même si tous les étages ne le sont pas encore, mais cela reste lent à mettre en œuvre », admet Émilie Elaïdi. Depuis 2015, tous les équipements sportifs sont accessibles aux PMR (personnes à mobilité réduite), certains de manière partielle. Sont aujourd’hui totalement accessibles : le Petit Stade, le gymnase Pasteur, le stade Auguste-Delaune, La Raquette, le gymnase Aimée-Lallement, le gymnase IrènePopard. Les autres équipements sportifs de la Ville ont leur dernier étage non accessible. À la piscine La Baleine, ce sont les trois ascenseurs défectueux qui vont être repris par la Ville en 2019, suite à des problèmes rencontrés avec la société gérante. « Pour monter au bassin il faut passer par des escaliers. Je faisais de l’aquagym avant, mais c’est impossible pour moi maintenant », regrette Marie-Lorraine, 76 ans, obligée de se déplacer avec deux cannes. 
 

Les lieux publics plus ou moins pourvus

 Concernant les lieux publics, Huguette, qui circule en fauteuil roulant électrique, constate que « peu d’entre eux sont tout à fait accessibles. Il y a la mairie, les hôpitaux, le musée d’art et d’histoire de Saint-Denis, la Poste… Les commerces utilisent de plus en plus de passerelles mais certaines sont trop étroites. Je leur mettrais globalement la note de 5/10 ». Cette femme de 77 ans regrette aussi que « les églises soient peu accessibles, la rampe de la basilique est mal structurée ». Des lieux culturels comme la Ligne 13 ne sont pas encore adaptés pour les PMR, tandis que le cinéma l’Écran accueille les personnes en fauteuil et dispose de matériel pour les personnes malentendantes. Quand on parle d’accessibilité, on pense d’abord aux personnes en fauteuil roulant. Mais d’autres handicaps nécessitent aussi un dispositif adapté. En 2015-2016, tous les équipements avec accueil du public ont été équipés de boucles magnétiques pour amplifier les sons pour les malentendants, des balises audio ont aussi été installées à l’entrée d’une trentaine de bâtiments.

« À Saint-Denis, il est cependant difficile pour des personnes sourdes de trouver un lieu d’information avec des personnes qui communiquent en langue des signes. Je connais un couple de sourds qui a déménagé à Montreuil car il y a une permanence administrative gratuite pour les signants, alors qu’ici non », illustre Giselle Archange, assistante sociale au Centre Simone-Delthil.
 

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Manque de formation

 Concernant les activités culturelles et sportives, elle constate également « une auto-censure de certains parents qui ont peur de laisser leurs enfants, mais aussi un manque de formation des professionnels, qui craignent parfois une mise en danger de l’enfant. C’est le cas par exemple des enfants sourds à la piscine, qui ne sont pas acceptés dans certains cours de natation » (1). Les situations varient parfois d’un encadrant à un autre.

« Au conservatoire, une petite fille sourde avec un implant apprend la musique grâce à un professeur qui adapte un peu son cours. Accueillir des enfants en situation de handicap est possible, mais cela demande aux enseignants plus d’attention », estime l’assistante sociale. Catherine Soulié, directrice générale de l’association Vivre autrement, souligne également que « le personnel devrait être formé sur les handicaps psychiques. Il faut avoir une attitude bienveillante, être patient, ne pas les renvoyer à un site Internet ».
 

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Enfin, si la Ville a fait des efforts louables concernant les accueils de loisirs pour les enfants porteurs de handicap, les parents sont parfois obligés de scolariser leurs enfants dans d’autres villes, selon les spécificités de leur handicap. Catherine Soulié le rappelle : « L’accessibilité, c’est un travail de longue haleine avec de gros investissements. Saint-Denis a une politique volontariste, mais cela ne se fera pas en quelques jours. »

 

Delphine Dauvergne

(1) Le Sdus, par exemple, accueille dans ses cours de natation des enfants handicapés (autisme, surdité…).
 

Évaluer les besoins

Créée en 2017, la commission communale d’accessibilité de Saint-Denis réunit habitants, représentants d’associations ou encore professionnels du monde médico-social. Son objectif : « étudier l’accessibilité au sein de la ville et faire remonter les besoins des concernés. Elle ne s’est pas réunie en 2018 à cause d’une vacance du poste de chargée de mission Handicap », explique Émilie Elaïdi. Toujours à la recherche de participants, la commission devrait aussi créer des groupes de travail thématiques. Elle présentera son rapport annuel au conseil municipal fin mai.
DDa

Réactions

Dans quelques années, les flottes de véhicules autonomes donneront plus de mobilité aux personnes en situation de handicap. Le coût des courses devrait être abordable (à cause de la concurrence entre ces flottes de voitures autonomes). Le développement des robots livreurs devraient aussi aider les personnes à mobilité réduite. Il faut attirer en Seine-Saint-Denis et à Plaine Commune les startups qui cherchent à résoudre les problèmes des personnes en situation de handicap.
Euh les travaux de la station basilique sans accès handicapés on en parle ? les gens assignés à résidence à cause de cela on en parle ?

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