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/ Aurélia Guillet retrouve son Terrier

Un mystérieux train va pénétrer dans le Terrier, la quatrième, et peu utilisée, salle du théâtre dionysien. Aurélia Guillet y met en scène le Train zéro de Iouri Bouïda.
Le Train zéro mis en scène par Aurélia Guillet sera présentée dans la salle du Terrier. © Pascal Victor
Le Train zéro mis en scène par Aurélia Guillet sera présentée dans la salle du Terrier. © Pascal Victor

Le Terrier est une scène assez méconnue du TGP, la quatrième avec la grande et magnifique salle Roger-Blin, le bel espace de la salle Mehmet-Ulusoy et l'écrin de la salle Jean-Marie-Serreau. Méconnue car peu utilisée. Il faut dire qu'avec sa petite jauge, son plafond bas, ses poteaux, elle ne peut accueillir que peu de spectacles. Mais lorsque c'est le cas, cette atmosphère à la fois inquiétante et intime, de secret et de crépuscule, offre aux représentations qui s'y déroulent un surcroit de mystère et d'étrangeté.

C'est là que sera présenté, du 8 au 26 janvier, le premier spectacle de 2020 au TGP, Le Train Zéro. "Le Terrier est un espace minimaliste, propice à l'émotion" se réjouit d'avance la metteuse en scène Aurélia Guillet, qui connaît bien l'endroit puisqu'elle y avait monté avec bonheur en 2006 un précédent spectacle, Penthésilée Paysage. Publié en 1998, Le Train Zéro est un texte écrit par Iouri Bouïda, auteur russe né en 1954. Il raconte l'histoire d'Ivan Arbadiev, resté seul habitant d'un lieu déserté qu’il refuse de quitter, une gare d'un village contrôlé par l'armée, perdue au fin fond du monde, au bout de la Russie.

La vie y est tout entière tournée vers le passage quotidien d'un train, ce mystérieux Train Zéro, qui doit se dérouler sans aucun encombre. C'est un train dont on ignore tout, aux portes plombées, dont on ne sait ni ce qu'il transporte, ni d'où il vient, ni où il va. Iouri Bouïda nous raconte les derniers jours de cette colonie ferroviaire, qui a toujours vécu dans cette attente...

 

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"C'est un texte très bien écrit, à la langue précise, concise, plein d'humanisme et à la lisière du fantastique" annonce Aurélia Guillet. "Il y a là une allégorie de fin du monde, avec une atmosphère un peu kafkaïenne" ajoute-t-elle. Sur scène, un seul personnage, qui raconte ce néant. Ce conteur est interprété par Miglen Mirtchev, comédien bulgare qui vit et travaille en France depuis 1984. "C'est lui qui m'a apporté ce texte, avec lequel il a entretient un rapport intime" se souvient Aurélia Guillet. Plus qu'une histoire, il nous fait entrer dans l'espace mental d'un homme avec ses souvenirs qui peu à peu s'estompent.

"Nous sommes dans l'espace subjectif de sa mémoire, d'où sortent des bribes du passé. On pénètre alors dans un univers isolé, concentrationnaire, au bout du monde, comme une métaphore de la condition humaine." Si pour l'auteur il s'agit évidemment d'évoquer la fin du communisme et de son horizon soviétique fermé, on peut en faire une lecture plus large en ces temps anxiogènes de dérèglements climatiques. "Mais Iouri Bouïda a une manière de parler de la fin sans lamentations. Au contraire, pour lui penser à la mort devient quelque chose de vital. D'ailleurs, la dernière phrase du texte évoque "le vide incommensurable de l'avenir"... Il nous renvoie à la vie," poursuit Aurélia Guillet qui insiste sur le travail du comédien, son intensité et sa présence sur lesquelles selon elle tout repose. "C'est lui qui crée l'émotion, entre intimité et distance, qui fait que cette histoire d'un homme devient universelle. Il rend sensible ce qui le traverse avec une grande densité. Miglen Mirtchev fait passer cela par sa voix, son corps, auxquels s'ajoutent les lumières, le lieu, l'imagination... "
 

Benoît Lagarrigue

Le Train Zéro, de Iouri Bouïda, mise en scène d'Aurélia Guillet, du 8 au 26 janvier au TGP (59, boulevard Jules-Guesde), salle Le Terrier, du lundi au samedi à 20 h, dimanche à 15 h 30, relâche le mardi. Durée : 1 h. Tarifs : 6 € à 23 €. Réservations : 01 48 13 70 00 ; www.theatregerardphilipe.com

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