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Violences à Paul-Eluard
/ Comment faire baisser la tension ?

Comme d’autres établissements de Seine-Saint-Denis, parents et équipes éducatives de Paul-Éluard restent mobilisés faute d’obtenir des réponses satisfaisantes. La situation est toujours aussi tendue aux abords de l’établissement.
Jeudi 11 avril, une centaine de personnes ont marché dans le centre-ville de Saint-Denis
Jeudi 11 avril, une centaine de personnes ont marché dans le centre-ville de Saint-Denis

Venus de Saint-Denis mais aussi Pierrefitte, Stains, Villetaneuse ou encore Épinay-sur-Seine, une centaine de personnes – enseignants, personnels d’éducation, parents, élèves, élus – ont marché, jeudi 12 avril, de l’hôtel de ville jusqu’à la sous-préfecture. Ils ont demandé davantage de moyens pour leurs établissements, secoués par des vagues de violence. « Nos lycées, nos collèges, nos écoles sont abandonnés », dénonce Agnès Renaud, professeure à Paul-Éluard.

Cette problématique concerne « l’ensemble » du département, insiste Sabine Rubin, députée insoumise de la 9e circonscription de Seine-Saint-Denis, qui a manifesté au côté du député communiste Stéphane Peu, rejoint en fin de mobilisation par Azzedine Taïbi, maire de Stains. Depuis la rentrée 2017, l’élu dionysien explique ainsi qu’il a dénombré une vingtaine d’incidents rien que dans sa circonscription. « Cela fait deux ans qu’on alerte les autorités d’une escalade de la violence », s’inquiète un parent du collège Gustave-Courbet à Pierrefitte.

De nouveaux incidents

Représentante FCPE à Paul-Éluard, Malika Chemmah a critiqué la politique du « cas par cas » des autorités alors que le problème est « général ». Elle a été informée par la sous-préfète de Saint-Denis, Nicole Isnard, qu’aucune délégation ne pourrait être reçue mais qu’un conseil local de sécurité de prévention de la délinquance (CLSPD) serait organisé au retour des vacances scolaires en mai. Une réunion de ce type avait déjà été organisé le 6 avril dernier spécialement pour le lycée Utrillo de Stains. « Le compte n’y est toujours pas », critique un des parents de cet établissement, malgré l’annonce, le 11 avril, de la présidente de la Région, Valérie Pécresse, d’une enveloppe de 25 000 euros pour le système de vidéo-surveillance d’Utrillo. Pour Agnès Renaud, les mesures prises par les institutions ne sont pas à la hauteur. « Ce sont des pansements sur une jambe en bois, critique-t-elle. Ils attendent quoi ? Qu’il y ait un mort ? »

La situation, elle, reste tendue. Vendredi 13 avril, de nouveaux incidents ont éclatés aux abords du lycée Paul-Éluard où des bandes de jeunes se sont opposés, après un épisode similaire trois jours plus tôt. Les manifestants ont décidé de continuer à se mobiliser. Ils ont appelé à participer à la grève du 3 mai avec un départ de Saint-Denis pour la manifestation parisienne.

Aziz Oguz