Cultures

Galerie HCE
/ Confiner en paix

Le confinement a permis à l’artiste Simone de laisser libre cours à son talent. Sa fresque La Paix, Volumen est exposée par la Galerie HCE, qui compte, grâce à elle, initier les jeunes à l’art durant l’été.
L'exposition La Paix, Volumen de la Dionysienne Simone est présentée jusqu'au 25 juillet à la galerie HCE. (c) Yann Mambert
L'exposition La Paix, Volumen de la Dionysienne Simone est présentée jusqu'au 25 juillet à la galerie HCE. (c) Yann Mambert

Simone n’est pas une inconnue à Saint-Denis. Ni rue Gibault où une fleur réalisée par l’artiste embellie un mur fissuré et où certaines de ses réalisations ont déjà franchi l’entrée végétalisée de la Galerie HCE. Sa dernière création exposée jusqu’au 25juillet devrait cependant la faire connaître davantage.

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 « C’est du grand art ! », s’enflamme Georges Quidet, le co-directeur. Difficile de qualifier autrement La Paix, Volumen (nom antique des rouleaux à lire) réalisée entièrement au stylo Bic sur un rouleau de papier arche de dix mètres de long. Travaillant pan par pan sans jamais dérouler le rouleau en entier, la Noiséenne n’avait pas conscience de l’ampleur de son travail, effectué entre Pâques et le 11mai. « Pendant le confinement, mon compagnon m’a gentiment invitée à utiliser un rouleau que j’avais parce qu’il voulait la paix, justement ! », sourit Simone. Son conjoint lui parle du morceau de rap Let da Monkey out (Laisse sortir le singe) de Redman. Tout part donc d’un primate qu’elle dessine avant de se laisser guider.

Des ateliers à destination des jeunes

Une multitude de personnages, d’animaux, d’objets aux traits variés, incisés, presque gravés se distinguent sur sa fresque. « Je ne réfléchissais pas à ce que je faisais. Ça venait comme ça. Après, c’est ma mémoire, des instants de vie. Ce qui est beau c’est de laisser les autres les interpréter. »

On y retrouve pêle-mêle les grues que Simone croise en allant travailler, une Cléopâtre avec son fameux serpent inspirée d’un reportage, des actualités tels les migrants en mer, des hommes en costume symbolisant le capitalisme, la caravane des citadins fuyant avant le confinement, le milieu carcéral où elle a exercé et des oiseaux que Simone étudie, dont les corbeaux qui concluent son œuvre. La Galerie HCE ne pouvait rêver meilleure matière pour reprendre ses activités dans « le respect des règles de sécurité ». Georges Quidet va proposer des ateliers d’observation et de création à destination des jeunes.

« La Paix, Volumen est un merveilleux support pour les enfants de tous les âges et les adolescents », souligne sa compagne Jeanick Suzanne Hubert, co-directrice. Elle-même prévoit de les amener à l’art à travers le rappeur Abd-Al-Malik. L’ex-membre du groupe N.A.P a édité un livre Jeune noir à l’épée où il raconte son intérêt pour le tableau éponyme du Musée d’Orsay. Une visite sur place pourrait être organisée. Les projets ne manquent pas même si la Galerie HCE peine à s’autofinancer et que le confinement n’a rien arrangé. Une expo prévue à Dakar a d’ailleurs été annulée. Le couple espère toutefois s’y rendre l’année prochaine.

D’ici là, la galerie HCE exposera au 6b en novembre pendant un mois, avec une vingtaine d’artistes locaux et internationaux. Toujours avec la même exigence et l’envie de sensibiliser les Dionysiens à l’art.
 

Adrien Verrechia

La Paix, Volumen de Simone jusqu’au 25 juillet à la Galerie HCE (7, rue Gibault), le jeudi, vendredi et samedi de 14h à 19h. www.hcegalerie.com