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Association Parazar
/ Des mots doux pour les victimes de violences conjugales

L’association Parazar invite les Dionysiens à écrire une lettre aux femmes victimes de violences conjugales pour les encourager à quitter leur bourreau. Pour ce faire, des boîtes aux lettres ont été disséminées dans la ville avant qu’une partie des courriers ne soit lue samedi 30 novembre.
Vous pouvez poster vos lettres à la librairie Folies d’Encre, au centre socioculturel le 110 ou encore à l’Écran. © Olivia Kouassi
Vous pouvez poster vos lettres à la librairie Folies d’Encre, au centre socioculturel le 110 ou encore à l’Écran. © Olivia Kouassi

« Si l’homme qui me frappe apprend que j’ai déposé une main courante, sa vengeance sera double, voire triple. » Ces quelques mots font partie de la dizaine de lettres lues au mois de mars au musée d’Art et d’Histoire à l’initiative de l’association Parazar. L’objectif de cette lecture : inciter les Dionysiens à écrire pour encourager les femmes victimes de violences conjugales à quitter leur bourreau ou à prendre la parole.

« On s’est rendu compte à quel point nous manquons de lieux où discuter, échanger et écouter autour de ces thématiques », détaille Nouria Diallo-Ouedda, présidente de l’association depuis juin. Parazar existe depuis 2002 et avait pour ambition de faire la promotion d’artistes locaux. Contraction du mot Hasard et Art, l’association essaie de créer échanges et réactions autour d’un projet artistique. Elle utilise le biais de l’art pour pointer du doigt des problématiques qui touchent les habitants de Saint-Denis. « Les rencontres hasardeuses autour d’un projet artistique peuvent donner lieu à des interactions enrichissantes, et c’est ce que nous essayons de provoquer », précise Nouria. 

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Un projet épistolaire

Le projet d’écriture, appelé Ma sœur, t’as du courrier ! se renouvelle cet automne. « Cela concerne tout le monde », argue la présidente de l’association qui appelle les commerces de la ville à mettre devant leur enseigne une de leur boîte aux lettres. Elles ont été disséminées dans tout le centre-ville depuis le mois d’octobre pour permettre d’y glisser des mots d’encouragement, de soutien ou encore des confidences. Une quinzaine de lettres ont d’ores et déjà été récoltées.

On peut trouver ces boîtes à la librairie Folies d’Encre, au centre socioculturel 110, au cinéma l’Écran et bientôt dans les locaux de l’association des femmes de Franc-Moisin ainsi qu’à la maison de quartier Pierre Sémard. Une partie des lettres « postées » seront lues à l’occasion de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes le samedi 30 novembre à 16 h au musée d’Art et d’Histoire. « Il est temps que l’on se rassemble contre ce fléau », s’exclame Nouria. Pour changer les choses il faut que les femmes se regroupent entre elles mais il faut aussi impliquer tout le monde ».

La lecture de ses lettres provoque souvent de multiples réactions. « Nous avons lu la lettre d’une personne qui entendait sa voisine crier. Dans le courrier elle disait qu’elle avait fini par déménager parce qu’elle ne supportait pas de ne pas pouvoir l’aider, se souvient, derrière ses lunettes, la membre de l’association. C’est une lettre qui a créé débat et qui questionne aussi l’entourage : que faire et comment pour venir en aide à ces femmes battues ? Que fait-on collectivement pour aider ? »

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De multiples initiatives

L’association locale, composée d’une quinzaine de personnes, majoritairement des femmes, bénéficie de subventions municipales pour rémunérer les artistes qu’elle met en avant. Hyperactive, elle est à l’origine de multiples initiatives comme la mise en place d’un théâtre participatif. Des ateliers pour enfants et adolescents sont d’ailleurs organisés le mardi de 17h à 18h30 pour les primaires et le mercredi de 17 h à 18h30 pour les collégiens à la Maison de la Jeunesse (12, place de la Résistance-et-de-la-Déportation).

Parazar prône l’éducation populaire : créer du lien entre des communautés qui se côtoient mais qui ne se parlent pas. En 2012, l’association avait notamment mis en scène avec des collégiens et à travers la danse hip-hop, Roméo et Hayet, une histoire d’amour entre un Rom et une Maghrébine. Certains rôles avaient notamment été joués par des habitants du terrain Voltaire. Parazar essaie aussi de sensibiliser à des problèmes du quotidien comme avec la parade des Poussettes en 2018. Le mouvement consistait en une balade à travers la ville avec poussettes et fauteuils roulants pour mettre en avant les problèmes d’accessibilité de la ville. Le collectif met, cette année, un projet vidéo en place. Appelée Les gitanes sans filtres, une correspondance filmée entre deux groupes de femmes gitanes en Espagne qui se battent pour leur droit et leur liberté et un groupe de Dionysiennes.

L’initiative n’est encore qu’en phase de construction, mais l’objectif est de réaliser une œuvre « faite par et pour des femmes ». Pour réaliser ses différents projets, l’association compte sur les nombreux talents artistiques qui la compose. Une conteuse, une monteuse, une comédienne et d’autres, toutes bénévoles, font de ce discret collectif un groupe dynamique et ambitieux.

Olivia Kouassi

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