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Procès Cyril Ferrari
/ Des condamnations et des questions

Photo d'archives © Yann Mambert / Le Journal de Saint-Denis
Photo d'archives © Yann Mambert / Le Journal de Saint-Denis

Jusqu’au bout du procès, Cyril Ferrari a contesté les faits. « Je suis abasourdi. Je ne sais toujours pas ce que je fais ici. Je suis fatigué. » Cette ligne de défense de l’ancien employé municipal n’aura pas convaincu les juges. Mardi 2 avril au soir, après deux jours d’audience au tribunal de Bobigny, le jugement est tombé comme un couperet. Le Dionysien a été reconnu coupable du trafic de 504 kg de cannabis saisis au Centre technique municipal (CTM) le 17 novembre 2016 par les douanes. Il a été condamné à huit ans d’emprisonnement ferme et l’interdiction de séjour à Saint-Denis pendant cinq ans. Les deux autres prévenus, le chauffeur du camion Juan Rueda Amaro et l’escorteur du convoi Amine Abass, ont écopé de neuf ans d’emprisonnement. Les trois ont été reconnus coupables d’association de malfaiteurs. Ils ont aussi été condamnés à payer solidairement une amende douanière d’environ un million d’euros ainsi que 15 000 euros à la Ville de Saint-Denis pour préjudice moral.

« Cette condamnation conforte la décision de la municipalité qui avait lancé et obtenu la révocation de l’agent », a commenté la Ville. « C’est une décision très sévère », a réagi de son côté Me Guillaume Valat, le conseil de M. Ferrari, qui avait demandé la relaxe de son client. Le Dionysien va-t-il faire appel ? « C’est à mon client de prendre la décision, mais ce serait plus pragmatique de ne pas le faire », a poursuivi son avocat. Depuis son arrestation, Cyril Ferrari a déjà fait trente mois de détention. Et il pourrait bénéficier d’aménagement de peine et sortir avant de purger ses 8 ans de prison. Lors de sa plaidoirie, il a dépeint l’ancien adjoint du service des fêtes comme un « coupable idéal », critiquant les multiples « zones d’ombre » de l’enquête. « Les preuves ne sont pas au rendez-vous », a-t-il défendu. Pendant les audiences, le Dionysien s’est présenté comme un « bouc émissaire », victime d’une machination. Il n’a jamais cessé de nier les faits, malgré de nombreux éléments à charge. Les quelque 95 000 euros retrouvés dans son véhicule personnel au CTM ? Ce n’est pas à lui. L’homme sur les images de vidéosurveillance le soir du 17 novembre ? Ce n’est pas lui.

Lire : Procès de Cyril Ferrari : L’accusé condamné à 8 ans de prison

L’avocat de la Ville a critiqué la « stratégie » de la défense qui a utilisé « le peu de moyen » dont elle disposait pour nier la responsabilité de l’ex-agent municipal.« Les faits sont accablants », a-t-il attaqué. Cyril Ferrari « a presque été pris la main dans le pot de confiture ». Pour lui, il est évident que l’ancien employé municipal est l’homme qui s’est enfui pour se cacher à l’intérieur du CTM lorsque les douaniers ont fait irruption, avant d’être arrêté quelques heures plus tard sur le toit du bâtiment principal.

La procureure Pauline Bonnecarrère a été la plus cinglante à l’égard de Cyril Ferrari. Elle l’a décrit comme « menteur et manipulateur ». Elle a dénoncé les « contre-feux allumés par les accusés » et« des mensonges plus ridicules les uns que les autres ». Elle a dépeint une « organisation rodée » qui a utilisé le CTM afin d’alimenter le trafic de drogue à Saint-Denis et dans des villes voisines.  La représentante des douanes a décrit un schéma « classique » avec trois rôles dans ce type de trafic : « le chauffeur, l’accompagnateur et le destinataire », à savoir Juan Rueda Amaro, Amine Abbas et Cyril Ferrari.

Avocat d’Amine Abbas, Me Amar Bouaou a décrit les accusés comme « des petites mains du trafic ». « Et vous voulez les condamner comme les têtes du réseau ? », s’est-il exclamé. Il a présenté son client comme un « pauvre type ». Âgé de 30 ans, ce dernier était celui qui a escorté à partir de Gennevilliers le camion en provenance de Séville conduit par Juan Rueda Amaro. Cet Espagnol, âgé de 62 ans, avait déjà été condamné dans son pays pour avoir transporté de la drogue, dont 350 kg de cannabis en 2013. Me Bouaou a dénoncé une « enquête fumeuse » des douanes qui n’a pas permis de remonter la filière. « Vous n’avez pas les commanditaires, pas les fournisseurs », a-t-il fustigé. Le procès n’aura pas permis de recoller toutes les pièces de ce spectaculaire puzzle. Mais il aura convaincu les juges de la culpabilité de l’ancien agent municipal et de ses deux complices.

Aziz Oguz

Réactions

Bonjour @Aziz Oguz. Vous posez au final très peu de questions. Rien sur les responsabilités municipales, rien sur des collègues qui savaient (même moi qui n'y travaille pas j'étais au courant), rien sur le train de vie de cet ex employé municipal.... Cet épisode va laisser des traces sur les employés municipaux du CTM. Les élus et agents municipaux en charge du CTM ont des comptes à rendre mais ils n'ont jamais été entendu. C'est symptomatique de comportements dans la ville. Tout va bien, de la à ce qu'on nous sorte que le bilan fait sens... Bref, rien ne change.
Combien de tonnes de cannabis entrent en Seine-Saint-Denis chaque semaine ? En un jour combien de camions chargés de cannabis passent sur l'autoroute A1 au péage de Senlis, en se dirigeant vers notre département ? Il faut équiper les Douanes d'Ile-de-France avec des scanners mobiles à rayons X lesquels permettent de détecter la présence de stupéfiants dans les camions. Ces appareils évitent aux douaniers d'ouvrir les camions et leur font gagner du temps.
Le maire monsieur Paillard dans tous ça il était aux courant ce qui ce passais aux centre technique et ce gardien et madame Hay qui était maire adjoint à la sécurité qui ferme les yeux la ville est mouillé dans les magouilles

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