Cultures

Danse au TGP
/ 27 Dionysiens et autant d'histoires

La chorégraphe Maguy Marin a créé un spectacle intergénérationnel et multiculturel avec des amateurs dionysiens de tous horizons. La création Octobre à Saint-Denis promet une aventure poétique.
27 habitants de Franc Moisin, danseurs amateurs, présenteront Octobre à Saint-Denis au TGP. © Bruno Lévy
27 habitants de Franc Moisin, danseurs amateurs, présenteront Octobre à Saint-Denis au TGP. © Bruno Lévy

La chorégraphe Maguy Marin a réuni 27 habitants du quartier du Franc-Moisin, amateurs, dont la majorité d’entre eux goûtera pour la première fois à la scène lors de ce spectacle intitulé simplement Octobre à Saint-Denis. Le casting a recherché à regrouper une diversité d’origines, de parcours, de générations.

« Certains sont nés en France, d’autres sont arrivés depuis longtemps, d’autres depuis peu. 27 histoires uniques. 27 visages inconnus. 27 corps dont chacun raconte à lui seul un monde qui est à découvrir pas à pas et rentre en résonance avec tous les autres », décrit la note d’intention du spectacle.
 

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Standey, 19 ans, est l’un des recrutés. Haïtien, il est arrivé en France il y a un an pour rejoindre sa mère. En CAP électricien au lycée d’application de L’Enna de Saint-Denis, il est très enthousiaste pour cette première expérience au théâtre. « Nous apprenons des uns et des autres, chacun participe et donne ses idées pour les gestes à effectuer et leur coordination », raconte-t-il. Pour lui, c’est aussi « un moyen d’être plus à l’aise devant un public, moins stressé ».

Louis, 18 ans, ancien lycéen de Suger, participe aussi au spectacle, mais ce n’est pas sa première scène. Il a découvert ce monde artistique au collège De Geyter, grâce au programme « Dix mois d’école et d’opéra » dont sa classe a profité de la 5e à la 4e.

« Nous sommes allés à l’opéra, voir l’envers du décor, la mise en scène et des représentations. Nous faisions aussi des répétitions tous les lundis au Conservatoire de Saint-Denis, pour préparer un spectacle de danse contemporaine… Je n’y connaissais rien mais j’y ai pris goût, ma professeure de français m’a encouragé à continuer. » Il suit ensuite un atelier au TGP qui débouche sur plusieurs autres expériences, essentiellement avec le chorégraphe Thierry Thieû Niang. « Il fait ressortir le meilleur de nous pour créer des choses ensemble. J’aime la danse contemporaine pour sa liberté, chacun raconte sa propre histoire et le spectateur peut percevoir encore d’autres choses. J’aime aussi la sensation d’être sur scène, l’écoute qu’on y a. »

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Faire ensemble et vivre ensemble

Travailler sur le spectacle de Maguy Marin demande un certain investissement. « Les répétitions duraient de 17h à 22h pendant trois semaines, témoigne Louis. Elle s’est inspirée de nous, de ce qu’on a raconté de notre vie, nos vacances… Nous sommes tous différents mais nous nous ressemblons tous. Les mouvements choisis pourront être faits par tous, les tout-petits comme les personnes âgées, nous faisons tout ensemble, personne n’est laissé de côté, personne n’a son heure de gloire. » L’un des moments préférés de Standey : « La farandole, c’est incroyable aussi lorsqu’on frappe nos pieds par terre tous en rythme. »

Les textes seront déclamés en plusieurs langues, celles des participants, en créole pour Standey. « Moi ce sera en espagnol car j’ai des origines colombiennes », indique Louis, étudiant en 1re année de LEA anglais-espagnol à Paris 3. Il souhaite devenir steward plus tard, « pour ne pas être enfermé dans un bureau, être libre, voyager, parler des langues différentes et rencontrer de nouvelles personnes tous les jours ».

Maguy Marin s’est lancée dans ce projet avec des amateurs dans un souci de « transmission » de son art, mais aussi pour créer à partir des partages d’expériences des participants. 

« Chacun porte un monde en soi, et c’est tout cela qui construit la ville de Saint-Denis. J’ai souhaité confronter ces singularités et faire ressortir les personnalités, les petites choses qui les distinguent. »

Delphine Dauvergne

Octobre à Saint-Denis au TGP (59, boulevard Jules-Guesde, salle Roger-Blin) du 1er au 3 novembre, vendredi et samedi à 20h, dimanche à 15h30. Durée estimée : 1h. Plein tarif à 7€, 5€ pour les 12-18 ans et gratuit pour les moins de 12 ans.

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