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Mobilisation citoyenne
/ Délice de solidarité

Pour venir en aide aux réfugiés laissés pour compte par l’État, des habitants de la Plaine ont lancé un collectif depuis novembre et leur apportent chaque matin chaleur humaine et petits-déjeuners.
Jeudi 12 janvier, comme chaque matin, des habitants de la Plaine se mobilisent pour servir un petit-déjeuner aux migrants laissés à la rue.
Jeudi 12 janvier, comme chaque matin, des habitants de la Plaine se mobilisent pour servir un petit-déjeuner aux migrants laissés à la rue.

« Les campements de l’avenue Wilson ont certes été démantelés, mais notre engagement auprès des réfugiés ne s’est pas relâché. » Ce 12 janvier, des habitants de la Plaine ont débarqué dès 9 h Porte de La Chapelle pour ravitailler les migrants et leur apporter un peu de réconfort. Ils sont là tous les matins, vacances et week-end compris, et par tous les temps. Mouillés par la pluie et transis par le froid, logés à la même enseigne que ceux auxquels ils tentent d’apporter leur aide. « On n’a pas d’emplacement réservé ni même un petit barnum où s’installer », regrette Karima. C’est qu’ici, le dispositif d’accueil des réfugiés – ou plutôt de non-accueil – est mouvant, alors pour assurer leur mission de distribution de petits-déjeuners, ces bénévoles doivent sans cesse s’adapter.

Le centre de transit étant saturé, chaque jour plusieurs centaines de migrants refoulés de ce système d’hébergement restent à la rue, parfois tolérés, parfois inquiétés par la police qui confisque les couvertures et saisit les tentes, dès qu’un campement menace de se former. « En pleine nuit, il leur arrive de réveiller les gars qui dorment dans un coin, à même le trottoir ou sous un pont, pour les ramener dans la file d’attente », témoigne un Dionysien. Dans un communiqué en date du 7 janvier, Médecins sans frontières a appelé les autorités à faire cesser « le harcèlement et les violences policières » dénonçant « des pratiques inacceptables » qui mettent leur vie en danger. Le 12 janvier, Médecins du Monde s'est également fendu d'un texte constatant « depuis fin décembre des violences policières intolérables et répétées à l’encontre des personnes migrantes encore à la rue à Paris », dénonçant « des confiscations des maigres effets personnels et des enlèvements de force de matelas, tapis de sols et couvertures ainsi que des dispersions répétées. »

Accolé au centre, il y a bien un accueil de jour, mais à l’intérieur, le service est minimum.« Ils peuvent aller aux toilettes et recharger leur téléphone mais on ne leur donne rien à manger. » Sur une petite table de camping, six volontaires du collectif « Solidarité Migrants W ilson » ont disposé trois thermos XXL de lait, de thé et de café. Il y a aussi des dattes et des fruits secs, du beurre, de la confiture et du pain en quantité. « Ce sont les invendus que nous donnent plusieurs boulangeries de la Plaine. »

Ce matin, ces bénévoles ont pu distribuer près de 40 litres de boissons chaudes à des migrants grelottants, arrivés pour la plupart d’Afghanistan et du Soudan et laissés dehors sans solution depuis parfois plusieurs semaines. « Après ce qu’ils ont traversé, la façon dont ils sont traités soulève le cœur de beaucoup de gens. Humainement, c’est intolérable », estime Jean-Jacques Clément qui a initié ce mouvement de solidaritéfin novembre avec d’autres parents d’élèves. « On se retrouvait devant les écoles en se demandant quoi faire pour ces migrants installés par centaine en bas de chez nous. » Aujourd’hui, le collectif s’est élargit, comptant une cinquantaine de membres qui se relaient chaque matin.

Fort d’une organisation bien rodée, Solidarité Migrants Wilson vient de lancer une cagnotte en ligne sur le site Internet leetchi.com. « Les dons versés serviront à financer le nécessaire pour assurer la distribution de petits-déjeuners, un peu de matériel ainsi que quelques photocopies. Ensuite, si nous récoltons assez d’argent, nous pourrons offrir des kits hygiène, des sous-vêtements, fournir des gants ou bonnets, participer à des maraudes le soir, etc. »


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