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/ Au commencement était Lucy

L’auteure et metteure en scène Bérangère Jannelle a eu envie d’écrire sur l’histoire du monde : quelle est la place de l’humain et que signifie remonter aux origines ? La découverte, en 1974, du squelette vieux de 3,18 millions d’années de Lucy est le point de départ de sa pièce Lucy in the sky est décédée.
© Heidi Folliet
© Heidi Folliet

En 1974, une équipe de paléoanthropologues franco-américains (dont Yves Coppens) fouillent le désert en Éthiopie, le long du grand rift africain. L’un d’eux est attiré par une pierre blanche, ronde et saillante. C’est en fait le genou émergent du squelette d’une petite femme de la famille des hominidés, bipède, vieille d’au moins 3,18 millions d’années. C’est en répertoriant ses 52 ossements, tout en écoutant les Beatles, qu’ils ont décidé de l’appeler Lucy, en référence à la chanson Lucy in the sky with diamonds.

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Cet événement est le point de départ de la pièce Lucy in the sky est décédée, écrite et mise en scène par Bérangère Jannelle qui sera créée au TGP du 6 au 22 mars. « J’avais envie d’écrire sur l’histoire du monde : quelle est la place de l’humain et que signifie remonter aux origines », explique-t-elle. Une question aussi bien émotionnelle, philosophique, anthropologique, artistique… « Dans la mémoire d’une vie, s’imbrique aussi celle de la collectivité. On contient en nous, à la manière des poupées russes, des fragments de la mémoire de l’humanité. Et donc je voulais écrire une histoire qui se raconte et qui raconte des histoires…»

Sur scène, trois jeunes gens : Luc, fils d’une des archéologues qui a découvert Lucy et passionné par celle-ci ; Abel, son ami qui a trouvé, enfant, les restes d’un tirailleur sénégalais dans le jardin de ses parents ; Isis, la fille aux yeux kaléidoscopes, qu’ils aiment tous les deux, passionnée par les mains dites négatives, ces premières manifestations de l’art et de la représentation de l’homme par lui-même. À ce trio s’ajoute Brunet, leur figure tutélaire, chef de mission qui les entraîne dans l’aventure sur le terrain. Lucy in the sky est décédée raconte l’histoire de ce groupe réuni par une même passion, tous persuadés que leur propre histoire intime est entremêlée dans une histoire plus vaste qu’eux qui s’étire et vient de la nuit des temps.

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« Voir ce qui fait communauté »

« Je ne voulais pas faire un récit documentaire mais raconter une histoire, certes documentée. C’est une fable qui passe par des personnages », confie Bérangère Jannelle. Peu à peu, selon ses mots, l’histoire s’est « tricotée » de façon naturelle. « Ce qui m’intéresse c’est de voir ce qui fait communauté, à partir de cette petite tribu qui est sur le plateau. J’ai aussi voulu travailler sur les liens d’amitié/amour entre les trois. Avec Brunet, ils composent une sorte de famille. » Autre thème abordé par la pièce, ces mains représentées sur les parois des grottes préhistoriques, en négatif, traces nues révélées par leurs seuls contours.

« Ce sont les premiers gestes d’art de l’humanité. À travers eux, il est question de la perte, de la mort et de la manière dont l’homme laisse une trace », dit l’auteure et metteure en scène. La scénographie du spectacle suggère un appartement où Luc, Isis et Abel auraient vécu ensemble, mais dont le sol est recouvert de pierre noire, volcanique. « C’est aussi un plateau paysage, un lieu qui peut être fouillé, à la fois cultuel et intime, traversé et envahi par cette matière, la lave, qui symbolise aussi bien la catastrophe que la fertilité. » `

Et puis il y a la musique, celle des Beatles notamment, de la chanson qui donne son titre au spectacle. « C’est une anecdote, certes, mais qui a contribué à faire de Lucy une star mondiale, une mythologie. Et cette musique raconte une époque, ces années 1970, où naissent les personnages… » Que s’est-il passé depuis ? Quelle est notre histoire ?

Benoît Lagarrigue

Lucy in the sky est décédée, de Bérangère Jannelle, du 6 au 22 mars au TGP (59, bd Jules-Guesde, salle Mehmet-Ulusoy), du lun. au sam. à 20h30, dim. à 16h, relâche mar. Durée : 2h. Tarifs : 6€ à 23€. Réservations : 0148137000; www.theatregerardphilipe.com

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