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La Plaine
/ Avenue du Président Wilson, habitants et migrants à bout

© Yslande Bossé
© Yslande Bossé

Mardi 15 octobre dans la matinée, elles sont une quinzaine rassemblée devant la médiathèque Don Quichotte, à quelques mètres des rangées de tentes vertes, qui depuis cet été n’ont cessé de fleurir les terre-pleins de l’avenue du Président Wilson. Ces mamans du quartier sont venues témoigner de leur quotidien et crier leur « ras-le-bol » après un incident « grave » survenu lundi 14 octobre à la Plaine.

Vers 17h30, alors qu’elle venait de récupérer son enfant de deux ans et demi à la crèche et s’apprêtait à aller chercher son « fils plus grand », à l’école, Sandy, une maman a été agressée par un individu, « un migrant » a-t-elle précisé. « On était au niveau du Franprix, il est arrivé vers nous, a serré son poing et a mis un coup sur le front de mon fils. Ensuite il a continué à marcher comme si de rien n’était », a raconté l’habitante. « Le temps que je réalise ce qu’il vient de se passer, je me mets à l’insulter et lui demande pourquoi il a fait ça. Puis je mets mon fils à l’écart, je vais le voir et lui dit ‘’excusez-moi’’ en lui touchant juste l’épaule, là il s’est retourné et m’a frappé. Je l’ai frappé aussi », a poursuivi la mère de famille pour qui il est « fort probable », que l’homme « était drogué ». Plusieurs habitants du quartier viendront porter secours à Sandy, dont Djamel.

« Cet homme est malade dans sa tête, il marche toujours tout seul. Il est allé s’asseoir dans le parc, je lui ai demandé pourquoi il a tapé une femme et son enfant », a-t-il raconté. Après avoir appelé la police « pendant plus de 45 minutes », Sandy est allée en fin de soirée à l’hôpital Delafontaine. « J’y suis sortie vers minuit. Mon fils a un hématome du front et un hématome superficiel de la face. Moi j’ai un hématome de la pommette gauche », a avancé la mère de famille qui compte porter plainte.

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« Violence quotidienne »

Sabrina, fait partie du groupe de mamans qui est resté le jour de l’incident avenue Wilson, à attendre l’arrivée des forces de police « qui ne sont jamais venues ». « Au début, ils nous disaient qu’on allait être mis en lien avec le commissariat de la Plaine puis à chaque fois qu’on rappelait, ils nous raccrochaient au nez. Il faut qu’il y ait un drame pour qu’ils réagissent ? », a-t-elle questionné. L’incident de ce lundi 14 octobre a mis en émoi ces mères de familles pour qui la situation avenue Wilson est aujourd’hui « invivable ».

Toutes ont mis en lumière en présence de l’élue du quartier Suzanna de la Fuente et de quelques membres du Collectif Solidarité Migrants Wilson, leurs inquiétudes et soucis quotidiens : l’impossibilité d’amener leurs enfants jouer dans le square de jeux occupé par des tentes, la vue des personnes migrantes contraintes de se laver dehors, la « cohabitation » avec les personnes réfugiées à la bibliothèque du quartier, la proximité avec la colline du crack » … « Les mamans sont en première ligne, elles sont confrontées à cette violence quotidienne depuis quatre ans. On n’est pas là pour jeter la pierre aux migrants, on est là pour raconter une réalité. Qu’est-ce que fait concrètement la Ville de Saint-Denis ? », s’est exclamé Y. Soumaré.

« Combien de temps une seule tente serait restée en place à Vincennes, à Neuilly-sur-Seine, à Boulogne ? Une minute ? Là, ça fait quatre ans. Les migrants font partie des murs », a exprimé Julie (le prénom a été changé). Pour Loïc, de la Compagnie Jolie Môme, venu écouter les mamans, « les problèmes dans le quartier se mélangent et s’additionnent. Il y a les problèmes qu’ont les gens ici, il y a le problème du mésaccueil fait aux réfugiés, il y a la toxicomanie à la Porte de la Chapelle ». Philippe Caro, conseiller municipal et membre du Collectif Solidarité Migrants Wilson, présent sur place, a quant à lui proposé d’accueillir les exilés dans les anciens studios d’AB Productions, situés 12, rue de la Montjoie, « pour libérer le square dit ‘’de la boule’’ sur l’avenue Wilson ainsi que le parvis près de l’église de la Plaine. Ces locaux rachetés par Plaine Commune sont vides depuis des mois et les resteront encore un bon moment avant qu’ait lieu un jour une opération de démolition-construction ».

Dans un communiqué, la municipalité a réitéré à l’État sa demande « d’opération de mise à l’abri » des réfugiés de l’Avenue Wilson. Et demande également que « la présence policière soit renforcée » afin « d’éviter qu’une telle agression ne se reproduise ». 

Yslande Bossé

Réactions

Bonsoir. Comment se fait il que la majorité actuelle (Bally Bagayoko et Laurent Russier), dans sa campagne, éludent complètement le sujet?? C'est comme avec les brochettes de la gare... Prévenu en 2015, c'est devenu invivable à la veille des élections et ça se bouge à qques mois des élections. Donc, en 4 ans, Saint Denis est toujours la terre de sans... Mais qu'en est il des habitants??? Je pose la question à tous les candidats (car la question ne se réglera pas d'ici Mars 2020) qu'elles solutions avez vous prévu pour ce sujet gravissime...??? A vouloir aider toute la terre entière, les élus ont volontairement oublié les habitants afin de monter au monde qu'ils sont meilleurs et le plus à gauche de la gauche. Qu'ils commencent à faire du local avant de faire de la politique internationale... On progressera.
Un jour il faudra éclaircir si la municipalité de Saint-Denis n'a pas laissé sciemment s'installer les migrants à la Plaine pour empêcher que les classes moyennes viennent s'installer dans ces nouveaux quartiers tout comme elle avait laissé les campements de roms s'installer Porte de Paris il y a quelques années. Il est comme même étrange que les migrants s'installent dans les villes dirigées (encore) par le PCF (Aubervilliers, Saint-Denis, etc) et non dans des villes d'autres couleurs politiques (Pantin, Saint-Ouen, Clichy, etc.) et pourtant voisines !
Bien entendu qu'il faut mettre à l'abri ces pauvres gens. Bien entendu que la détresse de ces migrants est insupportable ... mais la situation est devenue ingérable ! Hidalgo peut facilement trouver un local à Paris. Plaine Co peut également ouvrir les portes des studios AB ... mais tout le monde sait (sauf les hypocrites ou les profiteurs politiques) que 300 /400 nouveaux migrants s'installeront à Wilson !
Les studios D'AB sont situés devant l'école maternelle /primaire des drapier !!! C'est hors de question !!!
Il est en effet fort probable que la municipalité communiste joue un double jeu: la complaisance vis a vis de l'installation des migrants et l'indignation hypocrite devant la situation qui en résulte. Un dogmatisme d'une autre époque d'un côté... et la peur de se faire virer aux prochaines élections de l'autre. Pendant ce temps, les riverains vivent un enfer, les enfants ne peuvent aller seuls à pied à l'école, la saleté est épouvantable, les rats se multiplient. Merci Mr Russier.
Ce ne sont pas des réfugiés. Ils ne sont pas en danger dans leur pays d'origine. Depuis le 2 avril 2018 arrivée au pouvoir en Éthiopie d'Abiy Ahmed, la guerre entre ce pays et l’Érythrée est terminée (prix Nobel de la paix). Au Soudan grâce au premier ministre Abdallah Hamdok un régime démocratique se met en place. Dans beaucoup de pays africains la croissance économique comporte deux chiffres. Les opportunités de développement économique se situent plus en Afrique qu'en Europe. En Afghanistan des pourparlers de paix sont en cours entre des représentants talibans et le gouvernement afghan avec un accord de fin de conflit. La municipalité communiste dionysienne joue un double jeu, d'abord elle attire les migrants économiques et les sans-papiers à Saint-Denis puis elle se plaint de la situation qui en résulte et accuse l’État d'en être responsable. Ce double jeu fonctionne depuis 1991, il est très efficace d'un point de vue politique. C'est du grand art.

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