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Covid- 19
/ Confinement : Saint-Denis durcit le ton

Alors que le préfet de Seine-Saint-Denis a pris ce vendredi 20 mars un arrêté qui interdit la fréquentation entre autres des berges du canal Saint-Denis, sur les réseaux sociaux, les messages des Dionysiens signalant le non-respect du confinement se multiplient. Le maire a appelé la population à rester chez elle et à adopter les « gestes barrières ».
Ce vendredi 20 mars, filtrage des déplacements à l'intérieur du marché. © DR
Ce vendredi 20 mars, filtrage des déplacements à l'intérieur du marché. © DR

Ce vendredi 20 mars, le préfet de Seine-Saint-Denis a pris un arrêté « portant interdiction de fréquentation générale des berges des canaux passant en Seine-Saint-Denis », afin de faire respecter le confinement et limiter les déplacements qui « représentent un risque sanitaire dans le cadre de l’épidémie du Covid- 19 ».

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Depuis la mise en place des mesures de confinement contre la propagation du virus, les autorités ont décidé de serrer la vis : les français ne respectent pas assez les règles du confinement est le message qu’ils ont fait passer dans plusieurs chaînes d’informations. L’amende pour le non-respect des règles du confinement est passée à 135 euros et peut atteindre 375 euros en cas de majoration. Ce nouvel arrêté de la Préfecture s’avère encore plus contraignant. 

Coopération police nationale et municipale

Tôt ce vendredi, le Sénat a adopté en première lecture le projet de loi permettant l’instauration d’un état d’urgence sanitaire de deux mois en France face à l’épidémie du Covid- 19. Un amendement du gouvernement « confère aux agents de police municipale, gardes-champêtres, agents de la ville de Paris chargés d'un service de police, contrôleurs de la préfecture de police et agents de surveillance de Paris, la compétence pour constater ces contraventions ». Au total, à travers toute la France, ce sont 4095 amendes qui ont été été dressées mercredi 18 mars pour non-respect des règles du confinement, dont 10% en Seine-Saint-Denis selon le journal Le Parisien.

Le maire Laurent Russier a appelé les Dionysiens à respecter « le confinement et les gestes barrières » car « il y a encore trop de mondes dans nos rues ». Ce vendredi, police nationale et police municipale ont entamé des actions au marché. Ces forces de l’ordre sont présentes pour « filtrer les accès, rappeler le respect des gestes barrières et la distance d’un mètre », a écrit l'édile sur son compte Twitter.

« La commune est pleinement mobilisée, aux côtés de l’Etat, pour que les mesures de confinement soient respectées. C’est dans ce sens que la Police Municipale accompagne le travail de la Police Nationale en patrouillant dans la ville », a encore précisé la Ville ce vendredi 20 mars dans un communiqué. Dans une vidéo postée jeudi soir sur YouTube le premier magistrat de la Ville a notamment exhorté les habitants à ne pas se « précipiter dans les commerces alimentaires » et même à signaler les rassemblements en appelant le 17 ou le numéro de la police nationale. 
 


« #Restezchezvous »

Sur les réseaux sociaux Twitter et Facebook, plusieurs Dionysiens postent des messages accompagnés parfois de photos pour signaler des rassemblements de personnes et le non-respect du confinement. Leurs messages sont dévoilés avec le hashtag #Restezchezvous « Ils ont vachement respecté les règles de sécurité », a commenté une internaute dans un post accompagné d’une photo montrant des gens qui marchent un peu trop près les uns des autres rue de la république.

« Le message du confinement n’est visiblement pas passé. Il y a plein de monde et de groupes de jeunes dans le square Diderot » (quartier Plaine), a commenté un habitant dans le groupe « Tu sais que tu es de Plaine-Saint-Denis quand… » En commentaires, d’autres habitants évoquent des personnes qui jouent au ping-pong, au basket, au foot… 

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Mauvaise élève du confinement ?

Dans un article du journal suisse Le Temps intitulé « A Saint-Denis, l’impossible confinement d’une capitale » et publié jeudi 19 mars, il est écrit que « le centre-ville populaire de Saint-Denis ne vit toujours pas à l’heure du confinement strict réclamé par Emmanuel Macron ». Le reportage se focalise notamment sur la rue de la République, artère très fréquentée où « rien ne va plus à hauteur de la Poste ». « Le centre-ville de Saint-Denis, ville populaire de 110 000 habitants, d’ordinaire bigarré et saturé par les étals ambulants, les devantures remplies de clients et les piétons, vit au ralenti comme le reste du pays. La résistance au confinement y est en revanche endémique. », poursuit le journaliste. Dans l’article, rien n’est précisé sur les raisons du ce « non-respect » du confinement dans la municipalité.

S'il est évoqué la « fameuse rue du Corbillon où furent traqués certains des terroristes du 13 novembre 2015 », où « une dizaine de jeunes s’échangent des infos sur la meilleure manière de « bricoler » les attestations dérogatoires exigées par la police », il n'est pas fait non plus mention des partages de bons plans pour l'école à la maison ou d'idées de loisirs à effectuer en ligne en ce temps de confinement, entre les habitants de la ville, sur Facebook notamment. Les autres élans de solidarité auxquels ont participé les Dionysiens - salve d'applaudissements pour soutenir les personnels soignants en première ligne de l'épidémie organisés tous les soirs à 20h à travers le pays - ne sont là pas encore mis en exergue dans l'article. Enfin, les inquiétudes des associations et collectif d'aide aux sans abris et aux personnes migrantes ne sont pas non plus mentionnées. Or, dans un contexte de crise sanitaire, si le contrôle des déplacements de la population est rendue possible, il convient de s'interroger aussi sur les réalités du confinement et ses conséquences dans une ville comme Saint-Denis où 9000 personnes sont en attente d'un logement social et où l'insalubrité va de pair avec la pauvreté.

Comment faire l'impasse sur les inégalités du confinement imposé aux Français ? Comment ignorer que rester confiné dans un 60 m2 ou alors dans une maison de campagne loin des tumultes de Paris ne ressemble en rien au confinement que doit subir une certaine population ? Celle qui par exemple à Saint-Denis vit entassée « à cinq dans un 27m2 » dans des conditions indignes, à la Plaine, celle qui est sans abri et doit circuler d'appartements en appartements ou d'hôtels en hôtels ? Si les restrictions de déplacement sont partis pour durer, il est sans doute pertinent d'avoir en tête ces faits. Le confinement est loin d'être une partie de plaisir dans un territoire comme Saint-Denis. Pire, il pourrait aggraver la situation déjà délicate de personnes fragiles économiquement. 

Yslande Bossé 

Réactions

Votre dernier paragraphe s'apparente plus à un édito qu'à un article. Mais, à part dénoncer l'angle de l'article du Temps (qui reflète la réalité) et se contenter de poser des questions (avec lesquelles je suis d'accord), vous n'avez aucune solution à apporter...Tout simplement parce que la situation est loin d'être manichéenne avec les gentils d'un côté et les méchants de l'autre. Concrètement on fait quoi avec ces personnes qui errent dans les rues ? On laisse les gens déambuler dehors au risque qu'ils se contaminent ou qu'ils contaminent les autres ? On regarde la situation et on s'arrête là ? Les difficultés du confinement à saint-denis sont liées à deux choses : - des habitants qui disons-le, n'en n'ont strictement rien à faire des mesures de confinement, et qui méprisent l'autorité de l'Etat. Ce sont principalement des trafiquants qui malgré le confinement continuent de tenir le terrain ! Ils sont bien accrochés et nous le montrent même en temps de crise. Ce sont eux qui revendent les masques volés dans les hôpitaux, les solutions Hydro-alcooliques et qui continuent de pourrir la vie des habitants et de provoquer la police. - de l'autre côté, une grande misère sociale, du logement indigne., des gens entassés dans 25 m2. C'est l'autre réalité de la ville, c'est indéniable. La situation n'est pas nouvelle et vient en partie de la politique menée depuis 20 ans consistant à faire de saint-denis la ville des SANS. En réalité, j'ose espérer que l'échec du confinement à St-Denis amènera à un changement de braquet en terme de choix politiques. L'autorité de l'Etat doit être restaurée pour le bien de tous les habitants (qui subissent actuellement les agissements d'une minorité) et les choix urbanistiques / de logement défendus depuis des décennies doivent être longuement repensés.
@Julien Mon travail de journaliste est de poser des questions oui et non pas d'apporter des solutions.
@yslande Vu le ton de l'article, je pensais pourtant que vous en aviez ! :-)
trop facile de taper sur cette ville et sur sa gestion en accusant pratiquement la mairie d'être à l'origine des incivismes, . Certes il y a des cos à st denis, comme partout ailleurs , mais ces incivismes ne sont pas le fait des seuls habitants, que ce soit à Vincennes ( voir le bois et le lac) , Paris, marseille, pantin ( où les trafiquants de cigarettes regroupés sur les trottoirs agressent les passants),Aulnay (où la violence contre les forces de police et les rixes entre jeunes a redoublé chaque soir actuellement) que ce soit dans les gares, sur les plages ou ds aéroports - avez vous vu les cyclistes à la file indienne à l'ile de Ré, pourquoi croyez vous que le ville de Paris ait dû fermer l'esplanade des invalides et les voies sur Berge, pourquoi les fermetures de plages. Ah ce ne sont pas les mêmes incivismes, certes les nôtres ont un caddie à la main , parfois un foulard sur la tête et pas toujours la même origine que nous,. les autres trainent valises, vélos, tenues de footing pour certains autres. Je pense sincèrement que la mairie de Saint Denis a mis en place des mesures particulièrement sérieuses sans pour autant oublier d'en appeler à la solidarité entre habitants, en veillant sur ses seniors, en laissant ouverte sa maison de la solidarité, en élargissant le service de livraison des repas à domicile, et en ouvrant ses centres de santé que nous avons la chance d'avoir sur cette ville, une crèche et une école pour els enfants des personnels soignants - J'espère , quant à moi, que cette ville ne changera pas de taquet et restera auprès de tous ses administrés ,en développant des politiques de solidarités supplémentaires et en conservant ses équipements de santé et d'accompagnement - je tenais à réagir car j'ai été très énervée par la teneur de vos propos et les non dits
@tiv ... et que les logements insalubres continueront à brûler comme cette semaine encore à la Plaine Saint-Denis. Finalement ce n'est pas la Municipalité qu'il faut remercier d'avoir transformé Saint-Denis en dépotoir à ciel ouvert, en Chicago de la délinquance, en zone de plein droit pour les rodéos de motos et autres quads, ... c'est bien vous et tous ceux comme vous qui soutiennent cette municipalité, qui en êtes, au mieux, contents et au pire profitez de ce système !!!
Bonjour @Tiv. L’irresponsabilité des uns n'excusent pas celles des autres. Les parisiens s'agglutinant dans les gares est aussi irresponsables que de traîner à fumer la chicha et ensuite retourner chez leurs parents. Se défausser en permanence ne renvoi pas une image de confiance d'un maire aux abonnés absent. Vous regardez sans cesses ailleurs mais il faut voir la situation en face. A Saint Denis, elle n'est pas glorieuse comme vous le prétendez. L'hopital de la Fontaine est saturé, le CCN aussi, l'estrée idem. L'histoire est en train de s'écrire. Et les responsabilités de chacun seront établies, l'état, élus, responsables. Votre exemple de Pantin est navrant. Comme si à Saint Denis, il n'y avait pas d'agression... De la à nous sortir qu'il y fait bon vivre. Il n'y a qu'un pas.
Tellement d'accord avec @Julien! Il faut absolument changer de braquet politique à St Denis. Cette ville a des atouts mais est pourrie par une gestion de type ghettoïsation depuis des lustres. les rues sont aujourd'hui DANGEREUSEMENT sales. Crachats, détritus, tout un tas de choses potentiellement infectées par le virus, avec en plus des gens qui ne respectent rien car il ne respectent pas la république. C'est leur propre loi qui compte.

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