En ville

Des listes d’attente malgré les ouvertures

L’année scolaire commence plutôt bien avec neuf nouvelles classes supplémentaires réclamées depuis janvier par les syndicats et la Ville. Mais il reste encore des besoins non satisfaits.

Pour les écoles du premier degré à Saint-Denis, c’était la grande nouvelle de rentrée. Et elle était plutôt bonne. Neuf ouvertures de classes supplémentaires ont été annoncées le vendredi 5 septembre à l’inspection académique de Bobigny, où se tenait le comité technique paritaire départemental (CTPD) pour décider des derniers ajustements au vu des effectifs de rentrée (1). « On ne s’attendait pas à en gagner autant. C’est la seule ville du département à avoir autant d’ouvertures », reconnaît Jean Bouissonnié. Pour ce responsable local du syndicat SNUipp, qui se félicite aussi de l’annulation de la fermeture envisagée à la maternelle Pleyel, « c’est la preuve que le décompte prévisionnel a été mal fait. Ces classes, nous les demandions dès janvier dernier, au côté de la Ville ».
Mais comme la mairie, le syndicat enseignant n’en déplore pas moins la persistance des besoins non satisfaits, dans les élémentaires Gutenberg (voir ci-dessous) et Saint-Just, et dans plusieurs maternelles, dont Pleyel, où ils réclament une deuxième ouverture pour « les 12 enfants encore en liste d’attente », Franc-Moisin, où le SNUipp fait état de 22 enfants eux aussi en attente, ainsi que la Montjoie. La plupart de ces écoles étant situées dans des quartiers, Plaine et Pleyel, où de nombreux programmes immobiliers laissent encore présager d’une hausse de la démographie scolaire dans les mois à venir.
Reste encore la maternelle Delaunay-Belleville, où la fermeture d’une classe annoncée en juin dernier s’est confirmée, au grand dam des parents mobilisés depuis le jeudi 4 septembre. Ce jour-là, ils étaient une vingtaine à organiser le blocage de l’école, qu’ils ont renouvelé le mardi 9 septembre, avant de se rendre en délégation à l’inspection de l’Éducation nationale, rue de la République. « En passant de six classes à cinq, les effectifs ont augmenté jusqu’à environ 28 enfants par classe, explique Emmanuelle Tronche, une maman. Des parents dont les enfants sont en liste d’attente avaient été contactés par l’inspection qui leur proposait d’aller les inscrire à l’école du Stade (rue Eugène-Henaff, ndlr). Certains ont accepté. D’autres non. » C’est là la nouvelle pierre d’achoppement avec l’Éducation nationale des syndicats enseignants et de la ville.
« Des enfants sont affectés dans des écoles en dehors de leur secteur scolaire, sans aucune concertation avec la mairie, afin d’éviter de procéder aux ouvertures de classes nécessaires », proteste ainsi David Proult, adjoint au maire délégué à l’enseignement dans un courrier en date du 4 septembre adressé à l’inspecteur d’académie, Daniel Auverlot. Il y fait l’inventaire des besoins d’ouvertures à travers la ville, notamment à la Plaine, quartier aux écoles saturées que devrait soulager le futur groupe scolaire de la rue du Bailly. À quelques nuances près. La livraison, que la Ville prévoyait à la rentrée 2009, sera reportée au premier trimestre 2010. Et avec des capacités d’accueil plutôt modestes, bien agréables pour ses usagers, de 7 classes en maternelle et de 9 en élémentaire, il ne devrait pas tarder à faire le plein, en créant ainsi de nouvelles attentes envers le projet suivant. Ce sera le grand groupe scolaire intercommunal projeté pour 2011 du côté de Cristino-Garcia. Pour l’heure, le SNUipp et les parents de la FCPE appellent à un rassemblement le jeudi 11 septembre, à partir de 11h30 devant l’inspection de l’Éducation nationale, rue de la République.
Marylène Lenfant
(1) Une ouverture supplémentaire dans les maternelles Bel-Air, Colette-Besson, le Lendit et Pleyel, ainsi que dans les élémentaires Joliot-Curie, Louise-Michel, Robespierre. Jules-Vallès décrochant deux ouvertures. Annulation de la fermeture envisagée à la maternelle Le Stade.