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Le restaurant Au couscous à Pleyel, appuyé par l’association courneuvienne ASEI (Action de solidarité et d’entraide internationale) distribue 250 repas chaque soir aux personnes dans le besoin du fait du confinement.
Les membres de l'ASEI et l'équipe du restaurant Au couscous travaillent la main dans la main
Les membres de l'ASEI et l'équipe du restaurant Au couscous travaillent la main dans la main

Les petits sacs bleus sont partis comme des petits pains…comme tous les soirs. A l’intérieur ce lundi on pouvait trouver un œuf dur, une banane, des dates, du pain et une bonne chorba préparée par Saïd en cuisine. « Pour moi c’est comme cuisiner pour les clients, j’essaie même de faire mieux, » sourit le discret cuisinier derrière son masque. Fermé depuis le 17 mars, le restaurant Au couscous, au 11 boulevard Ornano s’est donc transformée en cuisine solidaire depuis début avril, à l’initiative de Souad sa timide gérante. « C’est elle qui nous a proposé de mettre à disposition son cuisinier et sa cuisine, » souligne Fouad le président de l’ASEI (Action de solidarité et d’entraide internationale), l’association qui coordonne cette action de solidarité. « La période est difficile pour tout le monde, explique Souad. J’avais envie de rendre quelque chose à la France. Je me suis dit tant qu’à payer un loyer et des charges pour le restaurant autant se rendre utile. » Souad connaissait de longue date certains membres de l’ASEI et la connexion s’est faite. 

Poursuivre la distribution au-delà du 11 mai

« Notre raison d’être en temps normal c’est de récupérer du matériel médical ici pour en faire bénéficier à des pays africains, mais quand le confinement a été reconduit fin mars on s’est dit que la France avait besoin de nous, détaille Fouad le président de l’ASEI. On voyait beaucoup de jeunes, souvent sans papiers, en détresse dans les rues du quartier de la gare à Saint-Denis notamment. Au début on a livré directement les repas là-bas ou dans le quartier des 4 000 à La Courneuve. » L’association livre aussi dans des hôtels sociaux ou au personnel de la réanimation de l’hôpital Delafontaine (en même temps que quelques surblouses). Mais l’essentiel de l’action se concentre Au couscous où les personnes défilent entre 17h et 18h30 pour récupérer 250 paniers repas en moyenne. Et la plupart sont jeunes en effet. « Certains m’ont dit :grâce à ça on n’est pas obligé de voler ou d’agresser pour avoir de quoi manger, » relate Souad. Le besoin ne fait aucun doute en tout cas, car hormis quelques relais sur les réseaux sociaux, la distribution solidaire d’Au couscous n’a eu besoin « que du bouche à oreille » pour se faire connaître, selon Idir le trésorier de l’ASEI. Grâce aux dons des particuliers – « Ils sont très nombreux depuis le début de la crise », se félicite Fouad - l’association prépare aussi des paniers de denrées pour les familles. « On peut tenir jusqu’à la semaine prochaine, commente le président de l’ASEI. Et on aimerait continuer tant que le restaurant reste disponible (1). Au moins jusqu’à la fin du Ramadan ce serait bien. » Car la crise sociale ne s’arrêtera pas avec le déconfinement, elle.

Yann Lalande

(1)   Les restaurants resteront fermés au moins jusqu’au 2 juin

Réactions

Bonjour je suis vraiment dans le besoin et c'est possible de m'aider
Bonjour Mokrane, Passez nous voir à partir de 16h00 au 11 Boulevard Ornano à Saint-Denis. Nous essayerons de t'aider au maximum de nos moyens. Cordialement