Cultures

Chapiteau Raj’Ganawak
/ Elles ouvrent le bal

Tous les premiers vendredis du mois, il est possible de prendre des cours de danse folk au chapiteau Raj’ganawak avec le collectif « le Bal s’ouvre ». Quatre Dionysiennes sont à l’origine de cette initiative.
Le collectif  le Bal s’ouvre » initie, en ateliers, aux danses de bal.
Le collectif le Bal s’ouvre » initie, en ateliers, aux danses de bal.

Elles sont quatre Dionysiennes à avoir accordé leurs pas pour une envie partagée : ouvrir le bal – folk – à un public urbain, cosmopolite et jeune. Leur collectif créé il y a deux ans a l’originalité de croiser l’organisation de bals dans des lieux publics avec la transmission en atelier d’initiation. Une forme d’adaptation au terrain, aussi bien qu’un engagement pour la pédagogie qui leur sert de fil d’Ariane. Francesca et Séverine, deux d’entre elles, ont de l’enthousiasme et de la tchatche à revendre.

À l’origine de leur rencontre, un coup de foudre commun pour la danse de bal, qu’elles défendent chacune à leur manière, en fonction de leurs expériences. Séverine, la danseuse contemporaine, admire le mélange de technique et de simplicité
« J’aime bien le principe qu’il y ait une structure simple, avec quatre-cinq règles. Et si on réduit à trois règles, ça reste de la danse ! » Une petite dose de tradition qu’elle décrit comme essentielle dans la pratique d’un art. De son côté, Francesca adore la joie et l’énergie qui se dégagent des danses de bal, surtout quand les traditions et les cultures se mélangent. Elle se souvient de rondes énormes où des personnes de différentes nationalités effectuent ensemble un même pas.
 

Mélanger les styles

Le collectif s’apprend par le corps, à les entendre, et dans des lieux comme Saint-Denis où il n’y a pas une mais des cultures traditionnelles, l’enjeu est de trouver du commun… Pour ne pas se marcher sur les pieds ou exclure des gens. Mazurka, valse, cercle circassien, champenoise, le bal que ces Dionysiennes défendent croise les styles et les traditions.

« On fait bien du bal folk et pas du bal traditionnel, qui est spécifiquement relié à la tradition d’une région. Nous, ce qui nous intéresse, ce n’est pas le folklore. C’est pour ça qu’on se permet de mélanger les styles. » Un des derniers ateliers portait d’ailleurs sur le Dabkeh, une danse de bal pratiquée dans des pays du Moyen-Orient. Des enfants syriens réfugiés étaient venus accompagnés par leurs pères pour passer un moment ensemble autour d’une danse qu’ils connaissaient. Séverine et Francesca voient dans ce type de rencontre un moyen d’ouvrir le bal à « un autre public que la rue des Ursulines ».

La formule du cours avec public ciblé est une piste pour ces passionnées de transmission. Elles gardent cependant un œil critique sur leur position « d’enseignantes ». « Pour beaucoup, apprendre une danse de bal, ça les barbe. Car la danse, c’est aussi une fête. C’est ça la limite avec la pédagogie. Jusqu’où les danses s’apprennent en cours et à quel moment on les dévoie en cherchant à les enseigner ? », analyse Séverine.

 

Des bals impromptus

Séverine et Francesca s’identifient aux artistes du chapiteau Raj’ganawak avec qui elles collaborent depuis les débuts, et de la Briche, d’où vient Wiebke, l’une des quatre collaboratrices. « Ces artistes sont dans le faire. Ils sont proches de l’artisanat », affirme Séverine. En écho à cette philosophie made in Seine-Saint-Denis, « le Bal s’ouvre » réfléchit à mille façons d’occuper de nouveaux lieux en ville, pour ramener la danse collective dans l’espace public. « On aimerait beaucoup faire des bals impromptus dans Saint-Denis. Avant, les places étaient faites pour danser », explique Séverine. Une de leurs plus belles victoires à ce jour est d’avoir fait bouger la place de la gare l’été dernier. « Beaucoup de monde dansait. Et beaucoup de monde regardait », note Francesca. Espérons qu’avec le retour des beaux jours, les rondes, mazurkas et Dabkeh refassent leur apparition sur les pavés dionysiens. 

Alix Rampazzo
 

Prochain atelier du « Bal s’ouvre » vendredi 5 avril, de 19h30 à 21h, au chapiteau Raj’ganawak (3, rue Ferdinand-Gambon). Participation : 5€ + adhésion à l’association 1€. Facebook @ Le Bal s’ouvre. Infos par mail : lebalsouvre@gmail.com

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