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Collège désert
/ A Barbusse, un droit de retrait pour la sécurité

Les parents se mobilisent pour que les pouvoirs publics enrayent un cycle de violence qui met en danger élèves et personnels de l’établissement. Après une première réunion, ils restent sur leur faim.
Les parents d'élèves devant le collège Barbusse, mardi 17 janvier 2017
Les parents d'élèves devant le collège Barbusse, mardi 17 janvier 2017

Devant le collège Barbusse, les parents ont attaché une banderole: « Collège à l’abandon. Nos enfants à la maison. » Mardi 17 janvier, l’établissement est désert à l’appel des représentants de parents d’élèves FCPE, qui ont invoqué « un droit de retrait pour la sécurité de nos enfants et des personnels éducatifs ».

Un père témoigne : « C’était le chaos à la rentrée : des rixes entre bandes aux abords du collège, du racket. On a vu des battes de baseball, des tasers… Mon emploi du temps se calque sur les horaires de mon fils pour assurer sa sécurité ! » Des enseignants sont solidaires. « Par porosité, les problèmes entrent dans le collège », dit un prof. « Ça arrive dans d’autres établissements, publics ou privés. Ici, on a choisi d’en parler. Mettre les choses sous le tapis, c’est contre-productif au final. »

Les parents demandent aux pouvoirs publics d’agir. « La police municipale est présente à la sortie, mais ça ne suffit pas », explique un parent. « On demande à la police nationale d’être là. On veut aussi un adulte-relais, l’activation d’une cellule de veille. On ne veut pas attendre un drame avant d’agir. Ce n’est pas normal que les CPE aillent jusqu’au skate-park pour désamorcer des bagarres »

Des élus les soutiennent. « On ne cherche pas à se renvoyer la balle, tout le monde doit travailler ensemble », dit Julien Colas, adjoint au maire, présent avec Silvia Capanema, conseillère départementale. « Pour assurer la sécurité, il faut des gens dont c’est le métier. Aujourd’hui, cela repose trop sur la bonne volonté des parents, des enseignants, de la maison de quartier... »

 Le soir même, une réunion a eu lieu avec la sous-préfète, le commissaire, un délégué du préfet, le maire adjoint à la sécurité. « Le commissaire nous a dit qu’il ne pouvait pas garantir la présence de ses hommes », regrette un parent. « Quant à l’embauche d’un adulte-relais, la procédure est en cours à la préfecture, mais ça prend du temps… »

La police et le collège vont organiser une réunion pour sensibiliser aux bonnes conduites. Les parents ont obtenu des contacts directs pour améliorer le signalement des faits et l’enregistrement des plaintes. « C’est déjà une bonne chose de s’être réunis autour d’une table », rapporte un père. « Mais on n’est pas satisfaits et on va rester vigilants. Si dans un mois la situation ne s’est pas améliorée, on pourrait relancer notre mouvement. »


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