En ville

Delafontaine en pointe

L’hôpital de Saint-Denis est doté de l’une des quatorze unités spécialisées dans les accidents vasculaires cérébraux d\'Île-de-France. Gros plan sur les AVC, à l’occasion de la Journée mondiale consacrée au problème.

La journée mondiale de l’Accident vasculaire cérébral (AVC), (World Stroke Day), se déroule mercredi 29 octobre. L’AVC, communément appelé « attaque » ou « congestion cérébrale », est causé par une perturbation soudaine de l’irrigation du cerveau (artère bouchée dans 80 % des cas, rupture d’une artère dans 15 % des cas, rupture d’une malformation vasculaire congénitale dans 5 % des AVC).
En France, environ 130?000 personnes sont touchées chaque année et 50?000 décèdent. « Beaucoup de vies pourraient toutefois être sauvées si les patients étaient pris en charge plus rapidement », explique le docteur Thomas De Broucker, chef du service neurologique de l’hôpital Delafontaine de Saint-Denis, également en charge de l’unité neuro-vasculaire (UNV).
Dans ce cadre, la journée du 29 octobre organisée conjointement avec le SFMU et le Samu, des associations (France-AVC, Aphasia, Croix-Rouge), sous le haut parrainage du ministère de la Santé, a comme objectif de faire connaître l’AVC au grand public, d’alerter sur ses symptômes, son traitement, et l’urgence de la prise en charge des victimes. « Le message est clair?: si vous avez un doute sur vous ou votre entourage ou la moindre suspicion sur un possible AVC, composez le 15 », explique Thomas De Broucker avant d’ajouter?: « Aujourd’hui la suspicion est largement insuffisante, trop peu de patients tirent la sonnette d’alarme à temps. » 400 patients sont passés par l’unité neuro-vasculaire (UNV) de Delafontaine l’année passée (15?000 au total en Île-de-France), il en est « espéré » 600 cette année pour sauver davantage de vies. « Il vaut mieux trop appeler que pas assez », insiste Thomas De Broucker. Problème, les symptômes restent mal connus et, surtout, comme le cerveau est touché, et que c’est l’organe qui doit donner l’alerte, la tâche se complique. « Pour les maladies cardio-vasculaires, c’est vrai que c’est simple?: une douleur vive au thorax, c’est l’infarctus?; c’est plus compliqué pour les maladies neuro-vasculaires. » Les symptômes varient en effet?: cela va d’une faiblesse musculaire ou une paralysie d’une partie du corps (main, bras, jambe, visage…). Très fréquemment, le bras et la jambe du même côté sont atteints (hémiplégie). « Il s’agit généralement du côté opposé de la liaison cérébrale », explique Thomas De Broucker. De même, une perte de la sensibilité (le contact, la douleur, le chaud et le froid ne sont pas ressentis), une difficulté de langage, un trouble visuel (le plus souvent la vision est perdue sur une moitié du champ visuel), une perte de l’équilibre, des maux de têtes accompagnés de nausées, des troubles de la conscience (allant de la somnolence au coma) sont autant d’autres symptômes.
Domaine de l’hyper urgence
Une fois détecté, l’AVC nécessite une prise en charge immédiate?: « Nous sommes dans le domaine de l’hyper urgence, l’hospitalisation ne doit pas dépasser les trois heures après l’apparition des premiers symptômes », prévient Thomas De Broucker. D’autant que depuis 1995, un nouveau traitement s’avère très efficace?: la thrombolyse. « C’est un traitement qui consiste à éliminer les caillots de sang anormaux qui obstruent le flux sanguin », explique le médecin. Une thérapie qui a également permis une prise de conscience générale et l’ouverture d’unités spécialisées, les UNV. « Longtemps, les AVC étaient sous la coupe des services cardio-vasculaires, mais on s’est rendu compte qu’ils nécessitaient une prise en charge particulière », explique Thomas De Broucker. L’UNV de Delafontaine, inaugurée en 2006, voit 6 médecins se relayer 24 heures sur 24. Elle est l’une des 14 implantées en Île-de-France (56 sur l’ensemble du territoire). « En gros, c’est la population de Plaine commune qui en bénéficie », ajoute le médecin. L’UNV de Delafontaine compte 14 lits et permet la prise en charge des malades des urgences à la sortie et l’orientation vers les services de rééducation (orthophonie, kinésithérapie, etc.). « Un réseau se met en place pour accompagner plus efficacement les malades », explique Thomas De Broucker. Cette unité s’ajoute au service neuro-vasculaire (26 lits). Une UNV vient également d’ouvrir à l’hôpital Robert Ballanger d’Aulnay.
L’effort est conséquent et l’organisation impressionnante. Reste donc, et c’est le plus difficile, à sensibiliser les populations. « Vous ne pouvez pas imaginer notre bonheur lorsque nous pouvons sauver un patient victime d’un AVC parce qu’il est pris en charge à temps », conclut Thomas De Broucker.
Étienne Labrunie

Appeler le 15 en cas de suspicion d’AVC.

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