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Nouveau centre socio-culturel coopératif
/ Activités à tous les étages

Projeté par l’association Coopérence, avec la contribution de nombreux bénévoles du monde associatif, le centre socio-culturel coopératif sera pour le centre-ville une maison de quartier, doublée d’un lieu d’initiatives économiques. Une première en France.
Tricot-partage propose déjà, comme d'autres associations, des ateliers et rencontres dans les locaux provisoires
Tricot-partage propose déjà, comme d'autres associations, des ateliers et rencontres dans les locaux provisoires

Une maison de quartier comme nul ne l’avait imaginée ! En mars prochain, ouvrira au 110, rue Gabriel-Péri un centre socio-culturel coopératif, bien différent des centres sociaux aux missions cadrées, d’ordinaire mises en œuvre dans ces équipements de proximité. En plus des activités subventionnées, il développera des initiatives économiques, génératrices de revenus, comme un « café culturel » avec restauration bio ou une boutique d’objets artisanaux. Mûri depuis quatre ans par une poignée de professionnels et militants de l’Éducation populaire, le projet est porté depuis 2014 par l’association Coopérence, qui a signé avec la Ville une convention de partenariat pour travailler à sa préfiguration.

Et si le centre socio-culturel prend ainsi forme, c’est d’abord à Nadia Merakchi qu’en revient le mérite. Chef de projet auprès de l’association - et ex présidente de la FDCS 93 (Fédération départementale des centres sociaux) - elle a su mobiliser autour d’elle quantité d’associations. Parmi elles, Tricot-Partage, Diony’SEL, Déchets d’Arts et Femmes Solidaires proposent déjà ateliers et rencontres dans les locaux provisoires mis à disposition par la Ville au 28, rue Jean-Jaurès. Des étudiants de Paris 8, en sciences de l’éducation, viennent aussi s’enquérir des initiatives « citoyennes » ou d’économie solidaire qui sont en chantier. Tel ce projet de faire connaître la culture des pays du Maghreb à travers leurs produits artisanaux. Il a été pensé par Fatiha, de l’association Espoir des Femmes de Péri, très impliquées dans ce nouveau centre socio-culturel qui jouxtera leur cité.

Avec la poignée de compères qui l’ont accompagnée dès la genèse du projet, Nadia Merakchi a su convaincre aussi une trentaine de personnes venues de divers horizons professionnels de s’impliquer dans sa gouvernance en tant que coopérateurs. Ainsi Charles Stoessel, sociologue, consultant sur les questions de santé, et créateur de Distribio, une entreprise de distributeurs de produits alimentaires, à la fois bio et transformés localement. « Ce pourrait être des pâtisseries faites à la coopérative dans une cuisine fonctionnelle et avec des produits de qualité, bio », suggère-t-il, tout à son envie « d’inciter à la création d’activités » et « d’insuffler des notions de clientèle, de produits et de comptes de résultat ».

Garderie, brico-café, ciné-débat...

Pour cette coopérative d’intérêt collectif, où l’on pourra aussi facturer des services d’utilité sociale, un projet Coop’Enfance a été concocté, notamment sur les modes de garde, les uns payants, les autres gratuits, ou en contrepartie d’un coup de main. L’idée étant de les intégrer à une plateforme numérique sur les échanges de service. Les propositions et projets ne manquent pas dans les commissions thématiques auxquelles peut se joindre tout un chacun. Quatre ont été mises en place, notamment sur la culture et l’éducation, où l’on prévoit un ciné-débat par mois, un brico-café, etc. Plus quatre fêtes annuelles déployées jusque sur la place du 8-Mai-1945. Une autre, avec les associations Partenaires pour la ville et À Plaine Vie, porte sur l’accès aux droits et à l’insertion, dont « l’inclusion des jeunes », en particulier des élèves décrocheurs. C’est l’un des grands soucis de Nadia Merakchi pour qui la fonction d’agent d’accueil du futur établissement doit être pensé en conséquence. Ouvert avec trois postes, dont celui de directrice qui lui reviendra naturellement, le centre socio-culturel répartira ses activités sur trois niveaux, pour un total de 616 m2. Propriétaire du bâtiment naguère occupé par le CIO, la Ville en finance les travaux et l’aménagement pour un montant de 800 000 €, que complète la CAF pour 350 000 €. 

Marylène Lenfant