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Conseils citoyens

Déclaration des conseils citoyens et collectifs d'habitantEs
de Saint-Denis concernés par le NPNRU

 

Saint-Denis, le 23 septembre 2019

 

         Le comité de pilotage du 12 septembre, pourtant annoncé en juin par Laurent Russier, est finalement annulé parce que jugé sans intérêt à ce stade du projet, au dire même de la responsable de Plaine Commune. On serait dans l'attente de la réponse de l’État... Pourtant, depuis cette date, les habitantEs de Franc-Moisin, ceux qui sont principalement visés par des programmes de démolition, s'emparent progressivement du projet, le discutent, le critiquent, le refusent en l'état.

         Ainsi, les habitants du B7 ne comprennent pas pourquoi il faudrait détruire trois cages d'escalier et en faire partir ses locataires (dont certains y vivent depuis 40 ans) juste pour qu'une route qui existe déjà, mais qui comporte un virage, devienne droite ! Alors que, justement, la principale crainte exprimée par tous les habitants interrogés est que ces nouvelles routes toutes droites deviennent des « autoroutes », des « pistes d'atterrissage » augmentant considérablement l'insécurité routière. Les habitants ont fait leur propre enquête, et ils ont exprimé leur désaccord publiquement à plus de à 70% : cet avis doit être entendu et pris en compte. En effet, les locataires d'un autre bâtiment, le B13, en accord avec la mairie, ont eux pu s'exprimer par votation sur le devenir de leur immeuble : ils ont refusé la démolition et la mairie les a entendus, comme elle s'y était engagée. Pourquoi pas pour le B7 ? La mairie a répondu ceci : « cette partie du projet (le B13) avait une importance secondaire ; en revanche, il ne peut pas y avoir de négociations sur le B7 (ainsi que sur le B2 ou le B4) parce que cela touche à l'essentiel du projet »... Cette réflexion ne remet-elle pas en cause le principe et l'honnêteté même de la « concertation » telle que l'a menée la mairie ?

         Les habitants du B4, immeuble qui dans le projet déposé doit être détruit dans sa totalité, n'ont pas eu la moindre information en provenance de leur bailleur, LOGIREP. Son représentant dans les divers comités de pilotage du NPNRU s'est opposé à la démolition exigeant une compensation financière plus importante. Son souci manifeste : ne pas perdre de l'argent. Jamais il n'a évoqué la situation de ses locataires, ne s'est préoccupé de recueillir leurs avis. Autant dire que la concertation pour les habitantEs du B4 a été nulle. C'est aujourd'hui qu'ils commencent seulement à se mobiliser. Ils doivent pouvoir s'exprimer sur le principe de la démolition totale de leur immeuble, avant que le projet soit entériné et qu'ils soient placés devant le fait accompli.

         Le projet déposé comporte un volet "stratégie de diversification résidentielle", autrement dit "changement de la population" au nom de la mixité sociale qui doit s'appliquer sur les trois quartiers concernés par le NPNRU. Il prend des formes diverses selon les quartiers : brutale à Franc-Moisin par la démolition des logements sociaux et leur remplacement par de l'accession à la propriété ou par du logement privé au loyer plus élevé ; plus soft sur les quartiers Floréal et Centre Ville par la sélection des nouveaux habitantEs au moment de la relocation des logements, en jouant sur l'augmentation du temps de vacances (8 mois estimés) pour trouver les bons candidats, la sous-occupation des logements pour une même surface, les coûts plus élevés des remises en état avant la relocation, la recherche des candidats hors la liste des demandeurs de logements, etc...

         Nous n'acceptons pas l'idée qu'une partie de la population de Saint-Denis serait de tropsur cette ville et qu'elle devrait être remplacée par une autre plus aisée. Nous n'acceptons pas les freins mis au logement de celles et ceux qui en ont besoin au nom d'un "rééquilibrage" de la population. Ajoutons que sur le quartier Saussaie Floréal Courtille, ni les habitants, ni le Conseil Citoyen n’ont été invités à débattre sur les nouvelles constructions envisagées. Or, depuis le début de la présentation du projet, les habitants sont contre la construction de 100 logements, contre la densification, car les équipements publics ne répondent pas à cet afflux de nouveaux arrivants : écoles trop petites (les enfants sont déjà entassés dans des salles non adaptées), transports publics insuffisants et défaillants pour se rendre en centre ville, maison des services au public qui dysfonctionne, collégiens et professeurs en souffrance, car pas de moyens adaptés, pas de présence humaine dans le quartier malgré leur demande de médiateurs et de gardes de l’environnement.

         Nous sommes preneurs d'une amélioration du cadre de vie, des logements, mais cela doit pouvoir se faire avec les tous les habitantEs. Il est particulièrement intolérable de faire croire, comme cela a été fait lors de la dernière réunion publique à Franc-Moisin, que la réhabilitation du logement des uns ne pourrait se faire qu'avec la démolition du logement des autres. Cette façon d'opposer les habitantEs entre eux est inacceptable.

         La mairie nous dit que la concertation a été menée depuis 3 ans, et, nous la citons, « qu'il n'y a pas eu vraiment d'opposition sur le projet, et qu'il était donc temps de mettre fin à la concertation ». Mais le calendrier des urbanistes ou des décideurs n'est pas celui des habitants : beaucoup d'entre eux ne connaissent toujours pas le projet (des locataires de PCH ou de LOGIREP continuent même aujourd'hui d'aménager sans aucune information, dans des immeubles qui doivent être détruits !), et tous ceux concernés ne savent toujours pas où ils seront relogés.
Il est normal que la mobilisation se fasse maintenant, au moment où on leur dit que « la discussion est finie, vous allez partir, mais on ne sait pas encore où ».

         En décidant de supprimer le prochain comité de pilotage, vous affirmez clairement que vous mettez fin à la concertation sur le projet. Ce passage en force ne peut être compris que comme une tentative de mettre fin à la mobilisation de plus en plus importante, même si à vos yeux trop tardive, des habitantEs, et d'imposer un projet avec lequel il n'y a pas accord.

         Les Conseils Citoyens exigent de se faire entendre à nouveau pour exprimer la volonté des habitantEs de chaque quartier. Ils n’ont été en possession
du projet déposé qu’à la fin du mois de mai, soit peu de temps avant les vacances.
En le lisant, ils ont découvert des objectifs dont on ne leur avait jamais parlé et qui n’avaient jusqu'alors jamais été abordés.

         Ainsi, dans l'état actuel de la procédure, les conseils citoyens des trois quartiers de Saint-Denis concernés par le NPNRU ne valident pas les démarches de concertation menées par la mairie et l'agglomération et qui ont abouti aux projets actuels déposés à l'Anru.

 

Les conseils citoyens de Franc-Moisin Bel Air Stade de France, Grand Centre Ville, Saussaie Floréal Courtille, avec, et en soutien, des collectifs d'habitantEs des quartiers concernés par le NPNRU.

Rénovation urbaine

Réactions

Je comprends l’émotions des habitants, mais la non mixité totale c’est l’enfer aussi. Un quartier ne peut pas y perdre à accueillir des propriétaires occupants. Si les logements sociaux sont redéployés ailleurs sur Plaine Commune, il n’y a pas scandale. Les logements à côté de Suger et la médiathèque ont transfiguré cette partie de la ville. Puis les bâtiments du Franc sont des passoires énergétiques abîmées. Puis l’organisation du quartier c’Est l’enfer. Après 40-50 ans de bons services, ces logements qui ont présenté un progrès incommensurable, il est temps de passer à une page de l’his De notre ville.

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