Cultures

Cœur ardent brûle les planches

Coeur ardent, d’Alexandre Ostrovski, présenté au TGP jusqu’au 15 février, débute de manière épurée, une toile peinte figurant une forêt en hiver pour seul décor. Nous sommes au cœur du théâtre russe, témoins d’une société de riches marchands et de « petites gens » où règne la cupidité, la mélancolie, le ridicule et une fragrance de poésie mêlés. Et puis il y a Paracha, jeune fille décalée, assoiffée de liberté. Insoumise. À la fois Alice au pays des marchands et femme révoltée de tout son être. À ses côtés, Gavrilo, commis tellement naïf qu’il croit en la justice ! 2 000 roubles disparaissent de la poche du marchand le plus riche et cette petite société s’en trouve sens dessus dessous. Dès lors, le spectacle bascule, la mise en scène de Christophe Rauck taille en pièces le bel ordonnancement initial et, avec des décors extraordinaires d’inventivité et de surprises dont les changements s’opèrent avec une ingéniosité magique, elle crée une succession de séquences toutes plus délirantes les unes que les autres.
Des comédiens magnifiques
Mais la folie n’est jamais gratuite : elle épouse l’histoire, le texte d’Ostrovski nous étant superbement offert par la traduction d’André Markowicz, étonnamment proche. Nous voilà entraînés dans une course sans cesse renouvelée, allant de trouvailles en surprises, au cours desquelles Christophe Rauck invoque avec légèreté et subtilité tantôt le cinéma en noir et blanc, tantôt un surréalisme façon Buñuel en plus gouailleur, ou encore, au final, l’émotion absolument pure propre à Chaplin…
Cette fable de la libération, d’une quête d’absolu est portée par des comédiens magnifiques, à l’image d’Hélène Schwaller (Paracha, toute de candeur et d’intensité mêlées), de Jan Hammenecker (Kouroslépov, le patron qui voit le ciel se fendre), de Thomas Blanchard (Gavrilo, émouvant de pureté) ou encore de Jean-Luc Couchard (Khlynov, l’arrogant et suffisant nouveau riche). À ne pas manquer.
B.L.

Coeur ardent d’Alexandre Ostrovski, mis en scène par Christophe Rauck, au Théâtre Gérard-Philipe (59, boulevard Jules-Guesde) jusqu’au 15 février, du mardi au vendredi à 20 h, samedi à 19 h, dimanche à 16 h. Relâche le lundi. Tarifs : 20 €, 13 € pour les habitants de Seine-Saint-Denis, 10 € pour les Dionysiens. Réservations au 01 48 13 70 00 ou sur reservation@theatregerardphilipe.com

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