En ville

Le chiffre de la semaine
/ 21 semaines passées à l’école

Mouvements de grève des transports ou des enseignants, blocage des lycées contre le nouveau bac et fermetures des établissements pendant la crise du coronavirus… Écoliers, collégiens et lycéens ont perdu cette année un nombre sans précédent de jours de cours.
(c) Yann Mambert
(c) Yann Mambert

« On peut dire que c’est une année blanche pour les enfants », s’indigne Nina, mère d’un garçon en CE2 à l’école Calmette. L’année scolaire 2019-2020, qui se termine vendredi 3 juillet, aura été mouvementée. Une année émaillée par les grèves RATP de décembre contre le projet de réforme des retraites, celles des enseignants, le blocage des lycées fin janvier contre les E3C, nouvelles épreuves du baccalauréat en contrôle continu, et la fermeture inédite des établissements scolaires dans un contexte de crise sanitaire mondiale. La seule fermeture des établissements annoncée le 12 mars par le président de la République a fait perdre aux élèves plus d’une dizaine de semaines de cours en présentiel sur les 36 que compte une année scolaire.

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Hugo (1), 5 ans et demi, en classe de grande section maternelle au Corbillon, a lui passé environ 85 jours à l’école (soit plus de 21 semaines) au lieu des 141 prévus (soit environ 35 semaines). « Il n’a pas été à l’école 8 jours à cause des grèves entre septembre et janvier, précise sa mère. Dès que l’école a rouvert ses portes le lundi 8 juin, il y est allé deux fois deux jours. » Hugo a repris complètement le chemin de l’école lundi 22 juin suite à l’allocution d’Emmanuel Macron annonçant le retour à temps plein des écoliers et collégiens, dimanche 14 juin.

Paola (1), qui termine son année de 5e au collège Elsa-Triolet, aura elle passé environ 117 jours à l’école, soit un peu moins de 24 semaines de cours. « L’année s’est tout de même bien passée, j’avais une bonne classe et les profs étaient moins absents qu’en 6e, témoigne la jeune fille. Il m’est arrivé d’avoir 4-5 jours sans cours à cause des grèves. » Elle a fait son retour en classe mardi 9 juin après presque trois mois de confinement. « Pendant deux semaines, j’ai eu cours deux heures le mardi et deux heures le jeudi, détaille-t-elle. Le premier jour il n’y avait vraiment personne. Moi j’étais quand même contente de revenir après autant de temps. On a eu des ateliers pour répondre aux questions sur le Covid, on a parlé du confinement et on a aussi eu un cours sur les fake news qui ont circulé pendant le confinement sur les réseaux sociaux. » C’est finalement lundi 22 juin que Paola a repris, pour deux semaines, le chemin des cours à temps plein.

Cours en visio-conférence

Oscar, en classe de 1re au lycée Suger, a passé environ 110 jours de cette année très particulière en classe, ce qui représente quelque 22 semaines sur 36. Il n’est plus retourné au lycée depuis le 13 mars et n’a pas passé son baccalauréat de français. Sa note sera calculée grâce à ses résultats du premier et deuxième trimestre. « Même si j’avais pu avoir un peu plus à l’oral, je suis plutôt content de ne pas avoir à passer l’épreuve, témoigne Oscar. C’était une année chaotique marquée par beaucoup de manifestations », détaille ce lycéen engagé notamment sur la question des E3C. Une mobilisation qui aura valu au lycéen 25 absences entre septembre et mars, ce qui représente environ 50 heures de cours.

Les semaines du troisième trimestre passées à domicile en raison de la crise sanitaire n’ont pas été synonymes d’absence de cours. Les enseignants ont très vite mis en place des cours en visio-conférence et des exercices à rendre. « J’ai eu du mal à me mettre au travail sans cadre, avoue cependant Oscar. Mais j’ai quand même réussi à faire une partie du travail demandé. » S’il n’a pas la sensation d’avoir vécu une année amputée, il confesse volontiers son aspect « compliqué »

Une année morcelée qui s’ajoute aux difficultés que rencontrent déjà les élèves de Seine-Saint-Denis. Un rapport parlementaire cosigné par les députés François Cornut-Gentille (LR) et Rodrigue Kokouendo (LREM) paru mai 2018, a mis en lumière le fait qu’en Seine-Saint-Denis, un élève de l’éducation prioritaire perd environ un an sur toute sa scolarité pour cause de non-remplacement d’enseignants.

La rentrée qui se profile représente donc pour beaucoup un énorme enjeu après cette année scolaire très particulière. Des mobilisations pour protester contre la fermeture de classe ont déjà eu lieu notamment devant l’école Calmette jeudi 25 juin. « On a besoin d’un plan d’urgence de remise à niveau après une année très dure pour les enfants », déclare Nina « indignée » par cette décision de fermeture de classe « irresponsable ». Une lettre de la mairie avait été envoyée au ministère de l’Éducation nationale le 1er avril pour protester contre la fermeture de 10 classes pour la rentrée 2020-2021.

Olivia Kouassi

(1) Les prénoms ont été modifiés.
 

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Réactions

Le remplacement pour plusieurs disciplines de l'examen écrit par un contrôle continu constitue une mauvaise réforme car il génére une confusion entre les notes relevant de la formation et les notes relevant de la certification. Est-ce une raison pour occuper les établissements d'enseignement et pour bloquer leur entrée ? En France les anarchistes et l'extrême gauche exploitent la moindre réforme pour créer le chaos et pour empêcher les citoyennes(ens) de travailler. L'extrême gauche veut détruire la république française et ses institutions. Le résultat serait l'avènement d'un totalitarisme. Il est urgent qu'un Ministre de l'Intérieur compétent soit nommé (Laurent Nunez par exemple) et que les militants radicaux d'extrême gauche ainsi que les blacks blocks soient mis hors d'état de nuire. Prolonger plusieurs mois la classe à distance pourrait avoir des conséquences sur le niveau scolaire des élèves de Seine-Saint-Denis. Espérons qu'en ce mois de juin 2020 toutes(tous) les collègiennes(iens) de Seine-Saint-Denis aient pu revoir et réécouter une/un professeure(eur).

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