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/ Des cadavres dans les tiroirs

© François Passerini
© François Passerini

Les auteurs anglo-saxons sont passés maîtres dans l’écriture de textes à l’humour noir et cruel, souvent ancrés dans la société. Des cadavres qui respirent, qui sera présenté au TGP du 9 au 13 octobre, ne déroge pas à la règle. Pièce écrite par la dramaturge anglaise contemporaine Laura Wade, créée à Londres en 2005 sous son titre original Breathing Corpses et élue pièce de l’année en 2006 en Angleterre, elle expose en cinq séquences sept personnages apparemment sans histoires et sans liens entre eux. Mais apparemment seulement car au fil des scènes va se construire un drôle de puzzle lié à la découverte de plusieurs cadavres. Il y a Emma, femme de chambre d’un hôtel ; Jim, qui travaille avec Tom dans une société de garde-meubles, et son épouse, Elaine ; Kate et Ben, dont l’amour plus que particulier est perturbé par la chienne Cameron; et un client de l’hôtel, Charlie. Ils ont entre 19 et 45 ans et font partie de la petite middle class anglaise, qui se débat entre survie et pauvreté. 

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« On cherche qui a fait quoi »

C’est un texte à tiroirs, qui apparaît étrange à la lecture, oscillant entre humour et noirceur, dont l’intrigue semble floue, complexe. « Un peu comme un jeu de Cluedo, on cherche qui a fait quoi sans être bien sûr de trouver, remarque Chloé Dabert qui a mis en scène le spectacle. Il y a, pour le spectateur, quelque chose de jouissif à deviner, comme on peut se sentir face à une énigme. Au bout, on comprend, ou on croit comprendre, ou pas. C’est un peu comme dans un film de David Lynch: à la fin de Mulholland Drive, chacun a compris quelque chose, ou croit avoir compris, mais pas la même chose que son voisin…»

Venant du Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris, Chloé Dabert a monté de nombreux spectacles, dont récemment Horizon de Matt Harley, à l’Odéon - Théâtre de l’Europe, J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne de Jean-Luc Lagarce à la Comédie Française et Iphigénie au Festival d’Avignon en 2018. Depuis janvier 2019, elle dirige le CDN la Comédie de Reims. C’est avec des jeunes comédiens de l’Atelier Cité 2018-2019 du Théâtre de la Cité de Toulouse qu’elle a travaillé pour Des Cadavres qui respirent, qui y fut créé en juin.

« Ce sont des jeunes acteurs en insertion professionnelle, qui sont à l’aube de leur parcours théâtral », indique-t-elle. Un travail qui fut éminemment collectif, dès le choix de la pièce. « Nous avons fait ensemble de nombreuses lectures de textes. Celui-ci nous a plu par son étrangeté, son côté énigmatique, son décalage entre sa forme humoristique et son fond noir, plus ancré dans le monde. Il y a là une vraie réflexion sur la mort, sur ces personnages en difficulté, qui aspirent à autre chose. C’est aussi une peinture de la société d’aujourd’hui. » Chloé Dabert et ses comédiens ont d’abord travaillé le texte comme on travaille une partition, sur le rythme, avec précision et rigueur. « Nous avons commencé par un travail très technique, qui fut pour nous un socle à partir duquel nous avons pu explorer d’autres pistes. Ensuite, nous avons abordé plus profondément le sens de la pièce, les rapports entre les personnages, en recherchant la justesse entre eux. »

Pour encore mieux nous dérouter, sans aucun doute…

Benoît Lagarrigue

Des cadavres qui respirent, de Laura Wade, mise en scène de Chloé Dabert, du 9 au 13 octobre au TGP (59, boulevard Jules-Guesde, salle Mehmet-Ulusoy), du mercredi au samedi à 20h30, dimanche à 16h. Durée : 1h15. Tarifs : 6€ à 23€. Réservations : 0148137000; www.theatregerardphilipe.com

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