En ville

Aux arbres citoyens !

Habitants et élus ont symboliquement planté des végétaux pour montrer leur détermination de mener à bien les travaux d’embellissement de l’espace public, malgré les actes de violence.

« Je suis contente. Heureuse même de voir tout ça. » L’habitante enthousiaste vit depuis huit ans à Franc-Moisin. D’un geste ample du bras, elle désigne l’objet de sa satisfaction. Ici et là, et plus loin là-bas, sort du sol ce que les techniciens nomment « requalification des espaces extérieurs ». Et c’est vrai que le « Franc », qui avait accueilli les populations des bidonvilles dans les années 60, se démarque de sa condition d’enclave urbaine. L’embellie est appréciée, les habitants goûtent les améliorations successives qui, de fil en aiguille et surtout depuis la démolition du bâtiment 3, poussent la cité à devenir un quartier… Ces avancées plaisent mais, paradoxe, les travaux du renouveau doivent être protégés pour pouvoir aller à leurs termes. Samedi midi, 25 octobre, c’est cette mission qu’est venue accomplir une dizaine d’élus de la majorité municipale. Avec des habitants et des techniciens, ils se sont retrouvés pour planter des arbres. Le maire n’a prononcé aucun discours. Il a juste manié la pelle et s’est contenté de ce seul commentaire : « Nous sommes là pour montrer la volonté de la Ville d’aller jusqu’au bout de la reconquête urbaine et dire que rien ne nous fera reculer pour y parvenir. »
Cette action symbolique intervient après que le chantier a été pris à partie, à plusieurs reprises depuis quelques semaines. Un groupe prend pour cible les engins de chantier qui travaillent à la réalisation de plantations. « Ils courent vers les véhicules de travaux publics et balancent des cocktails Molotov », explique un habitant de la rue de Lorraine. Les ouvriers doivent être protégés par un vigile pour travailler. Les policiers de l’Unité territoriale de quartier (Uteq) veillent aussi et multiplient les patrouilles pour assurer la protection. Qui sont les auteurs de ces violences pour que rien ne change ? « On ne sait pas. On ne voit pas leurs visages. Ils se cachent derrière leurs capuches », explique un habitant. Un autre sourit quand on lui demande son avis sur les raisons d’une telle attaque en règle : « Tous les changements en cours dans la cité dérangent le commerce. Le trafic, c’est un commerce certes illégal, mais c’est un commerce… » Le même pointe aussi l’envie de certains jeunes de provoquer les policiers de l’Uteq : « C’est un défi qu’ils se lancent à eux-mêmes, presque un jeu. » Un jeu dangereux qui, pour l’heure et par chance, n’a blessé personne, mais qui est venu à bout de l’éclairage public, plongeant tout le quartier dans le noir : « Ils ont ouvert une trappe électrique et jeté une bouteille enflammée dedans », expliquent des techniciens du chantier. La mue de Franc-Moisin tient décidément toujours du bras de fer…
D.Sz

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