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/ Agglo et métropole, les autres enjeux du vote

Des élections municipales vont dépendre également la composition du conseil de territoire de Plaine Commune et du conseil de la Métropole du Grand Paris. Deux collectivités à l’avenir incertain mais à l’importance indéniable.
Pour le dernier conseil de territoire de la mandature, le 25 février, le budget primitif de Plaine Commune a été adopté. © Fabrice Gaboriau
Pour le dernier conseil de territoire de la mandature, le 25 février, le budget primitif de Plaine Commune a été adopté. © Fabrice Gaboriau

Leur sort ne passionne pas les Dionysiens qui les méconnaissent largement quand ils n’ignorent pas leur existence. Plaine Commune et la Métropole du Grand Paris (MGP) sont les grandes oubliées de cette campagne électorale qui s’achève. Pourtant, le scrutin va largement modifier la composition de leurs assemblées respectives et donc potentiellement influer sur les politiques publiques dont elles ont la charge.

Métropole du Grand Paris

La MGP a vu le jour le 1er janvier 2016. C’est donc la première fois que le conseil métropolitain est amené à être renouvelé. Composé de 209 membres issus des 131 communes qui composent la Métropole (1), il est actuellement dominé par la droite (94 LR et divers droite, 29 UDI MoDem, 9 EELV, 45 PS et divers gauche et 32 Front de gauche et PCF). Mais la donne pourrait éventuellement changer en fonction du résultat des municipales, puisque siègent à la Métropole l’ensemble des maires ainsi que quelques conseillers supplémentaires issus des communes les plus peuplées (majoritairement parisiens donc). Saint-Denis envoie ainsi trois conseillers au conseil métropolitain (2 issus de la majorité et 1 de l’opposition).

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Les sortants sont Patrick Braouezec, Laurent Russier (PCF) et Corentin Duprey (PS). Sur les bulletins de vote, les candidats à la Métropole sont d’ailleurs fléchés (avec un suppléant). Au lendemain du 22 mars, on devrait donc savoir si Patrick Ollier, maire LR de Rueil-Malmaison et actuel président de la MGP, pourra conserver son poste comme il y aspire. À cela deux conditions : qu’il soit réélu dans sa ville et que la droite conserve la majorité au conseil. Mais une autre incertitude plane. Celle du devenir même d’une institution qui n’a pas su faire la preuve de son utilité depuis son avènement. La Métropole devait remédier au morcellement et à la complexité administrative pour répondre à la crise du logement et à l’urgence climatique notamment. Quatre ans plus tard, le bilan est maigre, et beaucoup n’y voient qu’une couche supplémentaire dans un mille-feuille francilien déjà épais.

La métropole fonctionne au consensus (98% des délibérations sont votées à l’unanimité), forcément mou à 131 maires. Elle peine du coup à accoucher des grands documents stratégiques qui lui reviennent tels que le Plan climat air-énergie ou le Plan métropolitain de l’habitat et de l’hébergement, qui se transforment bien souvent en robinets d’eau tiède. On retiendra néanmoins le lancement de la Zone à faibles émissions (ZFE) en juillet dernier et ses deux appels à projets Inventons la métropole. La MGP, qui ne compte que 60 collaborateurs et ne dispose que d’un budget propre de 190 millions € (le reste sont des flux financiers qui sont redistribués aux territoires et aux villes), est donc bien fragile et son existence même pourrait être remise en cause avant l’été. Emmanuel Macron, qui a toujours jugé nécessaire de réinterroger la gouvernance francilienne, a longtemps repoussé l’échéance. Il devrait, cette fois, au lendemain des municipales, demander à son ministre des Collectivités territoriales de piloter une concertation sur le sujet.

Plaine Commune

L’avenir de Plaine Commune est intimement lié à celui de la Métropole dont elle forme l’un des douze territoires. Depuis le 1er janvier 2016, la communauté d’agglomération Plaine Commune a été transformée en établissement public territorial. Même si elle a transféré une partie de ses compétences à la Métropole, dans les faits peu de changements. Plaine Commune continue de s’occuper d’aménagement, d’habitat, de développement économique, de l’eau et de l’assainissement, des déchets ménagers, de rénovation urbaine, de propreté, d’espaces verts ou encore de lecture publique. Souvent reléguée au second plan médiatique, Plaine Commune est pourtant en première ligne pour bien des politiques publiques. D’où l’importance de la question de sa gouvernance. Présidée par l’ancien maire de Saint-Denis Patrick Braouezec depuis 2005, Plaine Commune va connaître son premier changement de président depuis quinze ans, ce dernier ayant décidé de passer la main. Qui pour lui succéder, le 21 avril, lors du conseil d’installation ? À ce stade, impossible d’anticiper.

Les 80 conseillers territoriaux vont être désignés par les nouveaux conseils municipaux des neuf villes du territoire au plus tard le 9 avril. Depuis sa naissance il y a vingt ans, Plaine Commune penche politiquement du côté du PCF. Une tendance que le prochain scrutin municipal pourrait modifier. Chaque ville envoie en effet un contingent de conseillers qui reflète politiquement son conseil municipal (proportionnalité). Avec 21 conseillers, Saint-Denis dispose du plus gros contingent devant Aubervilliers (16), Épinay-sur-Seine (10), Saint-Ouen (10), La Courneuve (8), Stains (7), Pierrefitte (5), Villetaneuse (2) et L’ÎleSaint-Denis (1). Saint-Denis pèsera donc de tout son poids mais rien ne garantit que le futur président de Plaine Commune soit dionysien. Indirectement, les électeurs de Plaine Commune en décideront.

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Réactions

Franchement la gestion démocratique de la Métropole du Grand Paris, des communautés d'agglomération comme Plaine Commune et des mairies sont complétement à revoir. Les programmes et les prises de décision sont inefficaces et nous avons un gaspillage monstre de l'argent public à tout les échelons. Nous avons un système de gestion citoyenne trop complexe pondu par des intellos de type ENA ou science-po hors sol en manque de pragmatisme.et non par des gens de terrain. Les 3 échelons MGP, communautés d'agglomération et mairie doivent être d'abord géré par une démocratie horizontale à chaque niveau. Puis je pense que des élus du niveau "mairie" doivent siéger dans les communautés, d'agglomération puis des élus des communautés d'agglomération doivent siéger au niveau "MGP". D'autre part, il faudra redéfinir les fonctions de chacun des niveaux en rendant autonome au maximum le fonctionnement de chaque niveau avec une dose de complémentarité d'actions entre les niveaux. les mairies seraient financés comme c'est actuellement, les communautés d'agglomération par les mairies et le MGP par l'état.

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