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Centre hospitalier de Saint-Denis
/ Après le tsunami du printemps, une deuxième vague sous contrôle

Les personnels soignants de l’hôpital Delafontaine ont connu le pire avec la première vague de l’épidémie de Covid-19. Sans commune mesure avec la seconde qui, elle, semble amorcer sa phase de décroissance. Rencontre avec ces professionnels dionysiens de la santé, toujours engagés dans la course de fond contre le coronavirus.
Dans ce service de réanimation de Delafontaine, ce patient touché par la Covid exige jusqu’à 45 minutes de soins (toilette, repositionnement , changement des poches…), quatre fois par jour.
Dans ce service de réanimation de Delafontaine, ce patient touché par la Covid exige jusqu’à 45 minutes de soins (toilette, repositionnement , changement des poches…), quatre fois par jour.

Jeudi 19 novembre, 12h30, la cellule de crise de l’hôpital Delafontaine se tient pour faire un point sur l’évolution de l’épidémie de Covid-19. Les nouvelles sont bonnes : une tendance positive à la baisse se dessine, avec une accélération des sorties de patients. « On est sur le début de la phase de décroissance de la deuxième vague », expose le Dr François Lhote, directeur médical de cette cellule, aux chefs de service et aux cadres de la structure hospitalière. « On voit que l’augmentation est plus progressive, alors que la hausse a été plus fulgurante lors de la première vague », développe-t-il, s’appuyant sur des chiffres de l’Agence régionale de Santé (ARS).

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En Île-de-France, les hôpitaux franciliens ont ainsi accueilli 13355 patients en deux semaines entre le 15 mars et le 1er avril, contre 14 785 patients en deux mois et demi depuis le 1er septembre. Lors de cette deuxième vague, le nombre de malades hospitalisés a doublé en moyenne tous les 16 jours, alors qu’il doublait quasiment tous les 4 jours au printemps dernier. « À Saint-Denis, comme dans d’autres hôpitaux publics, c’était même entre un et deux jours. Aujourd’hui, on est loin de cette situation », indique Yohann Mourier, directeur général adjoint de Delafontaine. La première vague, c’était un sprint. La deuxième vague ressemble à un semi-marathon. »

Dans la structure dionysienne, au plus fort de l’épidémie, entre fin mars et début avril, il y a eu quotidiennement près de 260 patients atteints de la Covid-19, en incluant la petite unité de gériatrie de l’hôpital Casanova situé à Porte de Paris, contre un pic de 78 malades atteint le 17novembre. « Les deux périodes sont sans commune mesure », résume le Dr Rémi Lefrançois, responsable d’une unité Covid-19.

16 lits de réa pour les cas de Covid

Les premiers malades sont revenus à bas bruit fin juillet jusqu’à ce qu’un palier soit franchi début septembre, avec une accélération un mois plus tard. « On s’attendait à cette deuxième vague, mais on ne savait pas la tête qu’elle allait avoir », explique Dr Daniel Da Silva, responsable de la réanimation. En temps normal, ce service compte 18 lits. Actuellement, il est monté à 22 lits pour cette deuxième vague, dont 16 pour les cas de Covid. « On a toujours été plein. Mais grâce à l’ARS, on a pu régulièrement envoyer quelques patients dans les hôpitaux de Paris, ce qui n’était pas le cas lors de la première vague. On a pu ainsi rester dans les clous pour prendre en charge des malades à Delafontaine dont l’état se dégradait », continue le médecin, soulagé que l’épidémie n’aie pas connue une explosion comme au printemps, quand au plus fort de la crise la réanimation a compté 38 lits.

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« La première vague, c’était un tsunami. On a fait face à tel afflux de patients que l’on était devenu l’hôpital d’une seule maladie », raconte le Dr Da Silva. Mis à part la maternité, pour les grossesses à risque, et une partie de la pédiatrie, tous les services de Delafontaine avaient ainsi fermé. Et le personnel de ces autres spécialités s’est mis à soigner des patients du Sars-Cov-2 aux étages de l’hôpital.

« Tout le monde a été exemplaire. Toutes les équipes ont été incroyables. On a fait preuve d’une capacité de résilience incroyable », loue le médecin, également chef du pôle du Smur, des urgences et de la réanimation, dont les équipes ont été en première ligne. Il se souvient de ce printemps tout à fait paradoxal. Il faisait beau, l’autoroute pour venir jusqu’à Delafontaine était vide, dans une ambiance « hitchcockienne » selon ce cinéphile : « L’hôpital, c’était un bunker. C’est comme si on rentrait dans une ruche en activité, dont on n’entendait pas le bruit de l’extérieur. Dès que l’on franchissait les portes, on courrait tout le temps. Tout était à cent à l’heure. On a passé le printemps en apnée. » Il y avait une « forte tension » sur le matériel de protection individuel ainsi que les médicaments. « On n’a jamais été en rupture, mais on était à flux hypertendu », se souvient-il.

Avec des sacs-poubelles en guise de surblouse, des masques distribués au compte-gouttes. « Mi-mars, quand les patients ont afflué, j’ai cru que notre système de santé allait s’effondrer, mais il a tenu bon. On faisait de la médecine de guerre », raconte Jérôme Daudé, cadre de santé en service de réanimation. La jeune médecin Mathilde Azzi se souvient, elle, d’une période « horrible ». « On n’avait jamais connu ça », indique-t-elle, à faire jusqu’à dix intubations par jour, alors qu’en général cela se limite à deux par semaine. « Cela a été un traumatisme dont on n’a pas idée. Certains soignants ont développé des symptômes de stress post-traumatiques », ajoute le Dr Da Silva. 

Une vraie cohésion d’équipe

Âgée de 38 ans, Anne est une infirmière expérimentée du service, mais elle a vécu « l’une des périodes les plus difficiles de [sa] vie ». « En réanimation, on est habitué à la mort, mais on ne s’attendait pas à voir autant de décès. Des patients mourraient très vite, parfois en quelques heures. On se sentait impuissant », confie-t-elle. D’autant qu’au début de la première vague, les visites étaient totalement interdites. Un drame pour les familles qui ne pouvaient pas voir leur défunt. Une situation difficile à gérer pour le personnel soignant.

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« Heureusement, il y a une vraie cohésion d’équipe, ce qui nous a permis de tenir. On s’est soutenu les uns les autres, parce que tout le monde a craqué à un moment », continue l’infirmière, alors que certains soignants n’ont pas pu voir leurs proches pendant deux, voire trois mois. Parfois, ils ont travaillé six jours sur sept et jusqu’à 72 heures par semaine.

Les équipes ont appris de cette première vague. « On est mieux organisé. On travaille plus sereinement. On connaît mieux la maladie. On a une meilleure prise en charge des patients. Les traitements sont plus codifiés. On utilise des techniques moins invasives. Par exemple, plus on retarde l’intubation, plus les chances de survie du patient sont importantes », explique le Dr Da Silva. Le médecin réanimateur insiste pour dire qu’aucun patient n’a été mis de côté. « Notre métier en réanimation a toujours été de faire des choix, entre le bénéfice pour le patient et ne pas être dans l’acharnement thérapeutique. L’être humain n’est pas fait pour être branché à des machines qui viennent prendre le relais quand il y a une ou plusieurs défaillances d’organes. La seule différence, c’est qu’on a dû décider dans l’urgence lors de la première vague », explique-t-il.

Un passage en réanimation n’est jamais anodin, en particulier quand le patient est sédaté, mis en coma artificiel et intubé, explique Anne. « Certains sortent avec de fortes séquelles, aux poumons, au foie, au cerveau, aux reins. » En ce jeudi de novembre, dans son unité, cinq patients sur six sont intubés : deux personnes âgées de plus de 70 ans, deux sexagénaires et un homme de 43 ans. Sous assistance respiratoire, la personne non intubée est une femme enceinte de 37 ans.

« La maladie touche toutes les tranches d’âge. Elle ne tue pas que des personnes âgées ou avec des pathologies », rappelle l’infirmière, qui a vu mourir un homme d’une trentaine d’années lors de la première vague. Si Anne est confiante pour la femme enceinte, prise en charge par précaution, elle est moins optimiste pour les deux septuagénaires : « On ne peut pas dire s’ils vont continuer à vivre ou mourir. »

Aziz Oguz 
 

Au total, depuis le début de la crise sanitaire, 208 décès ont été enregistrés en raison de la Covid-19 au centre hospitalier de Saint-Denis. La première vague a été de loin la plus meurtrière avec 174 morts comptabilisés, dont 126 avant le 17 avril. La deuxième vague – moins violente et plus longue dans le temps – a provoqué 34 décès jusqu’ici.

 

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Réactions

Soigner vingt-deux patients en réanimation dont seize malades du covid-19 représente un immense travail. Bravo au personnel médical du Centre Hospitalier de Saint-Denis. Si l'État français voulait réellement vacciner les personnes fragiles il aurait déjà réquisitionné des aérodromes inutilisés pour les transformer en centres de vaccination. La Seine-Saint-Denis et la France ont besoin du vaccin allemand. Au lundi 14 décembre 2020 l'Allemagne aura déjà commencé à vacciner sa population de 83 millions de personnes. En France les pouvoirs publics font tout ce qu'ils peuvent pour maintenir l'état d'urgence et pour retarder la vaccination. Maintenir l'état d'urgence permet au chef de l'état d'affaiblir les contre-pouvoirs. Retarder la vaccination permet au laboratoire SANOFI de refaire une partie de son retard sur ses concurrents. Quelle est l'influence du laboratoire SANOFI sur la Haute Autorité de Santé ? Pourquoi l'autorisation de mise sur le marché du vaccin BNT162B2 de l'allemand Biontech n'est-elle pas accélérée (au 26 novembre 2020 on comptait 50957 morts à cause du virus Sars-Cov-2 en France) ?
En décembre 2020 le CHU de Lille recevra 300000 doses du vaccin BNT162B2. Que fait l'ARS Ile-de-France pour la vaccination des habitant-e-s de notre région ? Quand les hôpitaux de Saint-Denis Avicenne Bichat et Beaujon seront-ils livrés en vaccins BNT162B2 ? Quand ces quatre hôpitaux auront-ils des super congélateurs ?

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