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Insalubrité
/ Ces immeubles en danger

L'immeuble situé au 38 rue Bonnevide a été évacué en 2014 suite à un arrêté de péril imminent. Aujourd'hui, il est comme abandonné. (©) Yann Mambert / Le Journal de Saint-Denis
L'immeuble situé au 38 rue Bonnevide a été évacué en 2014 suite à un arrêté de péril imminent. Aujourd'hui, il est comme abandonné. (©) Yann Mambert / Le Journal de Saint-Denis

Combien y a-t-il d’immeubles à risque comme celui du 17 rue Catulienne dans la ville ? S’il est difficile d’avoir un chiffre précis, Plaine Commune estime que 21,5% du parc locatif privé de Saint-Denis est potentiellement insalubre et inhabitable, contre 6% au niveau national, 7,2% à Paris et 13% à Marseille. En 2017, 24 arrêtés de péril et 63 arrêtés d’insalubrité ont été pris.

Le centre-ville est particulièrement concerné mais tous les secteurs de la ville sont touchés par ce problème, à l’image de l’immeuble du 71-73 avenue du Président-Wilson à la Plaine, frappé d’un arrêté de péril imminent depuis novembre 2017.

Les copropriétés du centre-ville peuvent bénéficier de l’aide de l’État à travers l’Opération programmée d'amélioration de l'habitat (Opah). Mis en place en 2011, ce programme a été étendu jusqu’en 2022. Il permet aux copropriétés de bénéficier de subventions dans leurs travaux de rénovation. Son budget est estimé à 12,03 millions d’euros.

Depuis 2010, le Programme national de requalification des quartiers anciens dégradés (PNRQAD) a permis la résorption de l’habitat insalubre dans le quartier de la Gare et de la Porte de Paris. Cette année, cette opération a été élargie à quatre îlots du centre-ville : des immeubles au 15 place Victor-Hugo, 48 rue de la République, 72-76 Gabriel-Péri et 45-59 rue Gabriel-Péri. Au total, le budget du PNRQAD est estimé à 61,5 millions d’euros.

Les procédures peuvent être extrêmement longues. Ainsi, l’immeuble au 53 rue Gabriel-Péri vient à peine d’être d’inscrit au PNRQAD. « Il était déjà fermé quand on est venu s’installer en 2007 », raconte l’assureur au 63 de la rue. Il a vu l’ancien café Le Montagnard s’affaisser par le milieu.

Plus loin, au 39 rue Gabriel-Péri, des travaux de réhabilitation ont commencé en 2018 dans le cadre du PNRQAD. Ce bâtiment avait été ravagé par un incendie en 2012. Les nouveaux logements devraient être livrés en 2020.

Légèrement excentrée du centre-ville, juste à côté de la cité Gabriel-Péri, la rue Bonnevide est emblématique de la situation de la ville. À l’entrée de cette voie, deux immeubles, aux numéros 2 et 4, sont maintenant vides depuis plusieurs années. Au 38, un étai qui mord sur la route soutient le bâtiment. Il a été évacué en 2014 suite à un arrêté de péril imminent. La structure du bâtiment avait été fortement fragilisé par des fuites d’eau dans la canalisation sous la voie publique, faisant craindre un effondrement. Aujourd’hui, l’immeuble est comme abandonné. Au 40, le bâtiment contigu a plus de chance. Il est inscrit dans l’Opah. Il semble être récupérable, contrairement à son voisin.

AO

Réactions

Bonjour le jsd, pourquoi ne jamais faire une analyse des raisons du nombre très important d'immeubles insalubres?
Bonjour. Saint Denis a fait l'effort de battre Marseille avec 21% du Parc privé "potentiellement insalubre". Marseille qui est pour ma part une référence dans la crasse et la saleté (même s'il y a eu des améliorations). Et Saint Denis a réussi à faire pire... Est ce que c'est à cause de l'état.?? Je ne crois pas. En tout cas, pas entièrement. Tous d'abord, il y a l'environnement qui est favorable. Comme à Marseille, les investisseurs qui ne vivent pas dans la ville achètent pas cher des logements pour une rentabilité forte. Et c'est souvent, des notables (avec un fort pouvoir financier) qui accaparent des villes comme Saint Denis. Et on a des élus (Braouezec, Paillard à Saint Denis, Gaudin à Marseille) présents depuis longtemps sur le "territoire" qui donne le ton de la ville. Favorisant les investisseurs aux détriments des habitants. L'illusion du social. Le logement comme d'autres domaines est un moyen de garder une population sur les dents. La gestion urbaine de proximité (en échec à Saint Denis) prouve que les politiques publiques de la ville favorisent la pauvreté car les quartiers pauvres restent pauvres. Ceux qui peuvent (un peu de moyen) partent et sont remplacés par des plus pauvres encore... Et puis on a S. PEU, L. RUSSIER avec des larmes de crocodiles à chaque drame. C'est le comble...
@Paul Très bonne question, en faisant cette analyse on va se rendre compte que le pompier et le pyromane sont une et même personne.
Paul, vous connaissez la réponse, l'insuffisance chronique du nombre de logement. Cette situation permet de proposer n'importe quoi à n'importe quel prix. Les propriétaires bailleurs en ces circonstances n'ont aucun intérêt à investir dans l'entretien des biens mis à la location. Des dispositifs publiques d'aide existent pour la rénovation ou l'entretien, mais le fait d'en bénéficier les obligeraient à pratiquer des loyers plafonnés. Le marché du logement est comme les autres marchés la pénurie fait grimper les prix. Rompre avec cette pénurie ferait que la qualité de la chose louée et les loyers pratiqués ne pourraient que prendre un sens plus vertueux. Je ne répondrai pas inepties d' Abdel et d' Azzedine biens connus sur ce site pour leurs délires obsessionnels .
Bonjour. @Démocratie Forcément, une seule parole: Celle de la municipalité. Elle qui a toujours les bonnes idées depuis 40 ans... Mais malheureusement pour les habitants, elles ne fonctionnent pas du tout. La pénurie n'est pas qu'a Saint Denis, n'est ce pas??? Elle est sur toute l'ile de France. La vraie question est de savoir pourquoi à Saint Denis, les marchands de sommeil prospèrent et pas ailleurs. Je pense avoir répondu en partie à la question. Les investisseurs ont en rien à faire des habitants. Ce qui compte, c'est la rentabilité. Et on a des élus qui favorisent les investisseurs en lieu et place des habitants. Cela se vérifie tous les jours dans tous les aspects de la vie quotidienne. Pourquoi pas favorisé l'investissement des habitants dans leurs habitations et ne pas avoir des quartiers à 94% de logements sociaux ou il n'y a pas d'échappatoire pour les habitants. A part payer des logements HLM pourris qui ont déjà été payé deux fois... C'est toute la gestion de la ville qui a été une erreur. Entasser les pauvres, les uns sur les autres. Est ce que eux veulent une ville populaire..?? Est ce qu'il veulent vivre dans la crasse?? Non ceci est imposer par une municipalité hors sol qui prétend sauver les classes les plus fragiles mais au final les enfoncent (cf la gestion urbaine de proximité)
@démocratie. L'insuffisance de logement sur le marché est un problème. Ce problème est concentré en ile de France et dans les grandes villes. Cependant cela ne répond pas à mon interrogation, pourquoi la ville de st Denis est aussi impacté?
@democratie; Toujours à côté de la plaque, on vous demande la météo, vous nous donnez l'heure Vos arguments ne fonctionne plus car vos histoires à dormir de bout ne colle pas à la réalité constaté par tous depuis 40ans. St-Denis vivrait dans un monde parallèle selon vos dires et ce qui marche ailleurs ne marche pas à St-Denis..MDR
Paul, les historiens et les sociologues ont de longue date analysé ces phénomènes. L'histoire sociale d'une ville produit toujours les mêmes effets. Pour faire court, jamais la ville depuis la seconde moitié du 19éme siècle n'a pu loger correctement ses habitants.Ville industrielle avec un parc logement uniquement privé jusqu'à la seconde guerre mondiale, ce dernier est rare et insalubre, des études des années 50 sont de ce point de vue très éclairantes. Pourquoi, les guerres n'y sont pas pour rien, mais aussi l'absence de politique public du logement . Les années 50 marquent un tournant, le développement ,avec des financements publics, d'un logement accessible, hors du marché, permet de loger et reloger des dizaines de milliers de familles modestes et les sortir des taudis. Années 1970 désindustrialisation de masse, le tissu social des salariés évolue, les taudis accueillent pour le plus grand profit des propriétaires des catégories , pauvres parmi les pauvres précaires et parfois dans des situations administratives compliquées. Saint-Denis, grande ville ouvrière est sans doute plus marquée par ces évolutions que connaissent ou on connues toutes les villes de la petite couronne. Mais aussi, par le regard et l'action humaniste d'une ville qui a toujours déclaré et défendu le droit au logement pour tous. D'autres ont choisi de laisser le marché opérer , avec la conséquence voulue , chasser les plus faibles.(Levallois bien sur mais pas seulement) Je ne peux m'empêcher, Azzedine, oui le parcours résidentiel est positif , le passage par un logement aidé ne durait souvent qu'un temps. Aujourd'hui c'est à l'évidence plus compliqué la baisse du pouvoir d'achat , la précarité et le chômage de masse n'y sont sans doute pas pour rien. Azzedine vous pouvez me donner des précisions sur les logements HLM payé deux fois ou est ce une nouvelle ânerie dont votre production ne se tarit jamais ?
@démocratie, merci de vos éclaircissements. Japporterai des nuances, personne ne laisse le marché en France et c'est d'ailleurs un problème car l'argent public finance le privé. Pour les logements sociaux, je pense que si on veut "sauver" ce fameux vivre ensemble, il faut ramener la part du logement social à 25% car au dela ça ne fonctionne pas. Plusieurs villes font cette mutation : Montreuil, st Ouen.. . Avec des résultats positifs.
Bonjour. @Démocratie Le problème est la. On laisse des sociologues ou des historiens analyser pendant 20, 30 et même 40 ans et repartaient dans les beaux quartiers sans actions concrètes (un peu comme E. ORSENNA qui se gargarise de la reconstruction de la basilique mais qui n'a pas un mot pour les habitants et qui se permet de soutenir D. PAILLARD tout en habitant le 7eme arrondissement de Paris). Seul l'abbé Pierre a su mettre les politiques face à leur responsabilités. Le temps des demi-mesures est terminé. Pendant longtemps, on a entassé une population invisible qui ne disait rien car fragile (sans papier, sans droit, immigré, précaire, etc...) mais qui bien utile dans le capitalisme. Les HLM étaient effectivement qu'une étape avant la propriété individuelle... Mais qui mettre dans ces HLM? car le nombre de nouveau entrant dans la vie active diminué de jour en jour... On a allait pas les laisser vide non plus. On a donc mis les immigrés qui étaient dans les bidonvilles... Pour ne plus jamais en partir car leurs salaires plafonnés ne leurs permettait pas d'en partir. Avec pour conséquences tous les problèmes que l'on connait. Donner un toit et rentrer chez soi en estimant avoir sa BA... Tel est le leitmotiv des élus de la ville. Leur donner un toit n'est plus suffisant. Il faut anticiper, mais à Saint Denis, on anticipe uniquement la prochaine échéance électoral pour savoir qui aura tel ou tel poste. BRAOUEZEC PAILLARD et RUSSIER se sont refiler le fauteuil de maire sans réelle participation des habitants. Oui les HLM ont été payé deux fois. Les prêts pour la construction d'HLM dans les années soixante étaient pour 30 ans. Certains ont payé toute leur vie une habitation pour laquelle il ne seront jamais propriétaire. On peut toujours en parler... Les élus ont les moyens d'agir mais ils préfèrent parler de ville populaire et laisser les gens dans la précarité et dans les taudis. Le permis de louer est un échec annoncé... Quel sans papier ira dénoncer son logeur...??? Quelle personne ira dénoncer son logeur au risque de se retrouver à la rue comme sur l'avenue du Président Wilson...?? Comme je vous l'avait, la gestion urbaine de proximité l'avait évoqué. Ceux qui peuvent partir, partent. Les autres restent en attendant une vie meilleur. Vouloir une ville populaire, il faut aussi en assumer les conséquences... Quand j'entends dire de la part de Laurent RUSSIER que Saint Denis est un phare, c'est qu'il n'a rien compris à la vie des plus pauvres de la ville.
Paul, quand les demandeurs sont pour l'immense majorité sous les plafonds qui autorisent l'accès au logement social vous leur répondez quoi ? les 25 % sont atteints et allez voir ailleurs dans le privé , pas à St Denis les loyers sont trop chers, en grande banlieue ou les appartements sont moins chers.Vous achèterez une voiture !!
Je comprends le problème mais de toute façon la ville de st Denis ne peut pas y répondre car plus elle construit de logements sociaux et plus les classes moyennes supérieures partent. Chaque ville doit prendre sa part de responsabilité. Tiens il y a un article sur Boulogne dans le jsd. La ville doit redevenir attractive à tous les niveaux si elle ne veut pas sombrer.
Bonjour @Paul. Le problème à Saint Denis, c'est qu'on est dans l'idéologie et le cour-termisme. On loge mais on se préoccupe pas de l'école, de la sécurité publique, ou de transport... Les élus disent c'est l'état. D'accord, mais il y a des habitants et des vies derrière. Personne ne se préoccupe de cela. Ah si, les sociologues qui font toujours de grandes conférences et de longues thèses. 30 ans après les faits. En attendant combien de vies gachées. De mal vie pour reprendre les mots de S. PEU. Je reprends les mots de Pierre RAHBI (c'est pas le mec de droite....) chacun doit faire sa part. Ce que je constate à Saint Denis, c'est que les élus réclament une prime à la bêtise et à l'erreur. Eux ils appellent cela prime aux villes bâtisseuses. Ils ont juste permis à d'autres villes de rester entre riches et de ne pas de construire d'HLM... C'est tous ce que je constate. @Démocratie 80% de la population française à légalement droit au HLM mais tous le monde ne souhaite pas y habiter. La preuve, plus de 50% des ménages sont propriétaires de leurs logements... Le HLM doit redevenir ce qu'il était pour l'avenir des villes qui ont construit ce type de logement, un passage de la vie. La on entasse la misère ce monde sans leurs donner un avenir meilleur. Sauf pour certains élus qui se nourrissent de cette misère pour faire leurs beurre.... Je vais les citer: BRAOUEZEC, PAILLARD, PEU, BAGAYOKO, RUSSIER et tous les élus qui les suivent. Etre dans la lutte, ça va un temps, proposer uniquement cela... Les habitants se lassent. Ce ne sont pas de politiques. Ils veulent juste offrir un avenir meilleur à leurs enfants. Et les élus au dessus, leurs proposent l'inverse.

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