Cultures

Alibi Montana prêt à conquérir les bacs

Le dernier et quatrième album du rappeur made in 93 sort le lundi 27 octobre.

Dans une semaine sortira Prêt à mourir pour les miens, le quatrième album d’Alibi Montana. La notoriété du rappeur n’a cessé de s’étoffer ces dernières années. Il n’est plus un inconnu, surtout pas à Saint-Denis où il a fréquenté assidûment la Maison de la jeunesse au début des années 90. Lui qui s’est forgé un style dans les rues de La Courneuve, où il a grandi, aura connu les embrouilles, la prison, les débuts musicaux en dehors des grandes maisons de disques. Son passage en 2007 de Menace Records à Because, label plus important, lui a offert une nouvelle visibilité. Ses démêlés judiciaires avec quelques personnalités politiques qui l’ont attaqué pour lui reprocher la violence de certains de ses textes l’ont également mis sur le devant de la scène médiatique. Mais entre temps, il y a surtout eu de nombreuses participations aux projets de quelques-uns des noms les plus en vue et les plus actifs du rap français (Sinik, Ol Kainry, Nessbeal…), trois albums sous son nom, des concerts – dont une tournée marathon dans les cités de tout le pays – la création de son propre label… Une activité incessante qui le caractérise depuis longtemps.
L’homme n’est pas apaisé pour autant et le fait savoir d’entrée de jeu. « Je voulais que ce soit mon album le plus engagé », annonce-t-il. Dans la continuité de ses opus précédents dont certains titres parlent d’eux-mêmes : Numéro d’écrou, Inspiration guerrière, Honneur aux ghettos… « La situation sociale est de pire en pire. J’essaie de ne pas perdre espoir, mais je trouve que les choses s’aggravent sans cesse. » L’inspiration lui vient toujours et encore de la rue, sans relâche, sans lassitude, peut-être parce que les raisons de protester, de s’indigner ne manquent pas. Et le son de l’album est accordé au discours : « J’ai demandé aux producteurs qui ont travaillé avec moi de créer un son qui donne l’impression d’être entouré d’ennemis », une atmosphère qui évoque pour lui la situation actuelle des banlieues.
Au milieu de ces ennemis, il trouve pourtant un allié, une raison de continuer à espérer et à se battre : « Mon fils de 12 ans, qui partage le micro avec moi sur une piste et qui me pose les questions qu’il avait envie de me poser au quotidien. » Alibi tente d’y apporter ses réponses et par-delà, un message à d’autres jeunes qui lui tiennent aussi à cœur et à qui il veut rendre une partie de l’inspiration qu’il est allé puiser auprès d’eux au fil des années. « C’est aussi mon album le plus personnel », ajoute-t-il. Cela pourrait surprendre. Mais si le discours n’est pas dilué, si l’artiste refuse d’édulcorer le son et le message, l’homme évolue, n’hésite pas à se livrer et à faire de sa révolte quelque chose de plus intime. Alibi Montana sait qu’il est désormais attendu. Il sait que certains lui reprocheront de ne pas se renouveler, d’autres de trop aimer sa réussite pour être encore sincère. C’est justement là qu’il situe tout l’enjeu de ce disque : parler à davantage de gens sans trahir, apporter le son brut du rap de rue qu’il défend depuis le début de sa carrière à d’autres oreilles sans en perdre l’authenticité en chemin. Verdict aujourd'hui 27 octobre.
Sébastien Banse

Prêt à mourir pour les miens d’Alibi Montana, label Because Music. Sortie le 27 octobre.

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