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/ En 20 ans, le Stade de France a tout changé

L’enceinte sportive, inaugurée en 1998 pour le Mondial de foot, a considérablement transformé la Plaine. Logements, commerces, couverture de l’A1, création de deux gares RER… Un dynamisme que pourraient relancer les JO 2024 ?
Dimanche 28 janvier 2018, le Stade de France fête son vingtième anniversaire.
Dimanche 28 janvier 2018, le Stade de France fête son vingtième anniversaire.

Inauguré le 28 janvier 1998, le Stade de France a changé le visage de Saint-Denis. Outre l’enceinte de plus de 80 000 places, deux nouvelles gares sont construites, l’une sur la ligne B au sud du stade, l’autre sur la ligne D au sud-ouest. L’autoroute A1, qui séparait la Plaine en deux depuis les années 1960, est recouverte au niveau de l’avenue du Président-Wilson. Le maire de l’époque, Patrick Braouezec, avait posé comme conditions ces travaux d’infrastructures pour la construction du grand stade. C’est le coup d’envoi d’une transformation en profondeur du sud de la Ville, dont les usines ont subi de plein fouet la désindustrialisation amorcée dans les années 1970. Un nouveau quartier tertiaire, mêlant des bureaux de grandes entreprises, des commerces et des nouvelles habitations pour la classe moyenne, va émerger.

Le Stade de France marque la fin du déclin démographique local. En 1999, la population dionysienne avait chuté à 85 832 personnes, contre 99 268 en 1968. Aujourd’hui, selon l’Insee, Saint-Denis a franchi le seuil des 111 000 habitants. « Le stade a apporté un énorme changement », témoigne Victoria Chabran, présidente de l’Union des associations des riverains du Stade de France, qui regroupe dix structures dionysiennes. Après l’édification de l’enceinte sportive, elle a vu la progressive transformation de la Porte de Paris, où elle habite depuis 1994. « Si quelqu’un de 1998 revenait aujourd’hui dans le quartier, il ne le reconnaîtrait plus », souligne-t-elle.

La naissance d’un véritable quartier

Le quartier Stade-de-France, situé à côté du canal, a été créé ex nihilo, comme en attestent les noms donnés à ces voies : avenue Jules-Rimet, rue du Mondial-1998 ou Jesse-Owens. Christian Fiandino réside, lui, rue de l’Olympisme. Il fait partie de la première vague d’habitants en 2001. Il n’y a alors que le Quick, le Decathlon et le cinéma Gaumont, lancés la même année que le stade. « Au début, il n’y avait pas de vie. Le quartier commençait à se construire », se souvient le président de l’association des riverains du Stade de France. Des institutions, comme Plaine Commune, y installent leurs bureaux. Leroy Merlin ouvre ses portes. 

Les deux écoles, maternelle et élémentaire, sont inaugurées en 2005. Cette même année, les riverains fondent leur association. « On s’est battu pour avoir des commerces de proximité », raconte Christian Fiandino. Autour de sa placette, le quartier a aujourd’hui sa boulangerie, son bar-tabac, sa supérette, ses restaurants et sa pharmacie. Ce coin résidentiel est « tranquille », de l’avis de ses habitants. Mais ils doivent franchir le canal pour accéder à la médiathèque ou au bureau de Poste situés à Franc-Moisin. De l’autre côté, la situation de ce grand ensemble HLM n’a pas changé, toujours miné par le chômage et la délinquance, malgré l’attractivité du Stade de France. Le pont mobile est le symbole de cette fracture. Depuis sa construction en 2003, il tombe régulièrement en panne. Au printemps 2017, des Dionysiens des deux rives se sont mobilisés pour demander qu’une solution pérenne soit trouvée.

L’épineuse question sécuritaire

Majestueux édifice dans le paysage, le Stade de France devient un voisin encombrant les jours d’événement. « On ne peut plus se garer dans le quartier », déplore Christian Fiandino. « À la fin d’un match, j’ai attendu plus d’une heure avant de rejoindre mon parking, raconte Kader Zarfaoui, père de famille. Depuis les attentats, ils contrôlent plus, même les enfants. » Après les attaques du 13 novembre 2015, les conditions de sécurité se sont durcies. 

Par exemple, pendant l’Euro 2016, dès la Porte de Paris, seuls les spectateurs munis d’un billet étaient autorisés à emprunter la passerelle pour accéder au Stade. À cause de ce durcissement, les clients véhiculés, eux, évitent le secteur. « Les commerces les plus pénalisés sont Leroy Merlin, Decathlon et Truffaut », explique Yvane Quintrec, présidente de l’Association pour le développement et l’animation du quartier Stade de France (Adaq). Les restaurateurs, eux, font le plein. « Les commerces de bouche ne pourraient pas fonctionner sans les événements du stade », souligne-t-elle. 

Mais au-delà de cette question sécuritaire, la représentante constate une dégradation du chiffre d’affaires des commerçants depuis le départ de plusieurs sociétés, comme Canal + et Dell, et l’extension du stationnement payant en octobre. « Cela reste un lieu privilégié, mais il a besoin d’être revivifié », estime la représentante. Son association a le projet de mettre en place des navettes pour faire venir des employés de la Plaine. « Notre quartier commerçant est mal connu des salariés du côté du RER B et D. » La mue enclenchée par le Stade de France est encore inachevée. Les Jeux olympiques et paralympiques de 2024 ouvriront-ils un nouveau chapitre ?

Aziz Oguz
 

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Réactions

Le Stade de France accueille chaque année plusieurs grandes rencontres du championnat Top14 de rugby professionnel. Ce sport oppose des joueurs de plus en plus lourds rapides et musclés. En conséquence les commotions cérébrales se multiplient. Au point de faire réagir les médecins neurologues. Pour générer davantage d'audience et de droits TV le rugby professionnel est devenu un sport de combat. Quel syndicat défend la santé des joueurs de rugby ? A quand un accident grave au Stade de France ?
Franchement se gargarisé d'un équipement ou la majeur partie de la population n'a pas les moyens d'y mettre les pieds... C'est fort quand même. Comme ceux qui se gargarisent d'une piscine olympique comme si les gamins de la ville allaient y aller. Pour les 20 ans, il s'y sont aller pour faire le chiffre 20. Mais pas de spectacle, ni de match pour eux. Il n'y a qu'un réalité.... L'argent. Pour rappel, l'état, donc nous, à donner une compensation à propriétaire car il y trouvait pas son compte... Le stade est plein, il gagne, Le stade est vide, il gagne car on paie la différence. Il y a une ministre qui a dénoncé ce contrat. Donc, à part célébrer le gouffre financier.... Je ne vois pas ce qu'il a fêté. C'est bien beau de vouloir des équipements. Encore faut il l'assumer.