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Sport de combat
/ Boxe en tous genres

Depuis quelques années déjà le développement du sport féminin est une priorité. Les sports de combat ne font pas exception à la règle. Plusieurs clubs dionysiens proposent des cours réservés aux femmes.
Elles sont une quinzaine de femmes à suivre le cours de Majid Bouhenna, délocalisé à l’université Paris 8 suite à l’incendie du dojo de l’Avant-Garde.
Elles sont une quinzaine de femmes à suivre le cours de Majid Bouhenna, délocalisé à l’université Paris 8 suite à l’incendie du dojo de l’Avant-Garde.

« Vous avez fini Game of Thrones ? - Je suis en plein dedans, ne spoile pas ! » L’ambiance est joviale le mercredi soir dans le dojo du cours de Lady Boxing de l’Avant-Garde (1). Depuis septembre dernier ce cours de boxe thaï, dispensé tous les mercredis et vendredis soir, est réservé exclusivement aux femmes. Une quinzaine d’inscrites suivent ainsi une à deux fois par semaine le cours donné par Majid Bouhenna sacré vice-champion de France en 2007. « L’œil du tigre, c’est ça que je veux voir ! », lance le coach durant un exercice de gainage. Car si l’atmosphère est bon enfant, l’heure d’entraînement reste néanmoins physique.

Ces séances spécifiques s’ajoutent aux cours mixtes que proposent la plupart des clubs de sports de combat (boxe, judo, karaté, etc.) à Saint-Denis. Véritable sport de contact, la boxe thaï se pratique avec les poings, les coudes, les tibias et les genoux : elle associe ainsi cardiotraining et renforcement musculaire. « J’ai toujours aimé les sports de combat, j’ai fait des arts martiaux pendant des années », argue Stéphanie qui s’entraîne depuis septembre à l’Avant-Garde. J’aime le contact au corps. » « C’est un sport très complet qui apporte une vraie harmonie musculaire », détaille Sam Berrandou, fondateur du désormais trentenaire club de boxe thaïlandaise Lumpini. Lui a ouvert, en septembre 2016, un cours de muay thaï féminin dispensé deux fois par semaine. « C’est une pratique loisir, il n’y a pas de compétition , explique cet ancien champion de France. Au début il n’y avait même pas de contact mais finalement ce sont les filles qui l’ont demandé ».

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Sur des rythmes disco-funk le cours du mardi soir bat son plein au gymnase Irène-Popard. Un peu moins d’une trentaine de femmes sont inscrites et pratiquent cette boxe « aux huit armes » avec les conseils bienveillants de Sam Berrandou, considéré comme un pionnier du muay thaï français. Désormais vice-président de l’office des sports de Saint-Denis, il a vu naître la discipline dans les années 1970 et a grandement participé à sa démocratisation.


Muscler son mental

Le développement du sport féminin est une réelle nécessité : en 2014, elles n’étaient que 20% à représenter les licenciés de la Fédération française de boxe. Le CNDS (Centre national pour le développement du sport) s’est emparé du sujet et subventionne les projets des clubs qui visent à développer le sport féminin. Ainsi en 2018, un budget de 1,8 million d’euros avait été alloué et a permis de subventionner en Seine-Saint-Denis 339 clubs à hauteur d’au minimum 1500€. Que ce soit pour la praticité des horaires ou dans le cadre d’une reprise d’activité physique, l’aspect bienveillant des cours entre femmes attire.

« Ça me met beaucoup plus en confiance, je n’ai pas peur de me sentir jugé, souffle Jade, 23 ans entre deux exercices au gymnase Irène-Popard. Et puis on n’a pas l’appréhension de se retrouver face à un gros bourrin. » Pour Sam Berrandou, la pratique du muay thaï permet aux femmes de muscler leur mental. « Elles prennent surtout conscience de leur capacité à se défendre », détaille-t-il. « Je me fais parfois des scénarii et je me dis que maintenant si on m’emmerde je décroche un uppercut », développe Coralie qui avoue avoir gagné en assurance et avoir appris pleins de choses sur son corps.

Olivia Kouassi

(1) Suite à l’incendie qui a ravagé l’Avant-Garde vendredi 26 avril et face aux dégâts qu’a subi le dojo, les entraînements de Lady Boxing ont repris lundi 13 mai dans une salle de Paris 8.


Le karaté pour se reconstruire

Utiliser le karaté pour retrouver l’estime de soi et se réapproprier son corps. La triple championne de karaté Laurence Fischer enseigne cette discipline à des femmes victimes de violences depuis un an à la maison des femmes. « Les séances sont basées sur la sensation, l’identification des émotions et la prise de conscience de son corps », explique la karatéka. On n’est pas dans la performance, c’est une manière de se reconnecter et un outil pour exprimer sa colère ».

Plus d’une centaine de femmes ont d’ores et déjà foulé ce dojo qui propose « de placer le sport au centre du processus de résilience » dans un contexte pluridisciplinaire où psychologues et sexologues sont présents. La prochaine étape pour cette championne d’une discipline qui fera son entrée aux JOP à Tokyo en 2020 est de mettre en place une méthodologie de la pratique pour pouvoir former d’autres personnes et étendre le réseau.

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