En ville

Constats par temps de grippe

La grippe porcine devenue A H1N1 fait couler beaucoup d’encre. Elle est porteuse d’un virus, mais pas seulement. Elle est aussi source de quelques constats. Ainsi, dès les premières alertes médiatiques, la parade médicamenteuse – le tamiflu – a vu son cours s’envoler dans la bourse cynique des achats en ligne sur Internet, sans que les acheteurs puissent être sûrs que les pilules présentées comme de véritables miracles en boîte ne soient efficaces. Le malheur et la peur restent décidément des terreaux lucratifs pour les sans scrupules dont on imagine bien qu’en temps de guerre ils seraient orfèvres en marché noir.
Une autre réflexion, d’un tout autre ordre, concerne la communication et les mots employés pour qualifier le phénomène. Au moment où sont écrites ces lignes, la grippe A H1N1 concerne, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 1?003 personnes dans 20 pays (701 cas au Mexique dont 26 mortels, ainsi que 226 cas aux États-Unis dont un mort). Dans ces conditions, pourquoi utiliser des mots comme celui de pandémie. À quoi cela sert-il de parler de contamination à grande échelle pour décrire une réalité qui, pour l’heure et heureusement, est de 1?000 sur 7 milliards de terriens peuplant la planète?? Pense-t-on, du côté des communicants de crise qui conseillent les autorités sanitaires et politiques, qu’il faille nécessairement grossir le trait de la réalité pour mieux asseoir dans la population le principe de précaution?? L’avenir proche trouvera peut-être réponses claires à ce type d’interrogation.