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Village olympique
/ CDC et Nexity raflent la mise…Vinci se fait attendre

Avant la présentation des projets pour l’éco-quartier de l’Île-Saint-Denis, les programmes sélectionnés pour le site de Saint-Ouen ont été dévoilés le 22 novembre. Mais rien ne transpire encore des projets de Vinci Immobilier pour le site dionysien d’Universeine.
Au cœur du futur village olympique, la Cité du cinéma. © Nexity SA, Eiffage Immobilier
Au cœur du futur village olympique, la Cité du cinéma. © Nexity SA, Eiffage Immobilier

Prévu pour héberger 15 600 athlètes et leurs staffs, le village des JOP 2024 s’étend sur 51 hectares, à la jonction – faut-il le rappeler – de Saint-Denis et de ses deux voisines, riveraines des bords de Seine. À l’Île-Saint-Denis, il va s’insérer à l’écoquartier qui a été projeté depuis vingt ans par les élus locaux sur les friches laissées par d’anciens entrepôts.

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La perspective de cette greffe de 47 500 m2, dont les contours seront dévoilés le 5 décembre (1), est accueillie sur place avec la plus grande sérénité. Elle permettra même d’après l’architecte coordinatrice de l’écoquartier, d’en renforcer les ambitions environnementales, grâce au financement d’infrastructures, tel le mur anti-bruit de l’A86, ou l’enfouissement des lignes à haute tension. De plus, l’offre de 2 500 places d’hébergement pour les athlètes et leurs accompagnants n’aboutira pas à invalider la convention qualité constructions neuves de Plaine Commune. Laquelle encadrera les prix des logements qui seront aménagés dans ces immeubles au lendemain des JOP. L’impératif pour les élus étant de favoriser dans le quartier les « accédants » plutôt que les investisseurs.

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À Saint-Ouen, par contre, les protestations se sont fait entendre dès l’annonce des 100 000m2 du périmètre olympique parce qu’il va faire table rase d’un foyer Adef, d’une résidence étudiante, de plusieurs entreprises... Et impacter la vie d’au moins 400 personnes qui devront s’en aller vivre ailleurs. Un « détail » au vu des enjeux olympiques et du futur quartier présenté le vendredi 22 novembre.
 

Livraison 1er mars 2024
 

En présence du préfet de région Michel Cadot, la Solideo, société de livraison des ouvrages olympiques l’a annoncé ce jour-là, ce sont les groupements formés l’un par CDC (Caisse des dépôts et consignations) et sa filiale Icade, l’autre Nexity et Eiffage, qui ont remporté la mise. Sur les 48 250 m2 de plancher du secteur D construit par CDC et Icade, en limite de la Cité du cinéma, une douzaine d’immeubles seront alignés entre Seine et rue Ampère. Ils se répartiront entre 407 « logements pour tous », dont 241 en accession libre, 93 sociaux et 150 chambres étudiants, 9 300 m2 de bureaux, 3 000 m2 pour le sport, la culture et la restauration, ainsi que 130 m2 de commerces.

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Les mêmes proportions ont semble-t-il été prévues par Eiffage pour les 52 000 m2 du secteur E. D’une hauteur maximale de 28 mètres, soit 8 étages, les immeubles se singularisent moins par leur originalité architecturale, avec leur profil massif, voire austère, que par leur conception. Leur ossature en bois devant permettre de réduire de 40 % leur empreinte carbone, comme l’indiquent les communicants qui ont rivalisé de lyrisme pour vanter « un lieu de vie d’exception » ainsi qu’au bas des immeubles « un abri pour la biodiversité », avec « des arbres de grande hauteur », voire « une forêt » ! 
 

Après les premiers travaux d’aménagement annoncés pour le printemps 2020, les constructions devraient démarrer au premier trimestre 2021 pour une mise à disposition du village olympique au 1er mars 2024.

À Saint-Denis, les 109 000 m2 de la ZAC olympique sur le site Universeine seront soumis au même calendrier. Rappelons que ce secteur avait été confié en 2011 à Vinci Immobilier pour un projet urbain qui a été révisé dans la perspective d’y accueillir quelque 10 000 athlètes. Depuis, quatre immeubles ont été édifiés au nord du périmètre, et un autre, hôtel d’accueil de start-up du numérique, devrait être prochainement livré.

Sur les terrains déblayés, réservés au village olympique, le promoteur avait pris ainsi quelques longueurs d’avance. Du moins pouvait-on le penser et envisager une concertation que n’autorisait guère la pression du calendrier pour les autres sites olympiques. Mais pour l’heure, le groupe Vinci n’y laisse entrevoir aucune programmation immobilière. Et si Universeine apparaît bien sur son site internet, sa configuration est inchangée, indifférente aux projets olympiques pour le moment.

Marylène Lenfant

(1) Les projets sélectionnés seront présentés ce jeudi 28 novembre à 19h, à la Maison des initiatives et de la Citoyenneté, au 1 bis, rue Méchin.

Réactions

Les jeux olympiques se dérouleront au mois d'août 2024. En mars 2024 lors de la livraison du secteur E, la SOLIDEO ne pensera peut-être pas à tester le chauffage des logements construits par EIFFAGE. En novembre 2024 on s'apercevra trop tard que le chauffage ne fonctionne pas dans ces immeubles. Le groupe EIFFAGE possède un énorme service juridique, pour lequel travaille des dizaines d'avocats expérimentés du barreau de Paris. Le groupe EIFFAGE se contrefout des désordres et des malfaçons qu'il laisse dans les habitations, car il sait que son service juridique gagnera les expertises judiciaires et gagnera les procès sur des erreurs de procédure. Les garanties de parfait achèvement et décennale ne fonctionneront pas (quelle neutralité des experts nommés par les assureurs ?). En 2025 la réparation des erreurs de conception et des malfaçons du secteur E du village olympique coûtera des dizaines de millions d'euros au département de Seine-Saint-Denis lesquels se répercuteront sur les impôts locaux des séquano-dionysiens.

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