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Foyer David-Siqueiros
/ Adoma laisse ses résidents dans la m…

Les excréments jonchent le sol des toilettes du 8e étage, depuis mardi
Les excréments jonchent le sol des toilettes du 8e étage, depuis mardi

Les images parlent d’elles-mêmes. Depuis mardi 12 mai au 8e étage du foyer de travailleurs migrants David-Siqueiros de Saint-Denis, c’est la « crise des sanitaires ». Les toilettes sont littéralement submergées par les excréments. « Depuis quatre jours, tout est bouché, se lamente Kante, résident depuis 1991 à David-Siqueiros. Tout ce qui descend des étages supérieurs (la tour en compte 13) ressort au 8e. L’odeur est insupportable. On verse de la javel dedans pour parvenir à respirer. On a essayé d’alerter le gestionnaire mais personne ne répond. D’ailleurs, depuis le début du confinement, on ne voit plus personne. » 

Une affirmation que réfute Adoma, dans une réponse par mail adressée très rapidement après la sollicitation du JSD : « Les équipes d’Adoma ont été alertées concernant la situation […] et se sont immédiatement mobilisées, dès le signalement reçu. L’entreprise de maintenance a été envoyée sur place : le diagnostic a permis de mettre en avant qu’il agissait d’une rupture de canalisation. La mise en sécurité a été faite hier, jeudi 14 mai, et nous pouvons confirmer cet après-midi que la colonne a été débouchée et un premier nettoyage effectué. En complément, un nettoyage plus fin va être effectué ce samedi matin dans le cadre d’une prestation exceptionnelle commandée auprès de notre prestataire de nettoyage. Adoma a conscience de l’inconfort que génère ce type d’incident pour ses résidents, mais les équipes sont bien mobilisées sur le terrain pour agir le plus rapidement possible afin d’y remédier. Mais au-delà, Adoma s’attache également à faire de la pédagogie auprès de ses résidents sur la nécessité de ne pas jeter dans les toilettes tous types de déchets afin de prévenir ce type de situation. » 

Deux perceptions diamétralement opposées

Une réponse qui ne suffira sans doute pas à convaincre Bahademou, un autre résident de Siqueiros. « On ne peut plus supporter ce genre de situation. On paie 310 € par mois pour 7 m2. C’est inadmissible de vivre dans des conditions pareilles. Le bailleur ne nous écoute pas et nous augmente chaque année le loyer de 4€. » « Les draps ne sont plus changés depuis trois mois, poursuit, énervé, Bahademou. Depuis le confinement, on ne voit plus personne d’Adoma. Ils doivent avoir peur d’attraper le virus en venant ici. Heureusement que le Secours islamique et d’autres associations nous viennent en aide. » 

Des accusations d’abandon dont le gestionnaire se dédouane également : « Adoma n’a eu qu’une priorité dans ce contexte sans précédent : continuer à poursuivre sa mission de service public, à savoir loger et accompagner des populations fragiles ou en difficulté. Adoma a donc à cette fin renforcé ses dispositifs d’information et a adapté son accompagnement afin que la veille sociale, la sécurité sanitaire, et la veille technique puissent être préservées. À Saint-Denis comme ailleurs, notre stratégie s’est déclinée en plusieurs axes essentiels. Personnel présent sur site. Des équipes mobiles composées d’un responsable et d’un technicien effectuent des visites quotidiennes pour les interventions urgentes de gestion (psychologique, sanitaire, santé) et de maintenance technique dans les logements et les parties communes. Personnel par téléphone. Les équipes de la filière sociale assurent une veille via des appels téléphoniques auprès des résidents les plus fragiles. En plus de l’équipe mobile qui se rend quotidiennement sur le site, un numéro d’astreinte (7j/7, 24h/24) a été mis en place afin que les résidents puissent faire remonter en temps réel dysfonctionnements ou inquiétudes. […] Les prestations quotidiennes de nettoyage et d’entretien des parties communes sont maintenues par les prestataires d’Adoma. Nous avons demandé un renforcement du ménage sur les points de contact (cuisines, sanitaires, poignées de porte, etc.) avec une désinfection plus régulière encore des parties communes. »

Une perception de la réalité, à mille lieues de celles des résidents, qui ne manque pas d’interroger. Pour rappel, en novembre 2018, le JSD avait déjà dénoncé des conditions de vie sordides au foyer David-Siqueiros.

Yann Lalande

 

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