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/ 90 arbres morts cet été à Saint-Denis

Ils doivent être abattus d’ici la fin de l’année. En cause, une saison estivale particulièrement sèche qui a assoiffé feuillus et conifères, en particulier les plus jeunes.
Les grosses chaleurs de ces dernières années ont pu participer à la mort des arbres dionysiens. © Yann Mambert
Les grosses chaleurs de ces dernières années ont pu participer à la mort des arbres dionysiens. © Yann Mambert

« Des arbres morts à Saint-Denis ? Oui, le constat est clair », observe sans détour Laurent Monnet, 10e adjoint au maire délégué à la transformation écologique. Sur les 8 334 arbres dits « de voirie », 90 ont trépassé et doivent être abattus d’ici la fin de l’année. Et 307 déjà déracinés sont en attente de remplacement. Premiers à être touchés, « les arbres de moins de deux ans et les cerisiers d’ornement d’âge moyen », révèle Dominique Bertaiola, technicien responsable des parcs et jardins.

La faute à la canicule de cet été ? Trop tôt pour le dire. Il faut savoir qu’un arbre meurt graduellement. Donc, en réalité, les 90 arbres à arracher sont morts depuis déjà plusieurs années. Cela dit, Dominique Bertaiola constate que, depuis trois ans, les grosses chaleurs participent à l’hécatombe. Bien sûr, d’autres éléments peuvent jouer, à l’instar des parasites ou du stress hydrique.

Été 2020, l’un des plus secs à Saint-Denis

Et pour cause, selon Météo France, il n’a plu que 178,9 mm d’eau entre mars et août 2020 ; soit la dixième année la plus sèche à Saint-Denis depuis 1949. À titre de comparaison, l’été 1976 fut le plus aride avec 125,3 mm de précipitations. Le constat est sans appel : l’eau manque. Or, un arbre en a besoin en quantité suffisante pour pouvoir rafraîchir l’environnement urbain grâce à l’ombre et à l’effet brumisateur de son feuillage. Seule solution, retenir l’eau de pluie. « Il faut pour cela cesser de bitumer le sol, insiste Laurent Monnet, et développer l’arrosage par infiltration via de vastes bandes végétalisées et paillées autour des arbres au lieu des petits carrés dont nous nous contentons. »

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Quid des 3500 arbres des parcs, squares et promenades ? « On y dénombre beaucoup moins de morts », assure Ariane Gaunand, chargée de projets Politique de l’arbre au sein du service espaces verts et nature en ville de Plaine Commune. Logique, ils ont plus d’espace et bénéficient de conditions de vie plus favorables à leur épanouissement ainsi qu’un meilleur accès à l’eau. Dominique Bertaiola le confirme. Certains parcs et jardins disposent d’un système d’arrosage automatique qui se déclenche plusieurs fois par semaine… Mais qui, avouons-le, profite davantage aux massifs de fleurs qu’aux arbres. Alors parfois, il demande à ses jardiniers d’arroser manuellement les arbres qui en ont besoin, « ce qui n’est pas quotidien ni même régulier car les tournées sont déjà très tendues », admet-il. Au parc de la Légion d’honneur, Christophe Lecot, jardinier employé par la Ville de Saint-Denis, en témoigne à son tour.

Diversifier les essences

Pour améliorer la situation globale, « on travaille sur une politique de revégétalisation, certifie Laurent Monnet. Nous promettons 1000 arbres par an », poursuit l’élu, rappelant que le parc Marcel-Cachin représenterait déjà à lui seul un potentiel de 1500 arbres. Au-delà de la quantité, Laurent Monnet souhaite « planter mieux ». Ariane Gaunand abonde en son sens : « Il est plus intéressant d’avoir de vieux et gros arbres en moindre quantité que beaucoup de petits et jeunes arbres », soutient-elle. Puisque d’après Météo France, on peut s’attendre à une croissance des canicules et de leur intensité au cours des prochaines années, elle suggère d’anticiper en programmant « le retour à des essences forestières et locales, plus riches pour la biodiversité ; éviter le hêtre car il souffre ; et miser sur des essences originaires de régions plus chaudes, comme le chêne vert ou le micocoulier de Provence ». Des essences désormais capables de s’acclimater à notre territoire, attestent Dominique Bertaiola et Christophe Lecot. Encore faut-il les planter au bon endroit.

Avec l’existence croissante de réseaux d’enfouissement souterrains et le risque que les racines des arbres ne les détériorent, trouver un emplacement est un vrai casse-tête. D’ailleurs, « il n’est pas rare que l’on abatte des arbres pour des raisons qui tiennent à la construction », signale Ariane Gaunand, conseillant de garder un œil vigilant sur les projets d’urbanisme (JOP 2024, Grand Paris Express, etc.).

Côté calendrier et budget, rien n’est fixé. Tous les services concernés doivent encore se réunir pour se mettre d’accord. Toutefois, Ariane Gaunand estime qu’il faut compter environ 1200€ par arbre à remplacer. Un investissement lourd mais inévitable au vu du risque de déracinement naturel des arbres morts, vrai danger pour la sécurité des Dionysiens.

Gwénaëlle Fliti
 

EN IMAGES : Grues : les arbres de nos villes
 

Comment reconnaître un arbre mort ?

Gratter l’écorce à l’aide d’un couteau. Si la sous-couche est blanche ou brune et sèche au lieu d’être verte, l’arbre est mort. De même, si les branches se cassent facilement au lieu de se recourber, c’est mauvais signe. Dans le doute, quand un arbre est supposé être mort, il est plus judicieux d’attendre le printemps suivant avant de prendre la décision de l’arracher.

Réactions

C'est malheureux de voir çà. Il aurait fallu réquisitionné des jeunes au RSA désœuvrés pour les arroser régulièrement. Tout le monde aurait été gagnant. De toute façon même si l'on met des arbustes plus résistants à la sécheresse, il faudrait les arroser régulièrement quand ils prennent souche dans la terre. Donc dans la future politique de plantation de 10000 arbres en seine saint Denis, nécessité d'intégrer l'arrosage dans le SAV de plantation.
Oui à un vaste programme de débitumisation ! Après une journée de canicule il suffit de se promener en centre-ville pour constater à quel point le bitume emmagasine la chaleur. C'est presque pire que pendant les heures du jour. Quoique le soleil ait disparu, il faut des heures avant de pouvoir respirer à nouveau normalement. En outre, on peut réclamer au XXIe siècle des conditions de vie urbaine un peu plus subtiles et agréables que jadis. Il y a par exemple des revêtements nouveaux mieux adaptés, de couleur claire, qui n'ont pas l'inconvénient évoqué plus haut. Bref, on réclame une ville plus intelligente !
Article intéressant ! Dans le quartier Confluence, de nouveaux arbres ont été plantés dans le jardin Fatima Bédar justement pour créer une zone verte et préparer le quartier aux fortes chaleurs prévues à l'avenir. Seulement, les arbres plantés n'ont été que très peu arrosés depuis leur plantation. Résultat : les nouveaux arbres souffrent et au moins un tiers sont déjà morts. Quel dommage (et quel temps et argent gaspillés) ! Pourquoi cela n'est-il pas suivi de façon sérieuse ? Si vous voulez que la végétation se développe dans ce jardin, un arrosage automatique est nécessaire. L'eau de la Seine et du canal est à disposition toute proche… A bon entendeur.
Retirons le bitum des parvis de la gare, porte de Paris place de la Résistance, plantons de grands arbres, tilleuls, marronniers, platanes au lieu des arbustes minuscules, construisons de hauts immeubles plutôt que des constructions étalées pour réduire l'artificialisation du sol, plantons des arbres le long du canal et le long des avenues et dans les squares vides...
Et combien d'arbres morts dans les copropriétés privées de Saint-Denis n'ayant pas eu les moyens financiers de mettre en place un arrosage ? Des centaines.

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