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Confinement
/ Drôle d'automne au Stade de France

Après le premier confinement du printemps, mettant en suspens ses manifestations pendant plusieurs mois, le second de l’automne enfonce le clou et fragilise économiquement le Stade de France. Malgré le retour des matches de football et de rugby avec peu ou pas de spectateurs, l’ambiance reste morose.
Le 11 octobre, le France-Portugal (0-0) de la Ligue des Nations de l’UEFA s’est joué devant 1 000 spectateurs, jauge autorisée à l’époque. Le Stade de France semblait déjà bien vide… © C. Dyvrande
Le 11 octobre, le France-Portugal (0-0) de la Ligue des Nations de l’UEFA s’est joué devant 1 000 spectateurs, jauge autorisée à l’époque. Le Stade de France semblait déjà bien vide… © C. Dyvrande

Il n’est pas loin de 23 h lorsque l’arbitre bulgare Nikola Popov siffle la fin de la rencontre de football entre la France et la Finlande au Stade de France. Les champions du monde français s’inclinent 2-0 et ont livré une prestation très moyenne. Généralement, après avoir assisté à une telle partie, le public présent pourrait accompagner la sortie des joueurs de sifflets nourris. Mais, en ce soir du 11 novembre, seul le brouhaha de la tribune de presse et la joie légitime des joueurs finlandais sur la pelouse se font entendre. Le confinement en vigueur depuis le 30 octobre a contraint les fans de football à apprécier (ou non) le match à la télévision.

Manque à gagner de plusieurs millions

Un énième coup dur dans une année plus que compliquée. Car depuis mars 2020, l’antre dionysien, devant se plier aux mesures sanitaires « comme l’ensemble des enceintes sportives professionnelles, fait l’objet de mesures administratives de restriction ou de fermeture de son exploitation, sans discontinuité », explique Loïc Duroselle, directeur de la programmation et des relations institutionnelles du Stade de France. Manifestations sportives et culturelles reportées ou annulées, activités annexes réduites, le printemps a provoqué un manque à gagner de plusieurs millions d’euros au consortium.

IMAGE : Le mondial de rugby s'arrêtera à Saint-Denis

Suite au déconfinement, l’été a permis d’organiser à nouveau des rencontres sportives professionnelles avec une jauge de 5 000 spectateurs en premier lieu, réduite finalement à 1 000 puis à 0 au fur et à mesure que la deuxième vague de Covid-19 frappait l’Europe. Si le sport professionnel se poursuit au Stade de France avec notamment les matches des équipes de France de rugby et de football, rien d’autre n’est organisé depuis « si ce n’est l’accueil de bureaux d’entreprises en location », concède Loïc Duroselle. Concrètement, sur le plan financier, l’automne a creusé les pertes, provoquant une quasi-absence de chiffre d’affaires.

Attaché à la préservation des emplois

« Le modèle économique du Stade repose sur l’accueil de public. C’est une situation totalement inédite par l’ampleur des pertes qu’elle génère pour le consortium qui prévoit un déficit de l’ordre de 20 millions d’euros en 2020, soit un tiers de son budget annuel. À cela s’ajoute le fait que les perspectives pour 2021 ne sont pour le moins pas très rassurantes… », se désole le directeur de la programmation et des relations institutionnelles. Pour autant, l’avenir des salariés – entre 50 et 75 % d’entre eux ont fait l’objet d’une mesure d’activité partielle – n’est pas menacé au consortium, qui rappelle son attachement « à la préservation de l’emploi ».

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L’État, propriétaire salué par les dirigeants du Stade pour ses mesures de droit commun prises au printemps, est malgré tout mis devant ses responsabilités et appelé à agir : « Nous l’avons alerté à plusieurs reprises sur la nécessité de faire jouer la force majeure, comme cela est prévu au sein du contrat qui nous lie. À ce jour, à part quelques échanges informels, nous n’avons reçu ni réponses, ni propositions sur les mesures conservatoires à mettre en œuvre. L’État doit sortir du silence, cette situation n’est pas tenable. » Le Stade de France espère désormais le retour du public dans les enceintes sportives début 2021.

Le premier événement programmé dans l’enceinte dionysienne est la rencontre de rugby France-Italie comptant pour le Tournoi des Six Nations, dimanche 28 février. Le groupe Indochine, le 19 juin, puis Lady Gaga, le 25 juillet, doivent s’y produire en concert. L’espoir d’assister à de meilleurs lendemains.

« Depuis le début de la crise, nous travaillons main dans la main avec les organisateurs d’événements, les fédérations, les producteurs, pour nous préparer à tous les scénarios de reprise, dans le cadre de protocoles sanitaires exigeants. Je veux d’ailleurs saluer l’esprit de solidarité qui a été celui de tous ces acteurs. Nous nous serrons les coudes car nous ne sortirons de cette situation qu’ensemble. Mais n’ayez aucune inquiétude, à la minute où les autorités nous permettront d’accueillir du public, nous serons prêts ! », conclut Loïc Duroselle.

Christopher Dyvrande
 

Les travaux se poursuivent

Malgré le confinement, les travaux de rénovation du Stade de France « suivent leur cours sans aucune inquiétude sur les délais ou les budgets prévus initialement, déclare Loïc Duroselle, précisant que tout est en cours de réalisation. Nos équipes sont mobilisées et leur activité sur ce sujet ne s’est jamais interrompue. »

D’un montant de 50 millions d’euros, les opérations concernent la réfection de plusieurs domaines (éclairage, vidéosurveillance, restauration, loges, espaces médias) et l’ajout de places pour les personnes en situation de handicap. Le consortium, en place jusqu’en 2025, assure qu’il sera au rendez-vous des échéances que sont la Coupe du monde de rugby 2023 et les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024.

ChD.

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