Portrait

Le portrait de la semaine Sorana Delhommeau
/ Artiste multifacettes

Comédienne-DJette. Théâtre, dessin et musique, Sorana Delhommeau est une artiste touche-à-tout qui aime mélanger les arts. Elle multiplie les projets culturels à Saint-Denis, avec le pari de les rendre accessibles à tous.
Sorana Delhommeau ©Yann Mambert
Sorana Delhommeau ©Yann Mambert

Depuis le CE2, Sorana Delhommeau suit des cours de théâtre. D’abord en Normandie où elle a grandi. Enfant, elle aimait déjà « monter une pièce d’un bout à l’autre. Je m’intéressais à tous les aspects du théâtre, même les plus techniques comme la régie. J’aime la construction d’un spectacle, la création collective ». Lycéenne, elle a une révélation en assistant à une pièce du metteur en scène Joël Pommerat. « J’ai cru l’espace d’un instant que le protagoniste était vraiment mort. J’ai hurlé. Échapper quelques secondes à la réalité, c’est ça le théâtre. J’ai su que je voulais en faire mon métier. »

Pourtant, Sorana Delhommeau fait le choix de continuer ses études avec une formation artistique pluridisciplinaire : les Beaux-Arts, à Bordeaux, puis à Caen. « À l’époque, je faisais un peu de musique, du ukulélé, de la photo… Expérimenter plusieurs formes d’art et de médias m’attirait, mais le théâtre a fini par me manquer. » Elle retourne donc à ses premiers amours en bifurquant vers une licence d’arts du spectacle à Caen, puis un master 1. « Je me suis rendu compte progressivement que mes études aux Beaux-Arts ont nourri ma création artistique. Les arts plastiques et le théâtre sont poreux, on travaille la lumière, la peinture, la symbolique, la mise en scène… »

Sorana achève ses études à Paris 8, avec un master spectacle vivant. C’est ainsi qu’elle arrive à Saint-Denis en 2016. Elle montre son premier spectacle lors de la Fête du théâtre universitaire à Paris 8 en 2018. Son titre : J’aimerais me battre pour essayer. Elle oppose le monde d’un président et celui d’une étudiante sur scène, dont les décisions se répercutent l’un sur l’autre.

« C’est un travail qui était beaucoup nourri de l’actualité, à l’époque de la mobilisation contre la loi Travail, c’était une sorte de réponse à des choses qui nous dépassaient un peu. » Elle crée ensuite la compagnie de théâtre Début de folie pour pouvoir poursuivre les représentations de ce spectacle, actualisé à chaque nouvelle prestation. « Avec cette compagnie, le but n’était pas de se cantonner à l’univers théâtral, car ce n’est pas un format accessible à tout le monde. Nous voulions un mélange de plusieurs formes artistiques, comme le dessin et la musique par exemple », explique Sorana, qui met ainsi à profit sa formation pluridisciplinaire. Pendant deux ans, la compagnie a enchaîné représentations, résidences de travail et ateliers théâtre, notamment auprès de personnes âgées. Un deuxième spectacle a vu le jour en 2019, Journal d’une femme de ring, mettant en scène quatre femmes autour de la question des violences – psychologique, physique et morale. Un autre projet autour des rapports amoureux a été mis en pause à cause de la crise sanitaire. « Cela fait six mois que je n’ai pas fait de théâtre, cela me manque », confie-t-elle.

Une casquette de Djette

En plus de ses activités théâtrales, Sorana multiplie les participations aux événements culturels, notamment aux Folles soirées dionysiaques, organisées par Sébastien Camille. Une collaboration qui aura permis notamment de faire un événement le 8 mars dernier, pour mettre en valeur et donner un espace d’expression aux artistes femmes et queer, « qui manquent bien souvent de visibilité ». Pour ce type d’occasion, elle prend souvent la place de la Djette, sous le pseudo Sorana Doré. « J’ai commencé par hasard lors d’une soirée et j’ai trouvé cela chouette ! J’aime valoriser les artistes féministes et queer dans mes sélections de sons, même si j’adapte mes mix selon le public et l’ambiance. Ce qui me plaît aux Folles soirées, c’est notamment le mélange de générations. J’aime la diversité du public, des arts… »

D’où le fait qu’elle soit également tombée amoureuse de Saint-Denis : « Il y a une diversité culturelle très riche chez la population. J’adore cette ville, on s’y sent mieux qu’à Paris, on a un rapport plus direct avec les habitants. » Parmi ses passions artistiques du moment, il y a aussi le dessin, appris aux Beaux-Arts. « J’en réalise beaucoup autour de thématiques queer, féministes, ou bien d’inspiration mythologique. Le dessin est un moyen d’expression assez accessible, cela donne facilement de la joie aux personnes. Pendant le confinement, je dessinais des portraits. J’aimerais pouvoir construire des expositions de mon travail », espère-t-elle.

À 28 ans, Sorana ne vit pas encore de ses passions, et continue à multiplier les petits boulots. Elle est actuellement surveillante dans un internat et travaille aussi à l’accueil du TGP. En attendant de pouvoir la revoir sur scène, elle sera aux platines, rendez-vous sur la piste de danse le samedi 19 septembre à la ferme Zone sensible, pour une nouvelle Folle soirée dionysiaque.

Delphine Dauvergne

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